SPLINTER CELL CONVICTION
France / Québec - 2010
Image plateforme « Xbox 360 »Image plateforme « PC »
Image de « Splinter Cell Conviction »
Genre : Thriller
Musique : Divers
Développeur : Ubisoft Montréal
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : Ubisoft
Date de sortie : 7 avril 2010
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Splinter Cell Conviction »
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LE PITCH
Abandonné par le gouvernement américain, Sam Fisher tente de retrouver par ses propres moyens l’assassin de sa fille. Le chemin va être long, sanglant et particulièrement sinueux…
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The Fisher Identity

Priez pour nous pauvres pêcheurs (hum hum), Sam Fisher vient une nouvelle fois jouer les redresseurs de tort. Sa cinquième aventure, blockbuster ambitieux chapeauté par les savants limiers d'Ubisoft Montréal (Prince of Persia, Assassin's Creed), change légèrement la donne d'un point de vue scénaristique pour mieux retrouver la force du gameplay de l'épisode originel.

 

Sam Fisher est donc de retour, et il n'est pas content. « Cette fois, c'est personnel », ose même préciser le dossier de presse, usant là d'une formule digne de l'époque bénite du Contrat et de Commando. Déjà largement criminalisé dans Double Agent, Fisher agit ici en marge du gouvernement, et doit régulièrement subir les assauts de ses anciens frères. L'argument est classique mais non moins bienvenu, permettant d'insuffler une vraie identité à un personnage qui, il y a quelques années encore, se résumait à un simple archétype de cinéma d'espionnage. D'outil narratif taillé dans le roc, Fisher devient un homme à part entière et accède enfin à de vraies motivations, exposées en partie dans un flashback interactif de toute beauté. La mort de sa fille justifie même l'une des principales nouveautés du Game Design : des phases d'interrogatoires musclées (mais non complaisantes) à quelques encablures du système de combat de l'excellent La Mémoire dans la peau de Vivendi Games.

 

La Vengeance dans la peau

 

Il y a, coïncidence ou non, un indéniable côté Bourne dans la manière dont Ubisoft Montréal déroule ici son suspense. Réalisées avec le moteur du jeu et se greffant sans coupure dans les phases interactives, les cinématiques vont jusqu'à emprunter la frénésie filmique de Paul Greengrass (caméra tremblante, décadrages soudains, flous parasites, etc.), style adapté avec une certaine maîtrise à une logique de plans-séquences. Pensé pour être sur le qui-vive, Conviction évite ainsi les ellipses comme la peste, appelant le joueur à apprécier chaque image comme s'il s'agissait de la dernière. Le rythme du gameplay souligne cette direction, en projetant les objectifs à atteindre et diverses informations cruciales (des flashbacks mettant en scène la fille de Fisher, des portraits de personnages secondaires) directement sur les parois du décor. Le menu de pause avec cartes et instructions, généralement utilisé comme sas de décompression pour le joueur, n'a ici plus lieu d'être, et l'on peut dès lors de focaliser beaucoup plus intensément sur les phases de jeu proprement dites. Phases de jeu qui, sans chambouler les règles de la série, proposent suffisamment de manœuvres potentielles (attaque frontale, infiltration par les côtés ou les toits, gestion des zones d'ombre, diversions multiples) pour convaincre le fan. Peut-être un peu plus porté sur l'action qu'autrefois, et n'hésitant pas à mettre en scène quelques gunfights homériques (et, ce qui ne gâche rien, constamment lisibles), Splinter Cell Conviction perpétue avec dynamisme et ingéniosité les aventures vidéoludiques de Sam Fisher. Et au vu du charisme bondien du bonhomme, on présume qu'elles ne sont pas près de prendre fin...

Alexandre Poncet

 

 

 

 

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D'un point de vue graphique, Splinter Cell a clairement perdu de sa spécificité en cédant aux sirènes de l'Unreal Engine 3, le moteur graphique le plus en vogue sur consoles New Gen. Bien que bénéficiant des qualités indéboulonnables du monstre technologique d'Epic Games, dont un framerate n'accusant pas le moindre ralentissement, quelque soit l'intensité de l'action, les effets de lumière, halos autour des personnages, flous artistiques et motion blur donnent dans le déjà-vu. Rien de grave cependant (au pire, on dénoncera quelques textures grossières et un aliasing un peu trop prononcé), puisque l'équipe de Ubisoft Montréal s'est efforcée de préserver l'essence visuelle de la série, avec des modélisations de personnages et de décors ultra-réalistes, une animation crédible alliant la pesanteur et la souplesse, et des jeux d'ombres servant directement le gameplay. Pourvu d'une bande originale efficace mais discrète (on est loin des trompettes et des synthés du staff de Hans Zimmer sur les Modern Warfare) et d'un doublage fidèle au cahier des charges de la série (Fisher s'exprime toujours avec la voix française d'Arnold), Conviction est une entreprise propre, soignée, qui préfère ne pas en mettre plein les mirettes dès les premiers écrans affichés pour mieux convaincre sur la durée.

 
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