TARZAN ET LE JOURNAL DE JANE

The Diary of Jane, First Love – Etats-Unis – 1970 / 2023
Genre : Aventure
Dessinateur : Mike Royer
Scénariste : Mike Royer
Nombre de pages : 56 pages
Éditeur : Graph Zeppelin
Date de sortie : 20 novembre 2025
LE PITCH
Partis de Londres à bord de l’Arrow, le Professeur Porter, accompagné de son collègue Philander, de sa fille Jane et du jeune Lord Greystoke, sont victimes d’une mutinerie. Débarqués sur une côte africaine isolée, ils y découvrent une cabane abandonnée. Les squelettes des anciens occupants ne sont pas bon signe quant à leurs chances de survie… Néanmoins, un individu semble s’efforcer à aider les naufragés en leur apportant nourriture et assistance…
Histoire d’un journal perdu
Après avoir réédité en intégrale les strips de Russ Manning consacrés à Tarzan mais aussi la variante comics et la série sœur Korak, Graph Zeppelin propose aujourd’hui un authentique inédit : Le Journal de Jane. Une œuvre longtemps inachevée pour la première fois proposée en album… et c’est en France que ça se passe !
Retour dans les années 70 donc, à une époque où le mythique roi de la jungle est l’un des personnages les plus plébiscités des strips comics. Le style fort et dynamique de Russ Manning, les histoires feuilletonnesques inspirées des textes d’Edgard Rice Burrough, ravissent les lecteurs qui en demande toujours plus. D’où l’idée alors de créer une petite société de production, Burrough Publishing, afin de proposer du nouveau contenu, en particulier à destination des lucratifs marchés européens. Russ Manning aura la commande d’au moins quatre album inédits et d’autres collaborateurs, comme Mike Royer, viendrait à leur tour fournir des aventures supplémentaires. Le monsieur ne vient pas de nulle-part, il est justement l’encreur attitré du dessinateur star. Il est aussi le meilleur encreur qui ait travaillé sur les planches de Jack Kirby et reste une référence absolue en la matière. Il n’a cependant pas beaucoup de mal à accepter de délaisser quelques temps le travail d’encrage pour revenir à celui du dessin, et prend donc en main ce fameux Journal de Jane, prévu dès le départ comme un album d’une cinquantaine de pages qui re-raconterait les évènements connus du roman Tarzan of the Apes, mais par les yeux justement de Jane Porter. Une BD qui à cause de l’arrêt brusque de la petite société, était restée inachevée et oubliée et donc Mike Royer a fini par produire les dix dernières pages manquantes, en restant proche du style initial, et dont Graph Zeppelin à confié la colorisation à Reed Man.
Jane de la jungle
On retrouve donc la belle Jane, fille d’un riche explorateur, fiancée à un gentil lord (déjà) et qui à cause de vilains pirates va se retrouver avec ses compagnons sur la côte isolée d’une jungle africaine. Les multiples dangers sont bien entendu les même avec une panthère affamée, un gorille géant très mal intentionné (et limite lubrique), une tribu de cannibales avide de mets exotiques et quelques marins assassins, mais bien entendu un étrange homme blanc sauvage veille. On assiste alors aux atermoiements de la jolie blonde, à ses hésitations et l’explosion de ses désirs jusqu’au retour en Amérique qui sera bien entendu décisif. Une proposition forcément très rétro, qui dans le ton et la forme s’intègre parfaitement bien dans les épisodes classiques de Russ Manning, révélant quelques petits passages et épisodes finalement inédits en BD. Le ton est bien désuet et si Royer est effectivement un génie de l’encrage, ses dessins eux n’ont pas tout à fait la précision et l’impérialité de son mentor. On note aussi sans doute, comme le montre les planches brutes visibles dans la postface signée par l’auteur, que la colorisation numérique a tout de même bien affadi les contours des lignes et les jeux d’ombres.
Un voyage surprise dans le temps et une véritable curiosité pour les nombreux amateurs des aventures de Tarzan par Russ Manning et ses assistants. Graph Zeppelin complète ici la collection par un album proposé en première mondiale qui va forcément intriguer les connaisseurs et les adeptes de curiosités patrimoniales.



