L’EXORCISME INTERDIT

검은 수녀들 – Corée du Sud – 2025
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Park Su-min
Acteurs : Song Hye-kyo, Jeon Yeo-been, Lee Jin-wook, Moon Woo-jin, Shin Jae-hwi, Park Jeong-hak…
Musique : Kim Tae-seong
Image : 1.66 16/9
Son : Coréen et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 114 minutes
Editeur : L’Atelier d’images
Date de sortie : 24 octobre 2025
LE PITCH
Afin de sauver un jeune garçon possédé par une puissante entité démoniaque, deux nonnes décident de braver l’interdit de l’Église et de pratiquer un dangereux rituel d’exorcisme. Commence alors une lutte terrifiante contre les forces du mal, où leur foi sera mise à rude épreuve…
Rituel d’un matin calme
En Corée aussi ils ont des démons grimaçants et prenant un sadique plaisir à s’installer confortablement dans l’esprit des jeunes gens. En tout cas dans les films, comme c’est le cas dans cet Exorcisme interdit, énième variation autour d’une conjuration rituelle désespérée qui a connu un certain engouement dans son pays d’origine.
C’est sans doute un peu passé inaperçu par chez nous, mais depuis le succès de The Priests au box-office coréen en 2015, les films d’exorcisme et plus généralement mettant en avant les membres du clergé catholique sont devenus assez récurrents et attendus en Corée du Sud. Un pays où un peu plus de 10% de la population est composée de très fervents catholiques, mais où aussi l’animisme et la spiritualité font encore et toujours partie intégrante de la culture générale. D’où un regain d’intérêt pour ces confrontations entre les forces du bien et du mal sur fond d’envoyés des enfers et de grandes épreuves de foi. Parfois titré abusivement The Priests 2 : Dark Nuns, L’exorcisme interdit s’engouffre alors très docilement dans cette mouvance en s’attardant sur les difficiles tentatives de deux nonnes pour exorciser un pauvre jeune homme possédé par un terrible démon qui a sans doute trop vu le film de William Friedkin. Menaces, insultes, yeux verts et scarifications multiples signalent que l’innocent a laissé place au malin, et nos héroïnes, entre deux prières convaincues, s’efforcent de convaincre l’église de les aider dans leur entreprise. Problème, cette dernière ne croit plus en la possession et rejette de toute façon les avis de Sœurs Junia, considérée comme une renégate et une individualiste. Incarnée par Song Hye-kyo (The Crossing, The Grandmaster), mannequin star en Corée, cette dernière est présentée comme une rebelle, fumant comme un garagiste, envoyant paître ses collègues et les démons, mais se dévouant corps et âme à sa mission.
La femme sous la robe
Sa relation conflictuelle avec Sœur Michaela (la très jolie Jeon Yeo-been vu dans Ça tourne à Séoul !) est souvent au centre du scénario, tout comme son statut de plus en plus évident de martyre, elle qui qui n’hésitera pas à tout sacrifier, à mettre de coté un cancer invasif, pour venir à bout des forces du mal. Le film en oublierait presque parfois qu’il se présentait au départ comme un véritable d’épouvante, dérivant longuement vers des considérations plus dramatiques et psychologiques, et affichant une volonté de réalisme certaine, de modestie dans les effets qui en ces temps de Conjuring mérite forcément un peu le respect. Un film plutôt avare en sensations fortes donc, mais aussi en sensations tout court tant, malgré l’implication des actrices, ce drame clérical a beaucoup de mal à passionner et à surprendre (on sait rapidement où tout cela se dirige), pas franchement aidé il faut bien l’avouer par une réalisation bien trop proprette et anonyme. Dommage, il y avait affaire, en particulier lors des deux scènes d’exorcisme du film. La première s’effectue en collaboration avec une chaman, joue justement la carte du melting-pot culturel et du croisement original entre mystiques. La seconde bien plus ambitieuse et bien plus longue (comme le final de L’Exorciste) s’étire peu à peu vers un danger qui va au-delà de la simple âme d’un jeune homme et se laisse aller, enfin, à quelques fioritures esthétiques et quelques petits effets chocs.
Tout cela reste cependant bien timide et ne risque pas de secouer les amateurs du genre. On se demande un peu, il faut bien l’avouer, sur quoi a pu reposer le joli succès populaire du film lors de sa sortie en Asie.
Image
Avec sa source intégralement numérique 4K, L’Exorcisme interdit se glisse élégamment sur disque Bluray. La définition est idéale et délivre des cadres aussi stables et fermes que précis et finement détaillés. La photographie n’est pas forcément la plus remarquable du genre, mais elle délivre tout de même quelques segments aux couleurs plus puissantes (effets bleutés nocturnes, rouges «démoniaques» …) très bien rendues ici grâce à des contrastes maitrisés et une colorimétrie assez généreuse. Cela manque forcément d’un peu de rugosité, mais c’est le film qui veut ça.
Son
Version originale et version doublée sont délivrées dans un DTS HD Master Audio 5.1 tout à fait efficace. Les dialogues sont le plus souvent mis en avant, mais les séquences d’exorcisme ne sont pas oubliées avec quelques effets de voix inquiétantes et de bruitages horrifiques qui se montrent bien enveloppants. On préfèrera comme presque toujours la mouture coréenne, bien plus naturelle.
Interactivité
Pas bien folichon, l’édition ne comporte en guise de « making of » qu’une pauvre petite featurette promo type bande annonce. Des petits bouts d’interviews et deux-trois images de tournage et c’est fini.
Liste des bonus
Making of (3’), Bande-annonce.







