BAD INFLUENCE

Etats-Unis – 1990
Support : Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Curtis Hanson
Acteurs : Rob Lowe, James Spader, Palmer Lee Todd, Rosalyn Landor, Tony Maggio, David Duchovny…
Musique : Trevor Jones
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 99 minutes
Editeur : BQHL Éditions
Date de sortie : 19 novembre 2025
LE PITCH
Analyste dans la finance, Michael Boll semble disposer de tout pour être heureux : une situation de rêve, une fiancée issue de la haute bourgeoisie, un somptueux appartement dans un quartier chic…. Seule ombre au tableau : un certain Patterson qui, dans son travail, lui met des bâtons dans les roues. Menacé par un client jaloux dans un bar, Michael ne doit son salut qu’à l’intervention providentielle d’Alex, un inconnu qui, par son assurance et son absence de complexe, l’envoûte littéralement pour ensuite mieux l’entraîner sur la pente du vice, des ténèbres et du meurtre…
Un ami qui vous veut du mal
Petit thriller néo noir des années 90 comme il y en aura beaucoup dans les années suivantes, Bad Influence confrontait le visage lisse de Rob Lowe et le charme ambiguë de James Spader (et pas dans cet ordre) sur fond de fin des années yuppies. La morale en berne, le monde la finance est devenu la proie.
Figure de la réussite célébrée durant une bonne décennie, le monde rutilant et glorieux de la machine à fric a perdu de sa superbe. Manifestement un peu laissé sur le bas cotés, Michael Boll s’est laissé marché sur les pieds, se faisant voler les bons dossiers et les congratulations de la direction par un concurrent beaucoup moins discret que lui, se laissant enferrer dans des fiançailles bourgeoises déjà ennuyantes au possible. Un homme renfermé, mais renvoyant tous les signes de fortune attendus avec son bel appartement citadin tout en espaces vides et signes extérieurs de richesses (clubs de golfs, installation vidéo…). Immédiatement fasciné par le charme vénéneux de ce Patterson qui ne se laisse jamais marché sur les pieds et semble séduire et manipuler tout le monde à l’envie, il se laisse entrainer dans le monde de la nuit, de la débauche… et de l’immoralité. Patterson est rapidement présenté comme le double « maléfique » du protagoniste, l’un enviant l’apparence et les attitudes de l’autre quitte à les copier peu à peu, tandis que le second s’immisce discrètement dans la sphère intime du premier pour mieux la détruire de l’intérieur et le pousser à commettre l’irréparable.
Reflet froid
Un parasite vorace, sadique et calculateur, figure virile et charismatique, réunissant la froideur du Jimmy Profit de la série du même nom crée par David Greenwalt en 1996, et la violence sociopathe du Patrick Bateman d’American Psycho. L’homme faible et son Mister Hyde conquérant… Le jeune scénariste David Koepp (Jurassic Park, L’Impasse, Mission : Impossible…) connait parfaitement ses classiques et surtout maitrise impeccablement les ressorts de la série B. Le suspens se laisse suivre avec plaisir, mais sans grande surprise tout de même, avec bien entendu l’inévitable face-à-face final où malheureusement les zones grises mises en place (le héros acceptant volontiers de plonger les pieds en avant dans l’opportunisme et le mépris de l’autre) est gentiment balayé sous le tapis dans un dernier sursaut d’humanité et de conscience. La morale reprend ses droit et la droiture reprend sa place… ouf ! Ce qui donne beaucoup de charme à ce qu’on appelait autrefois un thriller « Hollywood Night » avec juste ce qu’il faut de sexe et de violence, c’est certainement la mise en scène appliquée de Curtis Hanson, donnant corps à un Los Angeles tour à tour trop propre et artificielle (le jour) et sombre et inquiétant (la nuit), s’imprégnant autant de cette architecture ultra moderne et hypée de l’époque que baignant dans les musiques jazzy et hantées par les saxos langoureux signées du toujours très bon Trevor Jones (Excalibur, Dark Crystal, Mississipi Burning…).
S’installant tranquillement comme un spécialiste du genre, après le précédent Faux témoin et en attendant les futurs La Main sur le berceau et La Rivière sauvage, le réalisateur n’affiche pas encore tout à fait la même évidence et la même énergie inquiétante que sur sa plus grande réussite L.A. Confidential, mais on retrouve ici déjà cette notion d’une figure masculine double, entre réalité et fantasme, autorité et faiblesse, honneur et réussite.
Image
Pas de première fraicheur, la copie HD croisée en 2016 chez Shout Factory avait déjà été produit à partir d’un master vidéo de la génération précédente. Un traitement dont la MGM est régulièrement coupable sur ses titres plus modestes. La copie est cependant plutôt propre et assez stable. Les couleurs affichent des contrastes convaincants et même si les noirs ont tendance à boucher les bords de cadres des scènes nocturnes, les ambiances sont très bien rendues. Reste un souci de traitement du grain, aléatoirement absent ou bruité, et un piqué qui reste toujours en deçà des attentes.
Son
Les pistes sonores stéréo d’origines sont portées avec soin au format DTS HD Master Audio 2.0. Le doublage français plutôt plat résonne avec un petit accent DTV, la où la version originale profite d’une dynamique plus naturelle, avec une meilleure énergie en particulier pour les tubes de l’époque et les musiques jazzy de Trevor Jones.
Interactivité
Bien dommage de ne pas retrouver ici l’interview « début de carrière » du scénariste David Koepp. L’éditeur BQHL appelle alors en soutient le journaliste Jean-François Dickeli de Culturopoing afin de signer une longue présentation du film. Retour sur les deux têtes d’affiches, ex-héros teenages des 80’s, traversée complète de la filmographie de Curtis Hanson et ses liens avec l’école Roger Corman, et regard appuyé sur ce thriller néo-noir où l’intervenant voit même des prémisses de Fight Club.
Liste des bonus
Entretien avec Jean-François Dickeli, journaliste (31’).






