LA FOLLE ALOUETTE

Skylark – Etats-Unis – 1941
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie
Réalisateur : Mark Sandrich
Acteurs : Claudette Colbert, Ray Milland, Brian Aherne, Walter Abel, Binnie Barnes, Grant Mitchell…
Musique : Victor Young
Image : 1.37 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 84 minutes
Editeur : Eléphant Films
Date de sortie : 6 janvier 2026
LE PITCH
Les Kenyon fêtent leur anniversaire de mariage. Mais au bout de 5 ans, Lydia et Tony n’ont plus vraiment les mêmes aspirations. Alors que Tony est marié à son travail dans la publicité, Lydia aimerait retrouver la flamme de leur début… même si c’est avec un autre homme.
Drôles d’oiseaux
En ce début des années 40, la joyeuse comédie du remariage bat son plein à Hollywood et la sortie de Skylark, alias La Folle Alouette ne fait que le rappeler. L’irrésistible Claudette Colbert tient le haut de l’affiche et le pauvre mari Ray Milland tente de suivre le rythme. Une comédie sympathique mais à laquelle il manque un soupçon de folie pour vraiment rester dans les mémoires.
Petite nouvelle journalistique publiée en 1939 dans le Saturday Evening Post, transformée par le même Sam Raphaelson en véritable roman puis adapté avec succès en pièce de théâtre pour les scènes new-yorkaises et londoniennes, Skylark fit forcément de l’œil aux studios hollywoodiens et en particulier ici à la Paramount. Ce dernier y voit un nouveau véhicule à la gloire de sa grande star de l’époque, Claudette Colbert, devenue reine de la comédie romantique depuis le succès de l’incontournable New York – Miami de Frank Capra. Son importance est telle que c’est bien elle qui impose à l’époque la présence du collègue Ray Milland à ses côtés, jusque-là encore très coincé dans la périphérie des seconds rôles. A l’écran, ils sont le couple Kenyon, mariés depuis cinq ans mais déjà frappés par un lourd éloignement et une certaine lassitude. Lui surtout, accaparé par sa carrière de publicitaire, acceptant au passage toutes les doléances de son patron et surtout de son épouse, bourgeoise qui horripile Lydia. Un cadeau de mariage acheté par un collègue en urgence, une fête mondaine qui déplait à madame, un manque d’attention évident et forcément ses yeux à elle se portent vers le séduisant Jim Blake (Brian Aherne) avec lequel va se former un triangle amoureux houleux. Lydia hésite entre l’un et l’autre, s’attache à son mariage puis le rejette, tandis que Tony se réveille un peu tard pour tenter de reconquérir son épouse.
Le couple en pleine tempête
Le film réunit ici tous les codes de la Comédie du remariage, largement éprouvés par des bijoux de la stature de Cette sacrée vérité, mais malgré une petite introduction particulièrement bien vue et bien amenée dans la bijouterie et quelques grands moments de charmes et d’ironie portée par Claudette Colbert, le film peine souvent à s’imposer, à un insuffler un peu de rythme à une trame assez tranquille et prévisible. Surtout, le couple principal n’arrive jamais à transmettre cette tentions romantique, voir sexuelle, nécessaire au genre, et laisse dubitatif quand au happy end final un peu forcé et normatif. Les acteurs sont excellents chacun dans leurs domaines, mais les connexions ne se font pas tout à fait. Peut-être est-ce dû à cette mise en scène bien trop statique, signée par un Mark Sandrick nettement plus habitué à la grande comédie musicale américaine. C’est lui qui signa parmi les meilleures productions du duo Fred Astaire / Ginger Rogers comme La Joyeuse divorcée ou Le Danseur du dessus, mais les performances dansées manquent cruellement ici pour faire respirer le métrage. Même coté screwball, Skylark semble toujours sur la retenue, offrant tout de même une amusante embardée casse-cou en pleine tempête pour la pauvre Lydia au bout de sa vie et un vrai grand moment où une dispute entre les Kenyon dans un bus bondé devient un sujet de débat collectif, et même par une remarque acerbe d’un syndicaliste convaincu, une remise en perspective des petits drames de la bourgeoisie face aux vrais drames du monde.
Si le film connu un authentique succès populaire en 1941, essentiellement dû au statut de sa tête d’affiche, La Folle alouette perdu quelque-peu de sa superbe aux cours des années, surtout en étant comparé au large corpus de la Comédie du remariage. Reste un divertissement plaisant et quelques très bons moments à défaut d’un incontournable.
Image
Film plutôt rare, voir carrément oublié parfois, Skylark se rappelle à notre souvenir avec un Bluray sorti aux USA en petit tirage et une restauration qui n’est pas forcément aussi luxueuse que d’autres classiques des 40’s. Ici les techniciens ont manifestement travaillé à partir d’un master préexistant, sans retour à la source, mais se sont véritablement efforcés de lui donner un second souffle. Quelques restes de taches et griffures persistent mais l’ensemble est tout à fait correct pour un métrage de 80 ans. Le grain se montre assez fluctuant mais ne déborde jamais vers le gênant ou désagréable et les contrastes noirs et blanc tiennent bien la route. La définition fait elle aussi au mieux avec quelques très jolies séquences.
Son
Les monos ne sont pas vraiment de première fraicheur, la version originale étant toujours marquée par quelques pops et saturations, tandis que le doublage français, plutôt sympathique est accompagné d’un léger souffle constant. Cela reste cependant assez confortable tout de même.
Interactivité
Seul bonus au programme, une présentation du critique / essayiste Stephen Sarrazin (Emma Peel, Mamoru Oshii, rencontre(s)) s’efforce de redonner un peu de contexte au film, de conter la filmographie du réalisateur Mark Sandrich, d’évoquer les performances de Claudette Colbert, Ray Milland et de définir le genre et le style du film. Un peu sage mais pas inintéressant.
Liste des bonus
Le film par Stephen Sarrazin (13’), Bandes-annonces.






