LA ROSE POURPRE DU CAIRE

The Purple Rose of Cairo – Etats-Unis – 1984
Support : Bluray
Genre : Fantastique, Comédie sentimentale
Réalisateur : Woody Allen
Acteurs : Mia Farrow, Jeff Daniels, Danny Aiello, Dianne Wiest, Stefanie Farrow, Irving Metzman…
Musique : Dick Hyman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 82 minutes
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 26 août 2025
LE PITCH
Cécilia mène une existence morne en partageant sa vie entre son métier de serveuse qu’elle déteste et un mari qui ne la rend pas heureuse. Pour s’évader, elle passe son temps au cinéma, son seul refuge, où elle se délecte sans cesse de son film favori, « La Rose pourpre du Caire ». Un jour le héros du film sort de l’écran et l’enlève…
Silver Dream
Woody Allen période enchantée. Échappé de Comédie érotique d’une nuit d’été, Zelig et Broadway Danny Rose, le cinéaste imagine un héros de cinéma qui s’échappe de l’écran et fait renaitre la magie du cinéma. Une de ses plus belles comédies certainement.
Quelle idée tout simplement brillante ! Un fantasme d’amoureux du cinéma qui devient enfin réalité : un héros qui s’échappe de son propre film pour entrer dans la réalité. 10 ans avant Last Action Hero (qui lui doit beaucoup) Woody Allen transgressait cette barrière lumineuse qui sépare le spectateur de la fiction, du réel souvent maussade et cruel d’un univers idéalisé, synonyme d’évasion et de magie. Et le beau Tom Baxter ne s’extirpe pas de sa condition filmique pour n’importe qui, mais pour les beaux yeux de Cecilia, petit bout de femme éreinté par sa triste petite vie, subissant les contre-coups de la crise de 29 et les torgnoles d’un mari feignant et abusif. Sa seule échappatoire reste alors le miroir aux alouettes hollywoodien, les belles comédies romantiques, comme La Rose pourpre du Caire qu’elle retourne voir à répétition jusqu’à se faire repérer par le protagoniste. Ce dernier sort de l’écran comme si de rien était, et entreprend de découvrir le monde avec celle dont il se dit amoureux. Une figure parfaite, sentimentale, morale, intense et naïve qui transporte forcément avec lui une certaine faculté à questionner le monde ou à pousser les autres à le questionner (très belle et très drole séquence auprès des dames du bordel voisin).
That’s Entertainement
Voilà qui suffirait déjà à faire une joyeuse comédie, peine d’originalité et d’esprit, mais Woody Allen insiste sur l’aspect le plus banal de la situation, où les autres personnages, les spectateurs et même les producteurs du film semblant plus agacés que véritablement étonnés, et s’amuse à observer tout ce petit monde s’agiter autour de cette rupture d’un contrat tacite. Tandis que certains se mettent à philosopher sur la place du réel ou à lancer quelques débats politiques voir sociologique sur l’esclavagisme de l’être de fiction, l’héroïne elle, incarnée à la perfection par une Mia Farrow qui a toujours l’air tombée du nid, réalise enfin qu’elle peut vivre sans son époux et redécouvre l’amour. Elle s’éprend ainsi de l’ahuri en casque colonial puis du véritable acteur (Jeff Daniels, irrésistible dans les deux rôles), déjà nettement plus intéressé car venu sauver sa carrière, comme dans une véritable grande comédie romantique. Elle finira même par entrer à son tour de l’autre côté de l’écran, question de se promener en fondu enchainé, de côtoyer des serveurs qui se rêvent danseurs de claquettes et goutter un champagne qui n’en a bien entendu pas le goût. Un conte fantastique énergique et réjouissant, mais où la pauvrette finira forcément par se prendre un retour de réalité en pleine tête. Tout cela n’était alors bien que du cinéma !
L’ironie et la justesse de Woody Allen font immanquablement mouche, en particulier dans la finesse habituelle de ses dialogues et dans cette direction d’acteur à la justesse toujours fascinante. Et sa Rose pourpre du Caire réussit brillamment à capturer ce rapport ambiguë de l’être avec l’espoir d’un monde plus gai et plus simple. Il met aussi en image avec poésie cette nécessité absolu de continuer à s’évader malgré tout lorsqu’un doux sourire revient sur les lèvres de Cecilia, seule, abandonnée, trahie, retrouvant à nouveau un peu de joie de vivre en regardant Fred Astaire et Ginger Rogers danser en argentique sur le Cheek to Cheek d’Irving Berlin. Le rêve de cinéma peut continuer.
Image
Rares sont les films de Woody Allen à véritablement profiter de restauration d’envergure et La Rose pourpre du Caire ne fait pas beaucoup mieux que les autres. Hérité d’une source plus ancienne, le transfert HD a été produit comme il y a une dizaine d’années avec divers nettoyages numériques, outils de filtrations, opération de lissages et autres astuces du même genre. Cela est bien entendu visible, et ce malgré la persistance de quelques scories (points blancs, restes de griffures…) et d’un grain qui résiste plutôt bien à l’opération. Mais comme les couleurs préservent joliment leurs accents sépia, que les matières sont toujours présentes et que l’ensemble assure une propreté et une définition tout à fait convenable, on finit aisément par s’y faire.
Son
Jamais d’excès de côté-là dans la filmographie de Woody Allen : les deux monos, vo et vf, sont sobres et clair,s frontaux et parfaitement dirigés vers les voix. La mouture anglaise résonne avec plus d’affirmations et de naturel, mais le doublage s’en sort assez bien.
Interactivité
On le sait, le cinéaste est toujours très avare en suppléments, mais étonnement tous les éditeurs qui se chargent de ses films tout autant. Pas de présentation ou de documents d’archives à l’horizon. Dommage.
Liste des bonus
Aucun.







