DRAGON BALL FULL COLOR : LE ROI DÉMON PICCOLO T.2

Japon – 1988 / 2016
Genre : Aventure, Action
Dessinateur : Akira Toriyama
Scénariste : Akira Toriyama
Nombre de pages : 224 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 2 juillet 2025
LE PITCH
Désormais maître du monde, le roi démon Piccolo impose sa férule et son chaos à tous les habitants. La résistance s’organise néanmoins, avec un Ten Shin Han bien décidé à maîtriser la technique du mafuba et un Son Goku parti chercher le secours auprès de maître Karin. La confrontation pour le salut du monde approche à grands pas !
He Gotta Power
Glénat poursuit, et dans l’ordre, la publication de la version colorisée du manga culte Dragon Ball. Après la conclusion du temps de L’enfance de Goku c’est au tour de l’arc dit Le Roi démon Piccolo. Trois petits tomes seulement… mais après ça, plus rien ne sera comme avant.
Jusque-là même si les méchants et les combats étaient nombreux, ils mélangeaient allégrement arts martiaux fantastique et humour, dans un esprit bon enfant et joyeux, presque de conte déluré, qui faisait tout le charme de Goku et ses amis. La quête des 7 boules de cristal était d’ailleurs déjà devenu un alibi assurant de pouvoir faire revivre tout le monde à la moindre occasion grâce aux pouvoirs du dragon Shenron. Un héros encore gamin, plein d’espoir et de naïveté mais qui va désormais être confronté non pas à un vilain de pacotille rêvant de conquérir le monde pour faire grossir sa collection de culottes, mais bien à un être authentiquement cruel et sadique : Piccolo. Son arrivée se fait d’ailleurs par la mort de Krilin, amis de toujours, à l’issue du fameux Tenkaichi Budokai. Dès lors la tonalité se fait largement plus sombre, plus dramatique et plus douloureuse alors que les aliés tombent un à un, que Son Goku échoue et que Shenron est annihilé par Piccolo Daimô. Fin du premier tome…
Reste désormais le temps de la réparation (rapide) et de la revanche (beaucoup moins rapide). Retour à la tour de maitre Karin, découverte d’une essence de vie permettant de décupler la puissance de celui qui la bois (mais tous ceux qui ont essayé sont morts) et c’est le retour en force de Son Goku qui part prêter main-forte à un Ten Shin Han courageux mais définitivement dépassé, pour un combat épique et démesuré qui va atteindre allègrement les 120 pages !
No More Mister Nice Guy
Du jamais vu ou presque, qui fait parfaitement prendre la mesure des enjeux et le changement d’échelle définitif du manga. Au-delà de la symbolique pivot de cet épisode resté dans les mémoires des fans de Dragon Ball, Akira Toriyama s’affirme à chaque planche comme un véritable maitre du shonen, maniant avec talent la montée en pression de l’affrontement, multipliant les revirements de pages en pages, et imposant définitivement Goku comme un monstre de puissance qui finira ni plus ni moins que par transpercer son adversaire de part en part. Le découpage est d’une maitrise absolue et le style de l’artiste est à ce point parfait entre la rondeur des débuts et l’énergie plus nerveuse à venir, sans tomber encore dans les excès anguleux.
Superbe, et admirablement mis en valeur par la colorisation moderne de cette édition sortie au Japon il y a déjà dix ans. Sans effets numériques trop visibles, sans dégradés trop marqués, le travail de modernisation respecte à la lettre l’univers de Toriyama et son trait qui pousse à l’aplat. Le choix des teintes est toujours bien senti et vient considérablement appuyer la puissance des coups et pouvoirs utilisés. Une vraie réussite dont on profite qui plus est en France au même format large que l’édition Perfect, là où les Japonais doivent se contenter du format poche.
Les puristes ont déjà fait leur choix depuis longtemps, mais les nouveaux lecteurs peuvent difficilement découvrir ces épisodes fondateurs dans de meilleurs conditions qu’ici.




