IL FERROVIERE

Italie – 1956
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Pietro Germi
Acteurs : Pietro Germi, Luisa Della Noce, Sylva Koscina, Saro Urzi, Carlo Giuffré, Edoardo Nevola, Renato Speziali…
Musique : Carlo Rustichelli
Durée : 115 minutes
Image : 1.37 16/9
Son : Italien DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Éditeur : Carlotta Films
Date de sortie : 19 août 2025
LE PITCH
Bouleversé par le suicide d’un désespéré se jetant sous les rails du train qu’il conduit, Andrea ne voit pas le disque rouge indiquant l’arrêt immédiat. Il évite de justesse la catastrophe. Un médecin lui recommande de cesser de boire. Il est alors muté au transport des marchandises et voit ainsi son salaire diminuer…
Zola en Italie
Toujours un plaisir de (re)découvrir les films de Pietro Germi, cinéaste social notamment plébiscité pour son génial Divorce à l’italienne. Avec Il ferroviere, réalisé en 1956, il signait ici un très beau film lorgnant à la fois vers le mélo et la chronique sociale, du grand art.
Lorsque Pietro Germi réalise en 1956 Le disque rouge, le titre français désormais oublié d’Il ferroviere, l’auteur d’Au nom de la loi (1949) ou Le chemin de l’espérance (1950) est quelque peu dans le creux de la vague après des réalisations plus convenues et moins célébrées (La présidente, Jalousie…). Ici, avec Il ferroviere, il délaisse le ton léger de ses derniers films pour revenir à ses thèmes de prédilection, la chronique sociale et une certaine idée du néoréalisme, genre bientôt à l’agonie à la fin des années 1950. Considéré comme un chef d’œuvre en Italie, ce long-métrage demeure en effet l’une de ses plus grandes réussites. Totalement impliqué dans le sujet, à l’instar de son assistant et futur réalisateur Alfredo Giannetti, Germi retrouve pour l’occasion l’habit d’acteur qu’il avait déjà endossé à quelques reprises et qu’il reprendra avec succès ensuite notamment pour son fan Damiano Damiani (Il rossetto par exemple, toujours inédit dans nos contrées…). Germi impressionne ici devant l’objectif en père de famille alcoolique, ni bon ni mauvais, tentant de mener à bien sa carrière de cheminot et sa vie de famille troublée.
Le cheminot va au paradis
Son personnage d’ouvrier ambigu et individualiste a d’ailleurs dû inspirer un autre grand cinéaste italien, Elio Petri, tant il préfigure à la fois le rôle tenu par Salvo Randone dans Les jours comptés (où un quinquagénaire remettait en cause son existence après avoir assisté à la mort d’un homme de son âge) et celui endossé par le génial Gian Maria Volonte dans La classe ouvrière va au paradis, où un ouvrier modèle perdait peu à peu la foi suite à un accident…
Convoquant à la fois Émile Zola (de par sa description des familles populaires et leurs vicissitudes) et le néoréalisme des années 1940 (comment ne pas penser au Voleur de bicyclette en voyant le formidable gamin joué ici par Edoardo Nevola), Germi rend son film unique et ô combien populaire, accessible en ajoutant au commentaire social un véritable portrait de famille déchirant, tendant peut-être trop au mélo…l’un des rares « défauts » du film parfois un peu trop « tire-larmes » ! Outre Germi, les acteurs excellent comme le petit Nevola inoubliable en témoin de l’histoire auquel le spectateur ne peut que s’identifier. La divine Sylva Koscina continuait d’écrire sa légende et Luisa Della Noce trouvait sans doute ici le rôle de sa vie en mère de famille aimante.
Une nouvelle preuve avec ce film de l’incroyable vitalité du cinéma italien d’alors, un petit chef d’œuvre à placer à côté des autres grands films de son auteur comme Séduite et abandonnée, Meurtre à l’italienne et bien d’autres. A ne pas manquer !
Image
Restauré en 4K par la cineteca di Bologna, à partir du négatif original, le film retrouve une seconde jeunesse. Les arrière-plans sont riches en détails, le grain argentique reste joliment présent et les contrastes, perfectibles, sont de qualité. L’ancien DVD, sorti en 2010, peut être rangé aux oubliettes !
Son
Restauré à partir du négatif son original, le master son est de qualité. Les voix sont parfaitement claires et la musique de Carlo Rustichelli, discrète, bénéficie d’un bon mixage.
Interactivité
Déjà à l’origine de la sortie du DVD il y a près de quinze ans, Carlotta permet au film de passer en HD. Nous ne pourrons que regretter des bonus un peu maigres…
Les interventions du passionné et passionnant Jean A. Gili étant toujours trop courtes, celle-ci (six minutes…) l’est d’autant plus ! On y apprend le rôle décisif d’Alfredo Giannetti qui convainc Germi de prendre le rôle-titre, et l’historien du cinéma revient également sur le contexte du film et les réalisations de Germi.
La Bande-annonce originale est une belle curiosité et on ne pourra que sourire devant le commentaire du speaker : « Un film où les personnages sont aussi secs que le vin qu’ils boivent » !!!
Liste des bonus
Préface de Jean A. Gili (6’), Bande-annonce originale (4’).





