FANG : À LA POURSUITE D’ALDAFAOR

Etats-Unis, France – 2025
Genre : Fantastique, Action
Dessinateur : Niko Henrichon
Scénariste : Joe Kelly
Nombre de pages : 56 pages
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
Date de sortie : 15 octobre 2025
LE PITCH
Dans un monde où cohabitent humains et animaux doués de parole, la renarde Fang s’est vu confier un lourd fardeau : combattre les démons qui prennent possession des êtres affaiblis aux âmes torturées. Elle peut maintenant compter sur le soutien de ses amis, le cerf Wei-Tzu et l’ours Rong, pour l’aider dans cette tâche et l’empêcher, en accomplissant sa mission, de se perdre elle-même. Ensemble, sauront-ils venir à bout d’un démon à mille têtes ?
Un démon après l’autre
Il aura fallu être patient pour mettre la main sur ce second tome des aventures de Fang. Quatre ans après le réussi Chasseuse de démons, la renarde combattante et magique, traque une nouvelle menace qui pèse sur la région mais elle n’est plus seule : Wei-Tzu et Rong se chamaillent pas loin derrière.
C’est que Fang au départ était présenté comme une héroïne solitaire, guerrière pas des plus aimables et uniquement vouée à sa mission destructrice. Pourfendeuse de démons sous toutes leurs formes, elle se retrouvait affublée à la fin du premier album de deux compagnons d’infortunes, qu’elle avait plus ou moins sauvé pendant son périple. La petite dynamique mise en place dans les dernières pages bat ici son plein puisque le cerf et l’ours, bien décidés à lui rendre la pareille, lui collent au basque entre deux disputes et une multitude de questions souvent gênantes. Définitivement connu pour sa réinterprétation du fameux Deadpool et une bonne pelleté de comics Marvel et DC, Joe Kelly retrouve son amour pour les dialogues gentiment décalés, l’humour à rebours (et parfois un peu lourd) mais qui cachent toujours une certaine tendresse pour ses personnages. Les trois protagonistes sont d’ailleurs toujours aussi attachants et sympathiques et donnent beaucoup de relief à un scénario qui se veut relativement prévisible dans sa construction.
La renarde à neuf queues
Seule vraie nouveauté ici, l’identité du Aldafaor du titre se couple avec la découverte d’une secte d’illuminés qui prêche la bonne parole à travers le pays. La BD en profite alors pour offrir quelques brèves réflexions sur l’obscurantisme et l’intolérance, le pouvoir destructeur des cultes aveugles, mais aussi pour révéler quelques bribes sur les véritables origines de Fang. Une véritable épreuve pour la renarde qui doit faire appel à ses plus grands pouvoirs, sans s’y perdre. Classique soit, mais loin d’être vide, A la poursuite d’Aldafaor poursuit solidement son exploration de cet univers mêlant humains et animaux anthropomorphiques, Fantasy et mythologie shinto et laisse certainement entendre que d’autres aventures pourraient nous attendre. Un peu triste de se dire qu’il s’agit peut-être là d’une fin qui restera ouverte puisque les rumeurs laissent entendre que Fang ferait partie des victimes de la réduction des investissements des Humanoïdes Associés aux USA. D’autant plus triste que l’artiste Niko Henrichon (Les Seigneurs de Bagdad, Méta-Baron…) nous délivre à nouveau de superbes planches entre BD, Comics et Manga. Elles profitent d’un excellent sens du rythme et du découpage, et offrent surtout une vraie personnalité à ce petite monde médiéval aux contours presque Disney, mais aux airs plus sombres, grâce en particulier à une colorisation à l’aquarelle délicieusement atmosphérique et légèrement crépusculaire. Rien que pour ça, Fang mériterait un troisième tome.


