HEAD COUNT

Etats-Unis – 2023
Support : Bluray & DVD
Genre : Thriller
Réalisateur : Ben Burghart, Jacob Burghart
Acteurs : Aaron Jakubenko, Melanie Zanetti, Ryan Kwanten, Jeffrey Staab, Davis DeRock, Jamie Addison…
Musique : Chase Horseman
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 80 minutes
Editeur : Extralucid Films
Date de sortie : 25 juin 2025
LE PITCH
Après s’être évadé de prison, Kat trouve son propre revolver pointé sur sa tête par un assaillant inconnu. Heureusement pour lui, il n’est pas complètement chargé. Mais combien de balles reste-t-il ? Tandis que le barillet tourne inexorablement, Kat tente de se rappeler comment il est arrivé là, une balle à la fois…
Dans le viseur
Si Head Count n’a pas eu les honneurs d’une sortie en salle, que ce soit en France ou ailleurs, il a réussi à se construire une petite réputations grâce à ses projections en festival et surtout à une disponibilité bien plus large sur les plateformes de streaming disponibles. Entre neo-polar et neo-western, le premier long métrage des Burghart Brothers (ça fait plus classe) tire à tout va et forcément, touche aussi quelques cibles.
Imaginé par deux frangins qui rêvent depuis toujours de cinéma à l’occasion d’un festival proposant de mettre en boite un court métrage en 48h chrono, Head Count était il y a dix ans un simple court métrage de quelques minutes à peine. Un court bricolé mais malin, où un homme à genoux, menacé par un pistolet à six coups essaye de se remémorer combien de balles restent dans le barillet. L’occasion de six petits flashbacks, oscillant entre l’action, la comédie noire ou le romantisme, et autant de petits maniérismes amusants. Head Count, le long métrage reprend bien évidemment le même pitch mais le développe considérablement. Il s’agit encore et toujours de retour en arrières (avec parfois même des flashbacks dans les flashbacks) qui en plus d’installer un certain suspens sur l’issue de la situation permet de retracer le chemin particulièrement chaotique, et souvent malheureux, du héros Kat. Un brave gars, un peu magouilleur, un peu poissard, qui vient de s’échapper de prison suite à une attaque de pumas (déjà pas mal…) et qui hésite entre prendre définitivement la poudre d’escampettes ou de revenir par chez lui, retrouver son frère, celle qui aurait pu être sienne, et s’innocenter.
Une balle après l’autre
Forcément rien ne se passe comme il l’aurait souhaité, chopé par un chasseur de primes, embarqué de force dans une affaire de trafics autrement risqué, poursuivi par un homme dont il ne connait pas encore l’identité (mystère, mystère), il se retrouve même comme un cheveu dans la soupe au milieu d’un vaudeville, caché sous le lit… avec l’amant de madame. S’inspirant pour sa structure de certaines techniques de Memento, s’appropriant l’atmosphère néo noir second degré des frères Coen, mais aussi jouant avec la désinvolture référentielle d’un Tarantino, les Burghart Brothers aiment le cinéma et ça se voit, s’efforçant constamment de trouver des petites astuces de mise en scène, de montage ou d’écriture pour dépasser un budget que l’on imagine bien rikiki et un tournage semi-amateur qui réussit régulièrement à faire joliment illusion. Pas forcément dans les moments qui se voudraient le plus intenses ou le plus tape-à-l’œil mais peut-être dans la manière de créer une vraie petite aura autour de cet anti-héros incarné avec un certain charisme par Aaron Jakubenko (vu dans les séries Spartacus et Roman Empire). Un looser certes, mais avec certain panache et même une âme romantique dans ce qui reste l’une des meilleures scènes du film : une simple danse dans un bar local avec la jolie Melanie Zanetti, entre faux espoir et vrais regrets. Simple mais joliment négocié.
Entièrement porté par les envies de cinéma de deux frangins paumés dans un coin du Kansas, Head Count n’est bien entendu pas un grand film. Encore trop engoncé dans ses références cinéphiles, se prenant parfois un peu les pieds dans les trois bouts de ficelles à disposition et jouant un peu inutilement le petit malin qui a besoin de se faire remarquer, il n’en reste pas moins que le résultat final est tout à fait méritant et plein de promesses. A voir si les frères Burghart réussiront à concrétiser tout cela à une plus grande échelle.
Image
Tourné en numérique et avec des moyens assez limités, Head Count affiche une image HD qui n’est pas forcément la plus intense et ferme qui soit. Toujours baigné dans une image légèrement trouble et vaporeuse, une douceur typiquement numérique, un peu à l’ancienne, qui l’éloigne des standards pointilleux actuels, en particulier dans les passages les plus sombres. Un piqué un peu en retrait donc mais qui n’empêche pas d’apprécier les efforts fait sur la photographie du film et le traitement rigoureux fourni par l’éditeur français.
Son
Là encore les origines du film impactent directement la technique puisque la version originale et son DTS HD Master Audio 5.1 laisse entendre des petits échos métalliques constants et une prise de son durant les dialogues pas toujours aussi énergiques qu’elle le devrait. La spatialisation délivre tout de même quelques petits effets plus musclés. Un doublage français est lui aussi présent avec forcément un son plus clair et sans disparité.
Interactivité
Extralucid semble être le premier éditeur à s’être vraiment penché sur Head Count et à lui proposer une sortie vidéo d’envergure (aucune trace aux USA ou en Angleterre pour l’instant par exemple). La section bonus contient une très courte featurette avec images des coulisses, une interview télévisée (locale) des deux réalisateurs et une présentation enthousiaste de Nico Prat (Rockyrama) mais c’est surtout avec le combo commentaire audio des réalisateurs / interviews inédites cette fois-ci accompagnés de l’acteur Aaron Jakubenko que l’on en apprend le plus. Les premiers courts métrages autour de concepts malins et économes (dispos dans la foulée dont la première version très short de Head Count), le travail effectué pour étendre l’un d’eux aux format long métrage, la production et le tournage d’un film très indépendant, le travail en binôme, la collaboration avec les acteurs, la surprise des bons échos rencontrés à la sortie et le plaisir d’être distribué en France sont largement évoqués.
Liste des bonus
Commentaire audio des réalisateurs, Du Kansas au concept : Entretien inédit avec Ben & Jacob Burghart et Aaron Jakubenko (33’), Décompte des genres : présentation par Nico Prat (6’), Art House : une émission avec les frères Burghart (8’), Concept animé : la scène des enchaînés (4’), Dans les coulisses du tournage (3’), Courts-métrages : Head Count (2014, 3’), Suspense (2020, 7’).






