WOLF-MAN : INTÉGRALE T.1

The Astounding Wolf-Man #1-12 + Invincible #57 – Etats-Unis – 2007 / 2008
Genre : Fantastique, Action
Dessinateurs : Jason Howard, Ryan Ottley
Scénariste : Robert Kirkman
Nombre de pages : 300 pages
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 3 décembre 2025
LE PITCH
Gary Hampton, homme d’affaires en vue, est mordu par un loup-garou lors de vacances en famille. Malgré sa lycanthropie, Gary s’efforce d’utiliser ses pouvoirs pour le bien en devenant un super-héros. Après sa deuxième transformation, Gary reçoit la visite d’un inconnu qui lui dit qu’il peut l’aider à résoudre son problème. Tout chez lui suggère qu’il est un vampire…
Comic jusqu’au bout des griffes
Autrefois édité par Glénat, la maxi-série Wolf-Man est finalement revenue dans le giron de Delcourt. Rien de plus logique là-dedans puisque l’éditeur préside à la destinée de l’univers d’Invincible depuis ses débuts en France. L’occasion de lui offrir une ressortie au format intégral avec un joli logo Invincible Univers et un format qui permet de le ranger à côté des imposants volumes de la saga mère et de ses autres spin-of.
Malgré un planning « on ne peut plus » chargé composé de trois séries régulières (Walking Dead, Invincible et The Haunt), et la prise de poste en tant que nouveaux directeurs de publication chez Image, Robert Kirkman trouva le temps en cette deuxième moitié des années 2000 de se lancer dans une nouvelle publication : The Astounding Wolf-Man. Plus ou moins présenté comme une récréation par celui-ci, on a un peu de mal à voir ce qu’il y a de facile là-dedans, tant la figure du loup-garou a été mainte et mainte fois exploitée sous toutes ses formes, rabâchée et remâchée dans tous les sens, et qu’au passage la plupart de ses incarnations comics ont rapidement été oubliées (seul la mouture Marvel aura connu une petite heure de gloire). Mais c’est sans doute parce que le scénariste n’a aucunement envie de renouveler le genre ou de marquer l’histoire, simplement d’offrir une BD divertissante, qu’il réussit à trouver le ton juste et la bonne énergie. Et dans la longue liste des séries mineurs du bonhomme, gageons que Wolf-man est clairement l’une des plus réussies, mariant avec bonheur les origines horrifiques de la créatures (malédiction, copains vampires) avec les particularités d’un récit super-héroïque (costume, base secrètes, amis encapés un poil ridicules) tout en y injectant un soupçon de mythes totémiques, et ce, sans jamais ressembler à une bouillie indigeste.
Pics et puces
Cocréateur du personnage, le jeune illustrateur Jason Howard (Sea Bear & Grizzly Shark) y apporte d’ailleurs un ton très léger, très animé où les couleurs flashent et les posent dynamiques abondent. De la BD pop-corn totalement assumée, qui se permet même pendant deux épisodes un crossover endiablé avec le héros d’Invincible (donc un chapitre dessiné du coup par l’artiste historique Ryan Ottley) question de clarifier son attachement au même univers… et de gonfler encore la mise question action et révélations. Robert Kirkman s’amuse comme un petit fou avec sa série très marquée par la production comics des années 70/80, plus directes, moins bavardes et introspectives, mais impose aussi grâce à sa plume acérée un héros profondément tragique. Constamment motivé par de très bonnes intentions lui permettant de transformer sa lycanthropie et en super-pouvoir pour aider son prochain, Gary Hampton ne peut pas toujours résister à ses pulsions animales. Il voit surtout son équilibre familial et professionnel voler en éclat à cause de sa métamorphose miraculeuse et, c’est assez prévisible, trahi par son mentor vampire jusqu’au point fatal, avant d’être traqué pour un meurtre qu’il n’a pas commis.
L’essence même du mythe du Loup-garou (revoir La Malédiction du Loup-garou ou Wolfman) qui trouve ici un écho convaincant et, bizarrement, toujours fun. Une parenthèse dans l’univers Invincible mais qui n’a rien d’anecdotique.




