NEO : THE WORLD ENDS WITH YOU
Japon - 2021
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « Neo : The World Ends With You »
Genre : RPG
Musique : Takeharu Ishimoto
Développeur : Square-Enix
Durée : élevée
Langue : Anglais et japonais (voix), français (textes)
Distributeur : Square-Enix
Date de sortie : 27 juillet 2021
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Neo : The World Ends With You »
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site officiel
LE PITCH
C'était un jour comme les autres à Shibuya... Du moins, c'est ce que croyait Rindo jusqu'à ce qu'il se retrouve en possession d'un mystérieux badge et se voie contraint de participer au fameux « Jeu des Reapers »...
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La hype de Shibuya

Parmi les nombreuses - et souvent juteuses - licences de Square-Enix, au milieu des mastodontes Final Fantasy et autres Dragon Quest, l'une d'entre elles peinait à exister, malgré un succès critique public pour son premier volet : The World Ends With You. Une sortie un peu surprise sur Nintendo DS en 2007, puis des ressorties sur supports mobiles en 2012 et 2014, mais pas d'annonce de suite ou de nouvel épisode à sa mettre sous la dent. Ça vivotait tranquillement, même avec la version Final Remix sortie fin 2018 sur Switch. Et pourtant, en 2020, une double annonce : un anime adaptant le jeu, et une suite, l'un et l'autre prévus pour 2021.

Reprenant le cadre DU quartier où le style est tout à Tokyo, Shibuya, et du mystérieux « Reaper's Game » dans lequel sont plongés les personnages principaux, cet épisode NEO s'apprécie sans souci sans préconnaissance de l'univers. Même si les experts du premier volet prendront un évident plaisir à retrouver des personnages et des enjeux qu'ils connaissent, que certaines références pourront rester obscures aux néophytes, les personnages principaux étant tout autant dans le noir que le joueur de ce qui les entoure et de ce qui leur arrive, le tout reste tout à fait abordable. Les héros s'y découvrent « Joueurs » invisibles aux yeux de la population ignorante de ce qui se trame, et doivent accomplir des défis variés tout au long d'une semaine pour avoir le droit de sortir de cet enfer... mais aussi échapper à l'annihilation pure et simple. Ainsi, le jeu se révèle particulièrement didactique sur son univers, mais aussi particulièrement bavard. Malgré une mise en scène dynamique dans sa simplicité (écrans fixes mais aux effets de mise en scène très BD), on trouve parfois le temps un peu long devant une intrigue certes très bien écrite, et remplie des habituels personnages mystérieux, secrets d'alcôve et rebondissements inattendus qui accompagnent souvent les jeux bénéficiant de la patte Nomura ; évidemment au sommet de son art dans les designs, s'en donnant à cœur-joie avec des personnages aux looks improbables, et plus encore dans les illustrations des multiples tenues que les personnages peuvent équiper afin d'améliorer leurs stats.

 

qualité de vie


Ces tenues (tout de même plus de 300 pièces à collectionner) ne sont qu'une partie des nombreux éléments que le jeu invite à réunir, CD des musiques, livres, nourritures mangées, et surtout les badges, éléments au cœur du gameplay. Et tout cela est géré à travers une interface et une ergonomie qui mettent la qualité de l'expérience utilisateur au cœur des préoccupations : listes complètes des objets à collectionner, compendium des monstres avec taux de « drop » des badges que l'on peut récupérer en les tuant, rappel des quêtes annexes, possibilité de rejouer n'importe quel chapitre. Et cela s'étend aussi au niveau des aménagements de gameplay : plusieurs difficultés (que l'on débloque au cours de la partie), mais aussi la possibilité de baisser le niveau de son équipe pour maximiser les % de drop en combat ; si le complétionniste devra passer par toutes les difficultés pour pouvoir compléter les compendiums, le joueur occasionnel ou souhaitant simplement profiter de l'histoire pourra traverser le jeu sans trop de peine - certes en passant à côté d'une partie des richesses et des subtilités du gameplay. Le jeu fourmille ainsi d'idées astucieuses, débloquant les complexités de son système au fil des chapitres et des possibilités de monter en puissance au fil d'un vaste organigramme des personnages du jeu que l'on complète au cours de l'aventure... Et fort heureusement, tant le système de combat peut paraître à première vue difficile à appréhender, chaque badge (parmi un choix de plus de 300) équipé à un personnage étant lié à une touche. Il faut réussir à gérer le timing, presque la « musicalité » des tempos pour que les attaques soient optimales, mais aussi à déplacer les personnages - en notant qu'on ne contrôle effectivement que le dernier personnage dont on a activé le badge - et à gérer les esquives des attaques ennemies. Un côté un peu écrasant au début, qui paraît extrêmement brouillon, mais qui prend au final sens assez rapidement, et dévoile une subtilité plus importante qu'il n'y paraît ; si l'on regrettera chez certains ennemis un côté « banque à PV » rallongeant inutilement les combats, on ne regrettera aucunement le talent de caméléon demandé sur le The World Ends With You sur DS, lequel nécessitait de gérer les deux écrans de la console en même temps...

 

Un shubiya vivant et vibrant


De son côté, si le terrain de jeu est un peu petit, les différentes zones de Shibuya sont vibrantes de vie, mises en scène avec des perspectives un peu folles, et l'on prend un vrai plaisir à en parcourir les rues au rythme des musiques de Takeharu Ishimoto, entre remix et reprises du premier volet, et nouveaux morceaux obsédants à souhait. Si l'ensemble souffre un peu au niveau des temps de chargement, le frame rate sur PS4 tient tout à fait la route, et l'on ne déplore, malgré des effets dans tous les sens en combat, aucun ralentissement notable.
Se posant à la fois en ancêtre et en héritier de l'approche hype, mode et moderne de jeux à la Persona 3 à 5, ce NEO: TWEWY propose une expérience beaucoup plus riche que le statut de la série ne le laissait penser. On ne fait pas face à un « jeu mineur », mais réellement à un jeu ambitieux, qui souffre malheureusement d'un vrai ventre mou en son milieu, la durée de vie de la simple traversée normale de l'aventure étant probablement un peu trop gourmande. Les circonvolutions scénaristiques parfois incessantes font pester et regretter une approche un peu plus directe, n'étirant pas plus que de raison des situations qui auraient mérité une densité narrative plus importante pour se révéler plus marquantes et frappantes. Mais pas de quoi bouder son plaisir devant une très belle expérience ludique, calibrée autour d'une vraie volonté de confort pour le joueur, à la fois dilettante et acharné (pour lequel un post-game bien touffu viendra proposer un défi à la hauteur de ses espérances), dans un cadre moderne encore peu exploré dans le domaine du RPG, et une direction artistique flamboyante de bout en bout !

Dimitri Pawlowski












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