BAYONETTA
Japon - 2010
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »
Image de « Bayonetta »
Genre : Beat'em all
Musique : Divers
Développeur : Platinum Games
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : SEGA
Date de sortie : 8 janvier 2010
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Bayonetta »
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site officiel
LE PITCH
Sorcière aux pouvoirs sans limites, Bayonetta lutte contre des hordes de démons, non sans laisser entrevoir ses nombreux atouts féminins à la première occasion...
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Voir sous les jupes des filles

En mésentente avec les dirigeants de Capcom, le créateur de Devil May Cry, accessoirement auteur de Resident Evil 2, Viewtiful Joe et Okami, Hideki Kamiya donc, est parti fonder avec quelques confrères (dont Shinji Mikami) le studio Platinum Games. Après un MadWorld controversé, mais non moins ambitieux, le bonhomme nous livre un nouveau beat'em all dont il a le secret : Bayonetta.

 

La personnalité de ses instigateurs saute aux yeux dès les premières secondes de Bayonetta, tandis qu'une vague introduction commentée en voix off plonge d'emblée le joueur dans un véritable foutoir guerrier. Au même rythme que l'on sera amené à s'acclimater avec les richesses insoupçonnées du gameplay (aux pressions de boutons hasardeuses succèderont quelques vraies phases de tutorial, puis des temps de chargement permettant de tester à l'envi les nombreux combos), les clins d'œil aux précédents titres des auteurs s'enchaînent généreusement. Les cinématiques jouent la carte de la vieille pellicule, façon Viewtiful Joe, les écrans de sauvegardes s'accompagnent d'un piano éthéré tout droit sorti de Resident Evil 2, et des intermèdes entre les différents chapitres donnent lieu à un étonnant shoot'em up arcade, hérité directement du catalogue 80's de Capcom. Même Sega, éditeur du soft, a droit à son hommage à travers des interludes cartographiques tout droit sortis de Golden Axe ! Avant même d'imposer un univers original, Bayonetta se veut ainsi un jeu d'action post-moderne, synthétisant les avancées ergonomiques du genre sur les trente dernières années tout en commentant quasiment à haute voix son essence ludique. Tout, dans le jeu de Kamiya, semble d'ailleurs pencher vers la trivialité la plus pure, le second degré, la frénésie de l'instant. Impossible de prendre au sérieux cette histoire de sorcière pourfendeuse des Forces du Mal, autour de laquelle gravitent un mafieux gouailleur, une petite fille innocente et une rivale tout aussi puissante. Avec son argument scénaristique abracadabrant, Bayonetta force consciemment un recul amusé, voire hilare, que vient compenser une mise en forme à tomber à la renverse.

 

Panoplie guerrière

 

Tout post-moderne soit-il, Bayonetta force le respect dans son genre, et tendrait même à porter le Beat'Em All à sa pleine maturité, après les exploits déjà marquants de la série Devil May Cry. Alliant les prouesses physiques aux pirouettes les plus délicieusement ridicules (voir ces talons aiguilles géants qui viennent s'écraser sur les adversaires, ou ces invocations de gloutons géants permettant de se débarrasser des boss les plus imposants), les innombrables phases de combat parviennent à raffiner, derrière une apparente illisibilité (la rétine parvient à s'adapter au bout d'un quart-d'heure), les mécanismes de DMC. Les bases restent inchangées : un bouton pour les armes à feu, un pout les attaques faibles, un pour les attaques puissantes, un pour le saut et une gâchette pour les esquives, qui avec le timing adéquat lancent un sort sur les opposants (comprendre : un effet de Bullet Time). La précision au quart de millimètre de l'ensemble tient toutefois de l'inédit, les auteurs n'hésitant pas qui plus est à user d'un décor en perpétuelle mouvement, s'effondrant sous les pas de l'héroïne, tournoyant sur lui-même ou révélant ses pièges au tout dernier moment. Ode au réflexe, au défouloir structuré et à la tatane élégante, Bayonetta se parcourt avec une gourmandise sans cesse renouvelée, alternant à une cadence virtuose les phases de plates-formes, d'énigmes et d'affrontements maousses costauds. Un véritable bonheur de (méta-)jeu vidéo, dont on espère sincèrement qu'il ne restera pas longtemps sans suite.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

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Si le jeu ne peut prétendre concurrencer techniquement les mastodontes de la New Gen, Gears of War 2, Killzone 2 et God of War 3 en tête, Bayonetta n'a certainement pas à rougir face à son challenger direct : Devil May Cry 4 de Capcom. Si le Level Design des deux titres est indéniablement similaire, le second se présentant sans complexe comme un rip-off du premier, Bayonetta a clairement l'avantage des armes, avec des décors plus fouillés, des ennemis mieux modélisés et surtout une animation constamment fluide en dépit de ses sursauts hystériques. L'esthétique érotico-kitsch de l'ensemble n'est pas non plus pour nous déplaire, les pouvoirs maousses mis à disposition du joueur ayant pour effet secondaire de dénuder, ne serait-ce que pour quelques secondes, la belle héroïne. On regrettera seulement, comme évoqué plus haut, l'aspect brouillon de certains combats, l'avalanche de coups spéciaux et de combos ne facilitant pas toujours la lisibilité de l'action.

 
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