HALLOWEEN

Etats-Unis – 2007
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Rob Zombie
Acteurs : Malcolm McDowell, Brad Dourif, Tyler Mane, Daeg Faerch, Sheri Moon Zombie, William Forsythe, Richard Lynch, Udo Kier, Danny Trejo, Dee Wallace…
Musique : Tyler Bates
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 121 minutes
Editeur : ESC Films
Date de sortie : 8 octobre 2025
LE PITCH
Un 31 octobre, à Haddonfield, Illinois, le soir de la fête des masques d’Halloween… La vie du jeune Michael Myers, 10 ans, bascule. Troublé par des pulsions morbides, moqué par ses camarades d’école parce que sa mère est strip-teaseuse, harcelé par son beau-père, tourmenté par les premiers émois sexuels de sa soeur aînée, il revêt un masque en latex et, dans un accès de folie, assassine la moitié de sa famille au couteau de cuisine… Un 31 octobre, 17 ans plus tard. Toujours dissimulé derrière un masque et enfermé dans son mutisme, Michael s’échappe de la prison psychiatrique où il a grandi et recommence à semer des cadavres sur sa route…
Reshape the Shape
10 ans avant le reboot / sequel / « je ne suis pas sûr j’hésite » de David Gordon Green, Rob Zombie s’emparait déjà du chef d’œuvre absolu de John Carpenter, classique de l’horreur parmi les classiques, pour essayer d’y imposer sa marque. Un exercice périlleux mais où lui n’a pas peur de prendre ses distances avec le classique, lui proposant un versant plus brut et cradingue. A son image donc.
Rapidement propulsé nouvel espoir du cinéma d’horreur après le doublon La Maison des 1000 morts / The Devil’s Rejects, l’artiste musical Rob Zombie se met forcément à intéresser les studios de production plus classiques. Et comme la mode est aux remakes brutaux depuis celui de Massacre à la tronçonneuse par Marcus Nispel en 2003, les frères Weinstein, détenteurs via leur société Dimension des droits de la licence Halloween, pensent à lui. Risqué car outre le statut intouchable du premier film de John Carpenter, la franchise a déjà connu de nombreuses transformations et même un premier retour aux sources avec le très sympathique Halloween, 20 ans après en 1998. L’intelligence de Rob Zombie est de ne faire que peu de cas de tous ces développements, de ne jamais tenter de reprendre à bras le corps tout cette mythologie (qui a d’ailleurs tendance à se contredire d’un film à l’autre) et même de prendre certaines distances avec le film de 1978. Il gomme ainsi tous les aspects purement slasher du métrage (exit le rapport dit moralisateur à la sexualité, le défilé de jeunes victimes potentielles et la concentration dramatique) et esquive la confrontation directe avec la mise en scène épurée et pointue du maitre, lui préférant une réalisation plus sauvage, fiévreuse, agitée, plus à même de rendre compte de la folie du personnage et de son âme hantée. Figure inaccessible, vide et essentiellement menaçante chez Carpenter, Michael Myers devient le véritable personnage principal du film, Rob Zombie lui offrant une longue première partie (quasiment la moitié du film) essentiellement inédite et explorant sa jeunesse, son milieu familial traumatique et sa longue chute dans la bestialité.
Le mal ne meurt jamais
Le cinéaste prend le sujet à bras le corps, rejoint son obsession pour l’illustration de la famille White Trash dysfonctionnelle et explicite, sans lourdeurs, les origines possibles de l’effondrement du jeune garçon jusqu’à un massacre inaugural qui désormais ne se contente plus d’une sœur adolescente, mais inclut aussi le petit ami de celle-ci et le beau-père abusif. Le Halloween de 2007 se veut nettement plus sanglant, nettement plus dérangeant et cette humanisation de Myers, en grande partie due au magnifique portrait de la mère désemparée (Sheri Moon Zombie, formidable une fois encore) et à celui du psychiatre bien intentionné (Malcom McDowell), n’en rend les exactions barbares plus marquantes encore. Un film sombre et impitoyable qui remplace donc la stylisation noble, presque abstraite, par une horreur concrète faite de chair, massive, et d’animalité nocive qui pollue tout le métrage. Le réalisateur développe d’ailleurs nettement plus l’ensemble des personnages, secondaires et premiers, comme le lien tendre entre la nouvelle Laurie Strode (Scout Taylor-Compton) et sa mère (Dee Wallace), non pas par confort, mais bien pour rendre la rupture plus douloureuse, la sensation de perte, de déchirure, plus frappante.
Derrière les exécutions cet Halloween se parerait presque des atours du drame glauque plutôt que des codes du pur film d’horreur. C’est peut-être là que l’essai de Zombie perd de son aura, lorsqu’il se confronte directement au film de Carpenter : une reprise du thème inoubliable, une apparition filmée « à la manière de », un meurtre à la limite du clin d’œil, une poursuite qui s’éternise… Quelques offrandes aux fans sans doute mais où Zombie sort forcément un peu perdant. Le suivant Halloween II tourné deux ans plus tard concrétisera d’ailleurs drastiquement l’émancipation de cette version, et les fans de la saga lui pardonneront encore moins le sacrilège.
Image
Cet Halloween aura mis donc un certain temps avant de nous parvenir sur format Bluray. Pourtant aux USA l’édition existe depuis 2008 et les quelques ressorties depuis (en doublet avec Halloween II souvent) reprennent alors systématiquement le même transfert. Le seul existant à l’heure actuel, provenant de la même source que le DVD d’autrefois, et ne profitant donc pas de la technologie 4K. Les cadres sont bien propres et stables et toutes les scènes en pleines lumières assurent un rendu assez précis, mais dès que la luminosité tombe les limites se font plus visibles avec des noirs grisonnants, un rendu plus flou et des formes qui laissent parfois des ombres rémanentes derrières elles. Vieillissant donc, avec un léger manque de profondeur en prime, la copie d’Halloween manque de robustesse et de profondeur, mais reste tout à fait honorable et plutôt confortable pour redécouvrir le film.
Son
Déployées désormais en DTS HD Master Audio 5.1, les pistes sonores gagnent légèrement en force et en clarté. Les dialogues, nombreux, semblent plus naturels et équilibrés dans leur répartition et certaines atmosphères, contemporaines, s’intègrent parfaitement au tableau. On regrette sans doute que même dans la dernière demi-heure où le fameux thème s’emballe et où les hurlements des victimes se multiplient, le mixage ne joue pas plus fiévreusement sur les sensations arrières et la possibilité d’un enveloppement plus stressant.
Interactivité
Attendu depuis des lustres par les fans de la saga et ceux de Zombie, sans compter sur les amateurs de slashers bien musclés, Halloween est enfin disponible en Bluray en France grâce à ESC Films. L’éditeur fait même le choix de l’intégrer au sein de la Cult’Edition lui offrant donc un fourreau digipack avec fourreau, une reproduction de l’affiche glissée en sus et pas moins de trois disques HD pour tout contenir. Car on retrouve bel et bien ici les deux montages du film avec la version cinéma déjà bien connue, mais aussi le fameux « Unrated Cut » plus proche de la vision de Zombie. Une dizaine de minutes supplémentaires qui contiennent la terrible scène de viol dans l’asile (particulièrement malsaine) mais aussi de nombreux petits ajouts dialogués ou quelques réorganisations de plans qui rendent le film plus fluide, plus épais et plus solide. C’est sur son Bluray que l’on peut d’ailleurs visionner une exploration large du cinéma de Rob Zombie enregistrée par Aurélien Zimmermann (Shadowz), retraçant brièvement ses débuts dans la musique et les petits détails biographiques avant d’explorer un à un chacun de ses long métrages et l’évolution de sa filmographie.
Sur le disque du montage cinéma on retrouve tous les bonus qui avaient constitué l’ancienne édition Double DVD de TF1 Vidéo avec la petite poignée de featurettes thématiques explorant brièvement les coulisses du film (acteurs, costumes, décors, essais du casting…), une interview relativement sage du réalisateur, un long bêtisier et surtout une vingtaine de minutes de scènes coupées. Commentées en option, elles contiennent, outre des scènes d’expositions étendues et quelques variations effectivement dispensables, des apparitions supplémentaires d’Udo Kier et surtout une participation clin d’œil d’Adrienne Barbeau.
Le gros morceau de l’édition se réserve le troisième disque : Le Making of. Un document de plus de quatre heures qui témoigne dans un premier temps de nombreuses réflexions et recherches de la part de Rob Zombie sur la construction de son film, la personnalité des personnages, le choix des acteurs et l’élaboration des storyboards. Il enchaine ensuite avec un reportage excessivement complet sur le tournage, jour après jour, suivant la préparation de chaque scène, les discussions avec les acteurs, la présentation des décors ou des accessoires mythiques, le tout régulièrement entrecoupé d’interviews et de témoignages de toute l’équipe. La question des tensions avec Dimension et les frères Wenstein est essentiellement occulté, mais le documentaire reste un sacré morceau, complet et passionnant.
Liste des bonus
Le Bluray du montage cinéma (109’), « MICHAEL LIVES », le Making of du film (260’), Rob Zombie : Portrait d’un réalisateur métalleux (33’), scènes coupées (20’), Fin alternative (4’), Conversation avec Rob Zombie (9’), Bêtisier (10’), Les Différents masques de Michael Myers (6’), « De la caméra à l’écran » (6’), « Les Décors » (5’), « Effets spéciaux, accessoires et costumes » (7’), Rencontre avec les acteurs (18’), Casting des acteurs (18’), tests écrans (8’).






