I SPIT ON YOUR GRAVE : TRILOGIE

I Spit On Your Grave, I Spit On Your Grave 2, I Spit On Your Grave 3 : Vengeance is Mine – Etats-Unis – 2010, 2013, 2015
Support : Bluray
Genre : Thriller, Horreur
Réalisateur : Steven R. Monroe, R.D. Braunstein
Acteurs : Sarah Butler, Jeff Branson, Andrew Howard, Daniel Franzese, Jemma Dallender, Joe Absolom, Yavor Baharov, Jen Landon, Doug McKeon, Gabriel Hogan, Michelle Hurd…
Musique : Corey Allen Jackson, Edwin Wendler
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 108, 106 et 92 minutes
Éditeur : ESC Films
Date de sortie : 7 janvier 2026
LE PITCH
I Spit on Your Grave : Jennifer, jeune et jolie écrivain, s’isole dans un chalet pour y écrire son nouveau roman. Elle qui s’attendait à une retraite tranquille, se retrouve voilée et torturée par un groupe de locaux complètement tordus qui empestent la cruauté et la perversité…
I Spit on Your Grave 2 : Apprentie top model, Katie court les castings. L’un d’entre eux tourne au cauchemar. Violée, torturée et laissée pour morte, la jeune femme entreprend alors de se venger…
I Spit on Your Grave 3 : Jennifer Hills est toujours tourmentée par l’agression sexuelle dont elle a été victime des années auparavant. Entre nouvelles identités et déménagements incessants, elle éprouve des difficultés à tourner la page et commencer une nouvelle vie…
Women Vs Beasts
Un peu plus de trente ans après le brulot rape & revenge de Meir Zarchi, la petite boite indépendante Cinetel, spécialiste du DTV fantastiques bien fauché, relance I Spit on You Grave avec un remake moderne, violent et toujours aussi dérangeant. Le succès aidant il sera suivi de deux suites, tous trois regroupés ici dans un coffret Trilogie Bluray par ESC Films.
Alors que les nombreux remakes de classiques du cinéma d’horreur auxquels on assiste depuis bientôt vingt ans entraine le plus souvent une certaine hausse de gamme grâce aux soutiens de gros studios classiques, I Spit On Your Grave, sans doute par son sujet et son absence frappante de compromis revient lui à nouveau par la petite porte. Celle de Cinetel, pourvoyeur de téléfilm à effets spéciaux foireux venant le plus souvent copier les dernières modes en date (action, polar mais surtout invasions aliens ou météorites et fin du monde au dessert), qui permet alors de rester au plus près des racines du projet. L’idée de redonner un coup de jeune à l’original tout en gardant ses aspects les plus bruts, les plus nerveux et un coté film d’exploitation qui attise les ambiguïtés. On note cependant d’emblée avec la version de 2010, outre un passage au numérique, une prise de distance avec la photographie plutôt colorée d’origine au profit d’une lumière froide et d’une vision particulièrement glauque de la campagne américaine. Les paysages tristes, les chairs blanchâtres alliées à une mise en scène en caméra porté, appuient sur la proximité d’un monde de l’image, de la vidéo internet et de la démocratisation du snuff. Le fait que l’un des agresseurs possède désormais une caméra vidéo et que la cassette sur laquelle il a enregistré les sévices qu’ils ont fait subir à la pauvre Jennifer n’a rien d’un accessoire et creuse encore la réflexion autour de l’instrumentalisation du corps féminin et le détachement effrayant que peuvent montrer ces hommes envers leurs agissements.
Naturellement, comme il s’agit d’un remake, on retrouve directement la construction entre deux parties avec d’un côté l’arrivée de la victime et sa terrible agression, puis dans un second temps sa vengeance, à la brutalité dirons nous parfaitement proportionné. Réalisateur d’une flopée de péloches navrantes et impersonnelles, Steven R. Monroe se montre pourtant ici tout à fait inspiré lorsqu’il revoit les jauges de sa démonstration. Le fameux viol, tout simplement interminable dans le film de 78, est légèrement atténué ici par une ellipse bienvenue et une mise en avant de la torture psychologique, là où le gore et le sadisme sont tout à fait soutenus dans l’élimination des mâles, dont une émasculation à l’étau et un bon petit coup de pétoire dans le fondement. Un film tout à fait efficace, plutôt bien torché (à la différence de l’original, les acteurs sont d’ailleurs plutôt bons) et qui rend assez bien hommage à son modèle.
Tourisme sexuel
Bonne surprise, les deux suites s’efforcent chacune à leur manière d’étendre la proposition initiale sans opter pour la facilité d’usage. I Spit on Your Grave 2 repose ainsi bel et bien sur le principe de la variation sur le même thème, mais impose sa différence en s’intéressant au destin tout aussi tragique (si ce n’est plus) de la jeune mannequin Katie dont le seul tort est de taper dans l’œil d’un jeune malade, pervers, lors d’un shooting malaisant. Celui-ci va l’attaquer en pleine nuit, la violer et tuer le voisin qui tentait de lui venir en aide avant d’appeler son frère et ses amis pour nettoyer crime. Le calvaire de la jeune fille ne fait que commencer, puisqu’après avoir été droguée, elle va se réveiller dans une cave en Bulgarie où elle sera à nouveau violée, battue, humiliée et vendue comme un amas de viande à un gros dégueulasse qui va la torturer à loisir. Toujours aux commandes, Steven R. Monroe pousse le spectacle dans ses derniers retranchements (certains passages sont véritablement insoutenables) et concocte une revanche tout aussi barbare avec en particulier le premier agresseur laissé à pourrir dans les égouts avec des plaises ouvertes recouvertes des pires immondices trouvées sur place. Dans une ambiance toujours délétère, I Spit On Your Grave 2 n’échappe pas parfois à une certaine gratuité (la saga Saw était encore très à la mode), mais réussit à s’appuyer sur l’interprétation fiévreuse de l’anglaise Jemma Dallender et sur quelques personnages secondaires (le policier local un peu largué et l’homme d’église inquiet) pour apporter un peu d’humanité dans tout ça.
Seule contre tous
En 2015, I Spit on Your Grave 3 fait lui le choix de revenir plus classiquement à l’héroïne du premier film, Jennifer, toujours jouée par la même Sarah Butler, qui tente de se reconstruire après le drame qu’elle a vécu. Un job alimentaire, quelques visites à un groupes de paroles pour victimes des agressions sexuelles… Le chemin est long, mais sa rencontre avec la plus explosive Marla, va l’inciter à prendre le taureau par les cornes et se muer en ange de la justice. On change ici totalement de structure, voir même de genre, pour se tourner plus concrètement vers quelques ingrédients du polar et du thriller, avec un coté Un Justicier dans la ville totalement assumé. Pas une mauvaise idée en soi, mais il faut reconnaitre qu’en réduisant légèrement le niveau de ses démonstrations de violence (même si l’arrachage de pénis avec les dents fait toujours sensation…) et en s’engouffrant plus volontiers dans les ressorts de la série B urbaine ce Vengeance is Mine s’avère bien moins convaincant. Moins direct, moins percutant, et surtout assez caricatural dans le traitement d’un personnage féminin qui perd totalement pied, s’enfonçant dans les comportements sociopathes. Habitué lui aussi des DTV craignos (Abraham Lincoln tueur de Zombies, Trafic de femmes…) le nouveau réalisateur R.D. Braunstein soigne sa photo et tente de cacher la misère d’un budget une nouvelle fois étriqué, mais passe à coté de cette notion esquissée d’un comportement de prédation masculine généralisé, préférant tomber dans le procès à charge contre les forces de l’ordre. Un peu simpliste forcément.
Image
Les trois films sont tout de même très proches dans leurs esthétiques. Doté à chaque fois de sources captées 4K mais post-produites et diffusées en 2K, les masters HD affirme une image aux matières et textures tout à fait numériques. Cela n’empêche pas une définition bien affirmée, un piqué plutôt pointu et la présence de noirs particulièrement solides. La photographie souvent grisâtre, assez brute, empêche forcément l’impression d’une prestation spectaculaire, mais cela reste tout à fait conforme à l’identité des films.
Son
Là aussi les trois films sont à la même enseigne avec des doublages français peu énergiques et bien trop bis, et des versions originales nettement plus convaincantes. Avec au passage des prestations DTS HD Master Audio 5.1 qui sans en faire trop sont plutôt efficaces dans leurs restitutions sobres des ambiances froides et vides, et dans la mise en place de petites dynamiques tendues qui crédibilisent les scènes. Pas mal du tout.
Interactivité
Dans ce coffret « trilogie » chacun des films est installé confortablement sur son propre disque Bluray et si I Spit On Your Grave 3 doit se contenter d’une simple bande annonce, le second opus peut se vanter de présenter quelques scènes coupées qui ajoutent quelques moments de caractérisation à New York ou creusent un peu plus le rôle du flic bulgare.
C’est le premier film qui est, comme souvent, le mieux doté. Il est ainsi accompagné d’un petit making of qui revient sur le film original et évoque le tournage du nouveau avec tout un sujet sur la mise en confiance des acteurs pour les séquences les plus difficiles. Là aussi on trouve quelques scènes coupées, dont certaines font directement écho au film de Meir Zarchi, mais c’est surtout le commentaire audio réunissant le réalisateur Steven R. Monroe et sa productrice Lisa Hansen qui est le plus intéressant. Avec beaucoup de précision et de franchise, les deux s’attardent sur les coulisses de chaque scène, les soucis de production, le choix des acteurs ou de l’ambiance générale, tout autant que sur les petits soucis rencontrés avec la censure américaine et le sauvetage de la version Uncut par Anchor Bay.
Liste des bonus
I Spit on Your Grave : Commentaire audio, « La vengeance de Jennifer Hills » : making of, interviews (16’), Scènes coupées (12’), Bande-annonce.
I Spit on Your Grave 2 : Scènes coupées (6’), Bande-annonce.
I Spit on Your Grave 3 : Bande-annonce.






