BASIC

Etats-Unis, Allemagne – 2003
Support : Bluray & DVD
Genre : Thriller
Réalisateur : John McTiernan
Acteurs : John Travolta, Connie Nielsen, Samuel L. Jackson, Giovanni Ribisi, Harry Connick Jr., Brian Van Holt…
Musique : Klaus Badelt
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 98 minutes
Éditeur : ESC Films
Date de sortie : 20 août 2025
LE PITCH
Au Panama, une équipe de soldats américains en mission se retrouve prise au piège lorsqu’un ouragan frappe la région. Au sortir d’une nuit d’apocalypse, seuls deux membres de l’équipe sont retrouvés vivants. Mais ils refusent de parler. Que s’est-il vraiment passé ? Le lieutenant Julia Osborne et l’agent Tom Hardy sont dépêchés sur la base militaire pour mener l’enquête et faire toute la lumière sur la disparition des GIs. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises.
Lie Hard
Cinéaste qui aura redéfini les codes et la nature du cinéma d’action pendant une bonne décennie, de Predator en passant par Piège de Cristal, Le 13eme Guerrier et Une Journée en enfer, John McTiernan n’a plus réalisé de film depuis 2003 ! Et ce dernier n’était autre que Basic thriller ludique et ironique passé alors très injustement inaperçu.
Basic fut d’ailleurs un échec en salles, ne rapportant que 42 millions de dollars sur les 50 nécessaires pour rentrer dans ses frais, mais il venait surtout entériner une mise au ban de la profession suite à la sortie du calamiteux remake de Rollerball et la bataille légale qui s’en suivi (McTiernan passa même par la case prison pour des écoutes illicites). Pas sûr, et c’est bien malheureux, que sa carrière ne s’en remette un jour, et d’ailleurs Basic avait déjà tous les apparats d’un ultime baroud d’honneur, d’un pied de nez presque espiègle autant à ses amateurs de la première heure qu’à l’industrie du cinéma américain. Se déroulant dans un milieu militaire particulièrement viril et célébré en tant que tel, Basic ne rentre clairement pas dans le même trip que le mythique et bodybuildé Predator, laissant les quelques échanges de coups de feu dans la jungle panaméenne dans un chaos nocturne économe et obscure. Pas d’héroïsme sauvage ou de débordements spectaculaires puisque Basic se concentre sur l’après. Soit l’enquête menée sur cet entrainement en terre hostile qui aurait tourné au massacre de toute une troupe de bidasse menée par un Colonel West odieux (Samuel L. Jackson vénère), ne laissant que deux survivants, dont un sérieusement blessé.
Militarycrime
Basic sera donc cérébral et les confrontations se feront en petit comité entre les duels verbaux, le travail considérable sur l’occupation de l’espace et du cadre, le découpage pointilleux et intense, accompagnant une quête de vérité impossible. Rédigé par le petit malin James Vanderbilt (Nuits de terreur, Zodiac, Scream 2022…), le scénario se réapproprie à la fois l’argument du grand classique Rashômon en revisitant inlassablement de mêmes évènements à l’aune de différents points-de-vue des plus différents, et l’accumulation de twists à tiroir avec une frénésie proche de celle du Sexcrimes de John McNaughton. Le film a alors forcément des airs menteurs, poseurs, frondeurs, mais l’assume totalement maniant une ironie constante autant sur le déroulé visible du polar en forme de poupée gigogne que sur les allusions constantes faite justement aux tropes du cinéma musclé et du triller militaire alors en vogue (on pense à Des Hommes d’honneurs, L’Enfer du devoir…) et à sa nature même de divertissement filmique. Tout ici repose sur cette idée de « raconter la bonne histoire » comme le rappel le roublard Hardy, interprété par un John Travolta cabotinant comme dans Volte/ Face à la pauvre Osborne (Connie Nielsen) souvent dépassée par ce petit jeu de duperies et d’apparences. Ce récit qui se construit et reconstruit sans cesse, se plie aux exigences d’une autorité corrompue, mais finit par trouver son propre rythme et une indéniable efficacité, renvoie inévitablement à l’ensemble de la carrière du cinéaste et à ses multiples confrontations avec les producteurs hollywoodiens, avec un système contre lequel il avait fini par entrer en guerre.
Ce mélange d’efficacité percutante, cette maitrise effarante de la mise en scène et cette capacité à allier effets à la mode et doubles-sens toutes en finesse, rappellent a quel point depuis 2003, ce grand cinéaste nous manque.
Image
Étonnement pas si diffusé que cela depuis sa première sortie DVD puisqu’on compte une édition allemande et un bipack américain, Basic arrive enfin en Bluray en France. Forcément le master proposé n’est pas tout à fait de première jeunesse (au moins une petite dizaine d’années) et n’est pas repassé par la source pellicule. La restauration s’est donc faite uniquement via le master précédent et quelques outils de nettoyage et de stabilisation numérique. Cela est bien visible dans quelques bords de plans sombres ou par l’apparition récurrente, mais relativement discrète, d’effets bruités. Heureusement tout cela à été fait avec soin et outre une image très propre et assez ferme et des teintes très agréables, la définition n’est pas trop impactée et garde une petite dose de relief bienvenue.
Son
En 2004 la piste DTS de Basic faisait sensation et se hissait parmi les meilleures performances de l’époque. 20 ans plus tard le DTS HD Master Audio 5.1 ne démérite pas et affirme toujours cette dynamique tendue, cet enveloppement roublard qui ne craint pas ses effets. Très efficace avec toujours un bon équilibre entre les ambiances (l’ouragan fait son petit effet) et les dialogues. Solide.
Interactivité
ESC Films ne propose pas de nouveau suppléments, documentaire ou présentation inédite, mais reprend heureusement tous ceux du DVD d’antan. Les segments vidéo sont donc proposé en définition standard avec de bonnes séries d’interviews promos mais pas inintéressantes laissant la parole aux acteurs, au jeune scénariste et à quelques membres de l’équipe technique. Tout le monde loue entre deux extraits du film et de rares images du tournage les talents de McTiernan qui lui aussi se prête à l’exercice de l’EPK assez sage. Quelques infos à grapiller mais rien de bien subversif.
Les sujets un peu plus compliqués sont surtout abordés dans le commentaire audio du réalisateur où celui-ci discute de ses choix narratifs, techniques, de sa collaboration avec les acteurs mais aussi de sa place dans un cinéma américain qu’il juge de plus en plus conformiste. Dommage que de nombreux blancs et une voix monocorde rendent le tout pas toujours aisé à suivre.
Liste des bonus
Commentaire audio du réalisateur John McTiernan, Making of d’époque (14’), Entretien avec le réalisateur, John McTiernan (21’), « Le Film vu par le scénariste » (16’), « Le film vu par l’équipe » (21’), Bande-annonce.







