LA BELLE ET LA BÊTE

Beauty and the Beast – Etats-Unis – 1991
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Conte, Comédie musicale, Animation
Réalisateur : Gary Trousdale, Kirk Wise
Acteurs : Paige O’Hara, Robby Benson, Rex Everhart, Angela Lansbury, Jerry Orbach, Bradley Pierce…
Musique : Alan Menken
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos, Français Dolby Digital Plus 7.1, espagnol Dolby Digital 5.1…
Sous-titres : Français, Espagnol, Anglais…
Durée : 84 minutes
Éditeur : Walt Disney France
Date de sortie : 3 septembre 2025
LE PITCH
Frappé par un terrible sort, un prince cruel a été transformé en bête. Pour briser le sort, la Bête doit gagner le cœur de Belle, une ravissante jeune fille passionnée de littérature, avant que ne tombe le dernier pétale d’une rose magique…
Une histoire éternelle
Premier film d’animation à concourir dans la catégorie de l’Oscar du meilleur film (avant que la catégorie Animation ne soit créé) et grand gagnant des prix de la meilleure musique et de la meilleure chanson, La Belle et la bête est certainement le joyau du second âge d’or du Studio. Un grand film d’animation, somptueux et poétique, où la fameuse méthode Disney retrouvait toute sa superbe.
Comme quasiment tous les grands films d’animation du studio, et plus encore lorsqu’il s’agit de conte populaire comme celui-ci, La Belle et la bête est un vieux projet qui date même de la grande époque de Walt Disney en personne. De longues recherches, de nombreuses réécritures, divers abondons puis reprises, toujours avec en ligne de mire ce difficile équilibre entre la restitution de la nature propre du conte et une modernisation qui le rendrait moins sombre, moins inquiétant, plus accessible à tous les publics. L’identité Disney en somme, qui reprenait clairement du poil de la bête depuis la fin des années 80 et le succès considérable de La Petite sirène, marquant justement, après deux décennies d’expérimentations thématiques et esthétiques, aux fondamentaux. Plus que l’intermédiaire Bernard et Bianca au pays des Kangourous, c’est véritablement La Belle et la Bête qui affirme définitivement cette renaissance tournée à nouveau vers les fameuses « princesses » et la remise en avant des instincts musicaux de la firme. Toujours composées et écrites par le duo Alan Menken (qui se charge aussi de la magnifique bande originale) et Howard Ashman (qui malheureusement décèdera du SIDA avant la sortie du film) les chansons phares font plus que jamais partie intégrante de la narration. Les habitants du château transformés en objets animé proviennent directement de ces réflexions-là, et les performances chantées ne tendent jamais le flan à la simple vignette ou à l’illustration charmante, faisant littéralement avancer l’histoire (« Tuons la bête ! ») ou révélant avec pertinence les enjeux du récit et des personnages.
« Il y a quelque chose qu’hier encore n’existait pas… »
A ce titre, la plus grande réussite est la chanson titre « Belle » délivrée dès les premières minutes du film et qui présente avec entrain la nature profondément singulière de la nouvelle héroïne (libre, rêveuse, romantique, émancipé et intellectuelle) à laquelle vient s’opposer un village plus traditionnel et surtout un Gaston, bellâtre inculte, chasseur et machiste. Le film regorge ainsi de véritables tubes dignes des classiques de la comédie musicale américaine (on reconnait Judy Garland dans les traits de Belle ou un plan hommage à La Mélodie du bonheur) et des grandes scènes de Broadway, qui viennent supporter une adaptation certes très libre et relativement simpliste du texte de l’illustre Jeanne-Marie Le Prince de Beaumont, mais où surnage encore et toujours à la fois cette grande morale de la beauté intérieure, de l’amour qui peut transcender les différences, qu’un rejet toujours nécessaire des convenances et des préjugés. Entre tradition et modernité, celle Belle et la bête conjugue un peu du meilleur des deux, exposant ainsi une grande maitrise de cette regrettée animation 2D, dites traditionnelle, qui en passait encore par des cellulos et de nombreuses astuces à l’ancienne, tout en y insufflant des effets 3D encore inédits comme les ustensiles dansants de « C’est la fête » et bien entendu l’incroyable salle de bal d’ « Histoire éternelle » qui de la même façon passe incroyablement bien les années. Un studio au maximum de ses capacités ici qui livre au passage des décors peints, et parfois sur plusieurs niveaux de profondeurs pour les effets de travelling, d’une finesse et d’une beauté rarement atteintes en animation. Les tableaux grandioses s’enchainent, renvoyant tout autant aux racines de la maison Disney (Blanche neige, La Belle au bois dormant…), qu’aux gravures des livres anciens et même parfois aux élans rococos du chef d’œuvre de Jean Cocteau.
Grand divertissement romantique et aventureux, joyeuse comédie musicale enluminée entrainée par sa petite troupe de personnages particulièrement attachants, dont le très réussi duo comique formé par Lumière (joli hommage à notre Maurice Chevalier national) et Big Ben, la délicate Belle et l’imposante Bête (dont l’expressivité animée et l’humanité variable est entièrement due à l’immense talent de l’animateur Glen Keane), ce 39eme long métrage d’animation Disney est l’une de ses plus grandes réussites.
Image
Le Bluray de La Belle et la bête était déjà magnifique assurant une netteté, une profondeur et un traitement des couleurs absolument renversants, la tâche pour l’UHD de faire beaucoup mieux étaient des plus ardues. On ne voit pas forcément d’ailleurs de très grandes différentes dans la finesse des détails, la précision des contours et la fermeté du piqué (même si bien entendu elles existent). Si différence il y a, c’est plutôt du côté une fois encore de la colorimétrie, boostée ici par un HDR10 de haute volée qui apporte une meilleure gradation dans les dégradés, de plus délicates variations que ce soit dans les pastels ou les couleurs primaires. Le film est plus spectaculaire que jamais, en particulier lorsque les arrière-plans d’extérieurs sont à l’image. La fameuse ouverture multiplans qui traverse la forêt est à tomber à la renverse et de nombreux autres passages se révèlent ici aussi puissants.
Son
On note aussi une petite rehausse sonore pour cette édition 4K avec pour la version originale un Dolby Atmos ample et généreux qui ne fait là encore que concrétiser de grandes qualités déjà bien présentes sur le Bluray. Si on excepte ce petit souci de niveaux sonores typique des éditions Disney, la proposition assure limpidité, atmosphères enchantées et chansons aux échos cristallins. La version française, d’excellente qualité voire plus réussie que la performance US, se contente assez bien d’un Dolby Digital Plus 7.1 plus restreint dans ses hauteurs mais riche et chaleureux.
Interactivité
Cette ressortie UHD du film (sans aucun supplément sur le disque) aurait pu être l’occasion de rattraper les impairs des précédentes sorties Bluray extrêmement lacunaire au niveau des bonus… Ce n’est malheureusement pas le cas, ce disque Bluray est identique à la sortie précédente et se montre toujours aussi incomplet, ayant oublié en cours de route des tonnes de documentaires d’archives et de coulisses de productions. Il ne reste ici encore et toujours que le commentaire audio collectif, assez informatif mais très sage, une discussion amicale entre le compositeur Alan Menken, le producteur Dan Hahn et le spécialiste des soundtracks Richard Kraft, un sujet sans grand intérêt sur l’adaptation scénique du film et deux scènes coupées. L’une ajoute un personnage vivant et chantant dans la bibliothèque, l’autre beaucoup plus intéressante correspond à une longue ouverture beaucoup plus proche du conte original et faisant écho à une première réflexion d’adaptation. Mais sans contexte et sans explication le segment perd un peu de son charme.
On notera aussi, toujours du coté du Bluray, la possibilité de visionner le film avec une fenêtre « work in progress » compilant croquis, recherches graphiques et progressions de l’animation, et toujours cette curieuse « version intégrale » avec la chanson « Humain à nouveau », ajoutée quelques années plus tard et aussi plate dans la réalisation que limitée dans son apport au récit.
Liste des bonus
Les 3 versions du film, Commentaires audio par l’équipe du film, Conversation musicale avec Alan Menken, Don Hahn et Richard Kraft, Scènes coupées, Les débuts à Broadway, Chantons ensemble.







