CALL OF DUTY - BLACK OPS
Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »Image plateforme « PC »
Image de « Call of Duty - Black Ops »
Genre : Guerre
Musique : Divers
Développeur : Treyarch
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : Activision
Date de sortie : 9 novembre 2010
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Call of Duty - Black Ops »
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LE PITCH
Emprisonné, torturé et soumis à un étrange interrogatoire, Mason, membre des services secrets américains, doit se remémorer dans la douleur ses faits d'arme les plus marquants, d'une virée en pleine Baie des cochons à une enquête hongkongaise en passant par les murs du Pentagone et les rizières vietnamiennes...
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Opération chirurgicale

Le savoir-faire vidéoludique d'Infinity Ward était entré, sur Modern Warfare 2, en conflit avec une tonalité politique douteuse, parfois au bord du cynisme (remember le niveau de l'aéroport). Treyarch, studio responsable de Call of Duty 3 et World at War, aurait pu tenter d'émuler son aîné. Il aura préféré, au contraire, renouveler de fond en comble l'imagerie et les enjeux de la saga, avec ce Black Ops étonnamment réussi.

 

Cynique, on l'a été plus d'une fois à l'égard de Treyarch, le profond manque d'imagination et le spectacle mollement mené de CoD3 et World at War semblant destiner à jamais le studio de développement à un labeur de transition. On devine aujourd'hui, à en juger par l'inventivité exaltée de Black Ops, les restrictions imposées jadis par Activision, éditeur et grand ordonnateur de la franchise, désireux de capitaliser jusqu'au dernier sou sur les arguments premiers de la série (en gros : un FPS bourrin et direct dans un contexte de Seconde Guerre Mondiale). Pas de restrictions dans Black Ops mais plutôt un jusqu'au-boutisme digne d'un jeu Valve (on peut d'ailleurs manier ici l'arbalette d'Half Life... Un hasard, vraiment ?) : commençant sur les chapeaux de roue, par l'entremise de flashbacks forcés (ligoté sur une chaise électrique par de mystérieux preneurs d'otages, le héros doit se souvenir de son périple ; des cutscenes à l'ambiance très « Saw » viendront régulièrement ponctuer les missions, laissant envisager une fin bien malheureuse au récit), le jeu affiche un bouillonnement d'idées inattendu ; un torrent créatif qu'un barrage aurait contenu trop longtemps. Une séquence d'évasion d'un Goulag laisse entrevoir la précision du Level Design, notamment lorsqu'accompagnés de renégats communistes faisant eux aussi le mur, l'on doit pousser un wagon jusqu'au mur d'enceinte, du haut duquel une armée de mâtons déversent copieusement leurs chargeurs. Une scène mémorable, portée par une atmosphère de chaos rarement vue dans un jeu vidéo, pourtant bien en deçà de ce qui va suivre.

 

La Chevauchée des Walkyries

 

Généreux, Black Ops l'est à plus d'un titre. Dans ses rares mais superbes scènes d'exposition déjà, par exemple lorsque Mason traverse, escorté par ses chefs, les couloirs bondés du Pentagone version sixties (attention, niveau de détail HALLUCINANT) pour se retrouver nez-à-nez avec John F. Kennedy. Dans ses morceaux de bravoure ensuite, qui à l'instar du récent James Bond 007 Blood Stone s'efforcent de redéfinir la scénographie et le gameplay d'un chapitre à l'autre. On n'a, de fait, rarement l'impression de faire deux fois la même chose dans Black Ops : infiltration incognito dans une base russe, flingage de vilains au ralenti, destruction d'une fusée en plein décollage, combat contre des tanks, poursuite à moto, zigzag en pleine guérilla urbaine, soutien aérien, duel de snipers, course à pied sur les toits de Hong-Kong (un pistolet dans chaque main, notez le clin d'oeil)... De cette liste non exhaustive, il convient d'éclairer deux instants épiques. Le premier, un assaut de l'infanterie vietnamienne sur une base américaine, compte sans doute parmi les plus grands déploiements de force de l'histoire du jeu vidéo, à égalité avec le dernier niveau de Gears of War 2, et donne comme rarement le sentiment d'être plongé au beau milieu d'une guerre totale. Le second, une virée en hélicoptère à la Apocalypse Now jouissant d'une jouabilité aux petits oignons, semble uniquement pensé pour le plaisir du joueur. Un cadeau en forme d'exutoire en somme, là où Modern Warfare 2 nous demandait d'abattre des centaines de civils pour infiltrer un groupe de terroristes qu'on aurait pu tuer de quelques balles cinq minutes auparavant. Entre ces deux "appels du devoir", inutile de vous dire qu'on a choisi notre camp !

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

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Bâti sur le même moteur graphique que Modern Warfare premier du nom, Black Ops ne change guère la donne d'un point de vue graphique. Les textures, en particulier, sont toujours déficiantes, avec très peu de relief et des pâtés de pixels parfois réellement disgracieux. Les visages, loin d'être aussi expressifs que ceux de Enslaved ou Vanquish, sont également pauvres en détail et des bugs de collision interviennent régulièrement. Heureusement, le Level Design est prodigieux, avec un espace de jeu parfaitement géré et riche en chemins annexes en dépit de la nature scriptée de l'aventure (la première bataille au Vietnam propose par exemple une infinité de scénarii possibles malgré le "rail"). La direction artistique est elle aussi de haute volée, avec des ambiances superbement retranscrites (la cavalcade sur les toits de Hong-Kong vaut son pesant d'or, de même que l'évasion du Goulag). Plutôt portée sur le Hard Rock, la BO sait par moments capter le son des sixties, notamment lors de l'arrivée d'un hélicoptère dont la radio diffuse les Doors, ou quelque titre approchant. La jouabilité est en tout point identique à celle des précédents opus, de même que les modes multijoueurs, accessibles à 18 personnes simultanément. De grandes batailles en perspective, servies par des serveurs stables et des adversaires potentiels par centaines de milliers, compte tenu du succès déjà phénoménal du titre. A noter enfin que le mode Zombie de World at War refait une apparition, le joueur se retrouvant propulsé une nouvelle fois en pleine Seconde Guerre Mondiale, dans un manoir hanté de la Wermacht. En solo ou à plusieurs, ça colle des frissons dans le dos, et c'est une alternative certes inférieure mais tout à fait convenable à Left 4 Dead ou Undead Nightmare.

 
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