LA DERNIÈRE BALLE A PILE OU FACE

Testa o croce – Italie – 1969
Support : DVD
Genre : Western
Réalisateur : Piero Pierotti
Acteurs : John Ericson, Spela Rozin, Franco Lantieri, Daniela Surina, Edwige Fenech…
Musique : Carlo Savina
Durée : 95 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français mono
Sous-titres : Français
Editeur : Artus Films
Date de sortie : 07 juillet 2020
LE PITCH
Accusée du meurtre d’un banquier, la chanteuse Shanda manque de se faire lyncher par les membres d’une ligue de vertu. Alors que les autres filles du saloon se font passer à tabac, le shérif fait mettre Shanda à l’abri en dehors de la ville. Mais les deux hommes chargés de la mission la violent et la laisse pour morte dans le désert. Un hors-la-loi va la recueillir.
Sur la tranche
Pas aussi gothique et opératique que ses petits camarades de l’année 69, La Dernière balle à pile ou face (titre aussi éloquent que sibyllin) était presque invisible chez nous depuis sa première diffusion en salle. Mais ce n’était sans compter sur la collection Westerns Européens d’Artus Films…
On compte au bas mot plus près de 500 westerns sortis des chapeaux italiens entre 1963 et 1978, et forcément tous non pas eu les honneurs, ni les talents, des grands noms du genre. Beaucoup surtout ont disparu dans la masse, recouverts par le sable d’une industrie frénétique pour peu qu’aucune icône incontournable ou maître d’œuvre respecté ne figure sur l’affiche. Artisan parmi d’autre qui aura signé quelques divertissements sympathiques du côté de l’aventure historique et du péplum avec des bobines comme Marco Polo, Cléopâtre une reine pour César, Goliath et le cavalier masqué et Hercule contre Rome, Piero Perotti n’aura signé qu’un seul et unique western. Sans doute pour suivre la mode du moment, mais en préservant tout de même sa petite saveur volontairement historique et surannée. Le film débute ainsi tel un classique américain sur un livre au papier jaunit qui s’ouvre pour ancrer le spectateur dans un contexte historique appuyé. Les cowboys sont clairement moins crasseux que chez Leone, les cadres plus sobres et posés, les décors plus propres, mais La Dernière balle à pile ou face n’a rien de l’hommage à l’école John Ford et si l’habillage restera assez sobre tout du long, le contenu fait preuve d’une noirceur et d’un cynisme étonnant. Dans cette petite ville comme beaucoup d’autre, les victimes ne sont nulles autres que les travailleuses du saloon, qui après que l’une des leurs ait été piégée pour être accusée du meurtre d’un notable, vont se faire chasser violemment par une horde de bigotes enragées, suivies rapidement par des maris bien dociles.
Petites vertus
Une séquence violente qui explose la morale puritaine américaine à coups de fouets, de goudrons et de plumes, tandis que la belle Sybille Burton (Daniela Surina vue dans Mon Oncle Benjamin) se repaît dans l’ombre, aux limites de l’orgasme, des victimes de ses manipulations sordides. Sublime rouquine venue de Yougoslavie, Spela Rozin incarne de son coté cette pauvre prostituée bouc émissaire qui subira en outre un viol collectif avant d’être abandonnée dans le désert. Dans ce sémillant tableau apparaît alors un Will Hunter, hors-la-loi notoire qui malgré ses airs taciturnes va devenir l’outil de la vengeance et faire éclater la vérité. Si la seconde partie du métrage se révèle bien plus sommaire et prévisible, l’anti-héros qu’interprète avec froideur l’américain John Ericson, rompu au western télévisuel (Rawhide, Bonanza, The Restless Gun…) ajoute à ce versant trouble du mythe américain, dernier repère morale devant une autorité qui a depuis longtemps baissé les bras. Un fond de nihilisme et un soupçon de perversité qui pointent dans ce petit western à la forme par totalement spaghetti dont l’une des jolies qualités est de se structurer essentiellement autour de ses deux figures féminines, fortes et opposées.
Pas de quoi effrayer cependant une toute jeune Edwige Fenech, aux charmes déjà largement mis en avant, et qui réussit en une poignée de scène à imposer une présence incandescente. Déjà.
Image
Un peu moins en forme que le Tire Django, Tire distribué en simultané, La Dernière balle à pile ou face a cependant eu sa petite restauration personnelle avec un nettoyage évident des cadres et quelques menus travaux pour tenter de lisser le tout. Une opération numérique un peu trop voyante parfois entre fourmillements et images lissées, mais qui pour une sortie DVD est tout à fait satisfaisant avec des couleurs fournies et une définition honorable.
Son
Comme souvent la version originale italienne fait preuve de plus d’ouverture et de naturel dans sa restitution sonore, là ou le doublage français, assez solide soit dit en passant, écrase un peu le relief général. Dans les deux cas le mono se dote de clarté et de confort.
Interactivité
Comme il n’était pas loin (en l’occurrence sur l’autre DVD Artus édité à la même date) le fana de western Curd Ridel se fend à nouveau d’une présentation appliquée du film en question pour lequel il insiste sur la rareté de l’objet. L’essentiel se compose comme à chaque fois des filmographies / biographies de toutes les têtes connues.
Liste des bonus
Présentation du film par Curd Ridel (20’), Diaporama d’affiches et de photos, Film-annonce original.






