ASSIÉGÉS

The Outpost – Etats-Unis – 2020
Support : Bluray
Genre : Guerre
Réalisateur : Rod Lurie
Acteurs : Scott Eastwood, Caleb Landry Jones, Orlando Bloom, Jack Kesy…
Musique : Larry Groupé
Durée : 123 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Français et Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : Metropolitain Film & Vidéo
Date de sortie : 5 décembre 2020
LE PITCH
Afghanistan, 2009. Des soldats américains contiennent les attaques quotidiennes de rebelles dans un avant-poste au fond de la vallée des trois Montagnes jusqu’au jour où les combattants talibans lancent une attaque coordonnée…
Alamo
La guerre. Chaque génération y a malheureusement droit. Son flot de violences s’exprime inlassablement par le biais du cinéma une décennie plus tard, histoire d’exorciser les traumatismes subis. Après les films sur la seconde guerre mondiale, ceux du Vietnam, c’est au tour du conflit en Afghanistan de passer « timidement » sur le devant de la scène.
Le cinéma s’est déjà essayé au sujet avec Du sang et des larmes et Horse Soldiers pour ne citer que les plus connus. Mais pas de doute sur le fait que beaucoup de choses restent encore à dire ou à filmer. Les temps changent et les combats aussi ; il ne s’agit plus de guerre de territoires opposant des conflits d’intérêts mais de divergences de points de vue où le fanatisme au nom d’Allah dicte les règles. En grand défenseur de l’humanité, les GI Joe de l’oncle Sam prennent leur habit de pacificateurs, afin de placer leurs billes pendant qu’ils le peuvent. Des milliers de soldats livreront bataille dans un pays qu’ils ne connaissent pas avec des habitants qu’ils ne comprennent pas plus. Le grand écart entre la culture occidentale et orientale ne fera que nourrir une débâcle écrite d’avance. Ici l’ennemi ne porte pas d’uniforme et les alliés ressemblent à s’y méprendre aux ennemis établis. C’est malheureusement le constat que feront les 53 soldats du poste avancé de Kamdesh en Afghanistan quand plus de 400 djihadistes talibans lanceront l’assaut à la seule fin de les exterminer.
Call of Duty
Dès l’intro du film, le ton est donné, comme on ouvre une parenthèse, on nous explique que tout le monde ne s’en sortira pas vivant. A partir de là, à l’instar d’un documentaire, le réalisateur nous présente ses protagonistes par un aparté écrit le situant dans l’action (Via son nom, âge et grade). Le film se divise nettement en deux actes bien marqués. Le premier privilégie volontiers l’introspection des personnages qui ne comprennent pas toujours l’intérêt de leur présence sur place, si loin du pays et de leur famille. Comment aider les communautés locales lorsque celles-ci ne veulent pas d’eux. Pour les Afghans il n’y a pas de différence entre l’invasion russe des années 80 et l’arrivée américaine 20 ans plus tard. Le discours est intéressant mais aurait mérité un traitement plus approfondi de la part des scénaristes qui s’attardent essentiellement sur la vision de l’US Army.
La seconde partie du métrage va, une heure durant, chanter le courage des soldats face à l’attaque de leur poste avancé par les djihadistes acharnés. Ceux-ci ne sont que des silhouettes parmi d’autres, la réalisation de Rod Lurie (élevé au grain chez Dreamworks avec les pas mauvais Manipulations et Le dernier château avant de se faire manger par les productions TV) se concentre uniquement sur le point de vue américain. Il laisse une belle latitude de jeu à ses acteurs qui ne s’en sortent pas trop mal. Si le générique met en avant Orlando Bloom pour attirer le public, celui-ci disparait dès la première bobine. La part belle est donnée à Caleb Landry Jones (3 Billboards) et à Scott Eastwood (fils de) plus consistant qu’à l’accoutumée. A noter au passage qu’un autre « fils de » apparait au générique en la personne de Milo Gibson. Chacun aura le droit à son moment de bravoure évoluant au milieu d’une pyrotechnie convaincante plongeant le spectateur au cœur du chaos ambiant.
Ces assièges se révèleront n’être qu’une goutte d’eau dans un conflit sans fin, une plaie béante dans le cœur ricain comme le Vietnam en son temps. Manichéen, le film glorifie ses soldats sacrifiés au nom de la liberté. Le film, jusqu’au-boutiste se conclut par le témoignage des vrais survivants pour nous rappeler la véracité des faits. Il pourrait être sponsorisé par l’armée sans que l’on en soit surpris. C’est bon, le travail de mémoire est terminé, refermez la parenthèse !
Image
Un beau piqué mettant en valeur la profondeur de champ où le campement américain semble écrasé par les montagnes afghanes environnantes. De nombreuses séquences se passant de nuits, on aurait préféré avoir de meilleurs contrastes sur celles-ci pour mieux appréhender les situations nocturnes.
Son
Rien à redire niveau sonore. La seconde partie du film avec l’assaut afghan nous offre ses flots d’explosions et de détonations sans temps mort. De quoi tester votre installation.
Interactivité
Un seul bonus présent sur la galette. Il s’agit d’un making-of d’une demi-heure mettant en face à face les vrais protagonistes de l’histoire avec les acteurs qui les interprètent. Parfois émouvant, le sujet passe par la case obligée de l’hommage aux héros disparus.
Liste des bonus
Making of (30’).






