HANNAH ET SES SŒURS

Hannah and Her Sisters – États-Unis – 1986
Support : Bluray
Genre : Comédie dramatique, Chronique familiale
Réalisateur : Woody Allen
Acteurs : Mia Farrow, Barbara Hershey, Michael Caine, Dianne Wiest, Woody Allen, Max von Sydow, Maureen O’Sullivan, Lloyd Nolan, Carrie Fisher, Daniel Stern, Julia Louis-Dreyfus…
Musique : Johann Sebastian Bach, Giacomo Puccini
Image : 1.85 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 2.0 mono Anglais et Français
Sous-titres : Français
Durée : 107 minutes
Éditeur : BQHL Editions
Date de sortie : 26 août 2025
LE PITCH
Elliot, homme d’affaires reconnu, semble former avec Hannah un couple solide et harmonieux. Pourtant, il entretient en secret un profond désir pour Lee, la sœur cadette, dont la présence le bouleverse. Pendant ce temps, Holly, la troisième sœur, tente tant bien que mal de trouver sa voie, entre désillusions sentimentales et quêtes personnelles.
De l’art de la chronique humaine
Film charnière d’une carrière de cinéaste déjà longue d’une quinzaine de titres, Hannah et ses sœurs voit Woody Allen déployer une chronique intime et lumineuse de la vie new-yorkaise, mêlant avec justesse comédie, drame et réflexion existentielle. Chaque personnage trouve sa place dans un réseau de relations, de désirs et de fragilités qui confère au film sa richesse et sa fluidité.
Le long-métrage se déploie comme un roman filmé, découpé en chapitres introduits par des citations ou dialogues à l’écran. Cette construction théâtrale, parfois déroutante, est sublimée par la fluidité du récit : rien ne semble superflu, et chaque scène participe à la progression de l’histoire ou à l’approfondissement psychologique des personnages. Le film s’articule autour de trois Thanksgiving, offrant autant de points de repère temporels qui structurent les vies et les choix des protagonistes.
Au centre de ce maillage familial, Hannah (Mia Farrow) incarne la stabilité, la bienveillance et la constance. Elle reste pourtant à distance des intrigues amoureuses qui agitent son entourage, comme si le spectateur la « trompait » avec d’autres personnages, à l’image de son mari Elliot (Michael Caine) et de sa sœur Lee (Barbara Hershey). L’histoire entre Elliot et Lee captive immédiatement : passion, culpabilité, désir et hésitation se mêlent dans une chorégraphie d’émotions subtiles. Holly (Dianne Wiest), plus volatile et complexe, disparaît parfois derrière ses sœurs, mais se redécouvre au fil du récit, offrant des moments de grâce et de drôlerie. Quant aux seconds rôles, ils ajoutent un relief savoureux, de Max von Sydow à Carrie Fisher, chacun enrichissant la mosaïque de vies new-yorkaises.
L’amour, l’art et l’existence
Woody Allen, dans son rôle de Mickey, incarne l’éternel névrosé, confronté à la peur de la mort et à la recherche du sens de la vie. Sa trajectoire apporte la dimension existentielle qui traverse le film, contrepoint aux passions et aux ambitions plus terre-à-terre des autres personnages. La rencontre entre art et amour, que l’on devine au cœur des choix de vie des protagonistes, semble contenir le secret d’une vie pleinement vécue. Il est notable que l’univers du film, qu’il s’agisse des carrières, des relations ou des cercles sociaux, reste celui d’une élite culturelle et artistique : Manhattan, les galeries, les métiers du spectacle, le tout dessine un monde relativement fermé où s’épanouissent ces personnages à la fois privilégiés et fragiles.
La mise en scène privilégie la respiration des acteurs : plans séquences et cadres larges laissent l’espace nécessaire pour que le jeu et le timing des comédiens rythment le récit. Manhattan n’est pas qu’un décor : la ville devient un personnage à part entière, multiple, vivante, complexe, à l’image de ses habitants. La caméra capte les gestes, les regards et les déplacements avec une précision qui souligne la tension et la complicité entre les personnages. Le film réussit à combiner humour, tendresse et gravité sans jamais sombrer dans le pathos. Le comique naît souvent de situations ordinaires ou de dialogues parfaitement calibrés, mais toujours dans un équilibre subtil avec la profondeur dramatique. Cette capacité à mêler légèreté et réflexion donne au récit un charme à la fois singulier et universel, tout en restant accessible à un large public.
Hannah et ses sœurs est une synthèse brillante de l’univers d’Allen : il réunit les thèmes et les styles explorés dans ses films précédents, tout en annonçant les grandes œuvres à venir. Accessible, émouvant, profondément humain, le film illustre l’art de Woody Allen à observer, analyser et célébrer les contradictions et la beauté de l’existence. Une œuvre riche, fluide et captivante, qui demeure aujourd’hui un classique incontournable de sa filmographie.
Image
L’édition bluray d’Hannah et ses sœurs éditée par BQHL comble enfin une lacune : jusqu’ici, aucune version HD n’était disponible en France, alors qu’elle existait outre-Atlantique depuis plus de dix ans. Le master utilisé par l’éditeur français semble justement dater de cette période. Non qu’il soit de mauvaise qualité, mais il porte les marques de son âge. Malgré cela, le transfert restitue avec fidélité la délicatesse de la photographie de Carlo Di Palma. Les teintes restent subtiles, l’éclairage intérieur finement travaillé et les compositions presque picturales sont respectées. Les noirs sont profonds, les couleurs équilibrées, et le grain du film rendu de manière naturelle, sans intrusion. En résumé, ce Bluray permet de redécouvrir Hannah et ses sœurs dans de bonnes conditions et de profiter de la beauté de l’image, même si elle ne prétend pas rivaliser avec les standards les plus récents de la haute définition.
Son
Le Bluray propose une piste DTS-HD Master Audio 2.0 mono en anglais et en français. La version originale se distingue par des dialogues clairs et un accompagnement musical finement restitué, avec une très bonne dynamique et une fidélité sonore qui sert parfaitement l’atmosphère du film. La version française bénéficie du même soin technique, mais les dialogues y sont trop mis en avant, donnant une impression d’artificialité. Cette approche pourra rebuter les spectateurs attachés à la subtilité et à l’authenticité du cinéma de Woody Allen, où la matière sonore joue traditionnellement un rôle discret et nuancé.
Interactivité
Aucun bonus ! Mais cela n’étonnera personne : Woody Allen a toujours refusé la présence de suppléments sur les sorties vidéo de ses films. On peut donc considérer que cette section vide respecte parfaitement l’esprit et l’intention de l’auteur.
Liste des bonus
Aucun.






