CHILD OF LIGHT
France / Canada - 2014
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Genre : RPG
Musique : Béatrice Martin
Développeur : Ubisoft Montréal
Durée : faible
Langue : Français
Distributeur : Ubisoft
Date de sortie : 2 juillet 2014
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Child of Light »
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site officiel
LE PITCH
La Reine Noire a volé le soleil, la lune et les étoiles. Incarnez Aurora, une jeune princesse au cœur pur dont l’âme vient de rejoindre le royaume de Lemuria, dans sa quête pour retrouver les trois sources de lumière volées. Avec l'aide de la luciole Igniculus, des Capillis et de nombreux autres alliés, explorez le royaume de Lemuria, résolvez ses nombreuses énigmes et combattez les terribles créatures du Royaume pour vaincre la Reine Noire.
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La dormeuse

Et si le meilleur RPG Japonais de ces dernières années était tout simplement un jeu occidental ? Disponible en téléchargement sur toutes les machines du moment et en cartouche uniquement sur PS Vita, Child of Light frère lointain de Ni No Kuni, ravive une certaine formule magique en dosant minutieusement ses ingrédients.

Pour les grands amateurs de RPG à l'ancienne, peinant dans la multitude d'Action-RPG et de grosses productions boursouflées (Final Fantasy XIII et ses suites pour ne pas les nommer), la quête de nouveaux softs mènent souvent vers quelques petits studios nippons, des portages plus ou moins habiles et parfois tout de même vers quelques contrées étranges et inattendues. En effet, comment se douter que pour combler le vide béant des productions purement RPG en cette année 2014, Ubisoft Montréal allait livrer l'un des plus brillants hommages qui soit à un genre dont les combats au tour par tour sont malheureusement considérés has-been. Et l'éditeur Franco-canadien a clairement tout fait pour que l'entreprise réussisse puisqu'après avoir explosé la rétine des joueurs avec les deux derniers Rayman, le moteur graphique UbiArt Framework offre une fois encore une patine somptueuse à ce nouveau titre, combinant des traits de personnages et créatures directement issus d'illustrations de livres pour enfants, tandis que les décors, délicats, duveteux, s'imposent comme des aquarelles d'une grande profondeur. A cela s'ajoute moult petits détails, vibrants, bougeant discrètement à l'instar des comportements de la petite princesse, si gracieuse lorsqu'elle s'envole et adorable qu'en le poid de son épée la fait trébucher. Bienvenue dans Child of Light donc, conte de fée mélancolique où résonnent les compositions aériennes d'une certaine Béatrice Martin, alias Cœur de Pirate, caressant les touches du piano comme des gouttes de pluie. Pas d'accélération nerveuse ici, de grandes envolées épiques, la dizaine d'heure qui compose le jeu se parcourt certes avec une certaine torpeur, mais qui justement véhicule cette notion de songe, de quêtes initiatique entre rêverie et cauchemar dont toutes les différentes branches de la direction artistique se montrent d'une cohésion et d'une logique exemplaire... jusque dans les dialogues en vers.

 

off to sleep


Certains y ont déjà critiqué une grande simplicité (les plus costauds opteront directement pour le mode « difficile »), des phases d'explorations avec un découpage des niveaux en  jeu de plateformes aux caches et passages trop évidents, où une multitude d'option faites pour faciliter le parcours (gemmes, items, lucioles rendant vie et magie... toujours en grand nombre), mais finalement Child of Light n'a jamais la prétention d'être un immense RPG aux ramifications tentaculaires. Le petit bijou d'Ubisoft Montréal est plus simplement une réminiscence des grands titres de l'âge d'or du genre, reprenant chez les premiers Final Fantasy leur poésie désenchanté, chez Dragon Quest son classicisme forcené dans l'arborescence et le découpage, chez Grandia un gameplay semi-dynamique. Présentes à l'écran, le moindre contact avec les créatures ennemies emmène donc le joueur dans une arène vue de profile où se placeront au maximum deux alliés et trois ennemis. Les premiers sont interchangeables sans perdre de temps d'action en sélectionnant parmi la petite dizaine de camarades à découvrir au cours du voyage, et chacun est (malgré un arbre d'habilité très légèrement personnalisable) spécialiste de l'attaque, de la magie, de la protection ou des boost. De quoi rendre les combats assez variés et stratégiques, surtout que ces face-à-face reposent sur une jauge d'action où une fois la commande choisie, l'adversaire peut stopper net sa préparation par une simple attaque, renvoyant le personnage en bout de file. Tout le sel des combats est là avec une action "défense" qui permet de reculer pour mieux sauter, des magies d'accélération qui renversent la balance et une petite Igniculus (l'élémentaire de lumière) qui grâce au pad droit peut venir perturber une créature des ombres. De bonnes idées, un peu trop tempérées par une difficulté peu stressante, mais qui n'ont pas vraiment le temps de lasser le joueur puisque le jeu est court, resserré, ne se perdant pas dans des quêtes annexes poussives ou une collection d'artefacts et d'armes ultimes en remplissage.

Child of Light va à l'essentiel, se concentrant sur la destinée de sa petite princesse qui file en volant vers son destin de reine et de femme, faisant traverser à un joueur souvent émerveillé des forêts enchantées, des grottes oubliées, des continents flottants ou des villages de rongeurs commerçants, rendant ce petit monde aussi touchant qu'attachant.

Nathanaël Bouton-Drouard












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L'UbiArt Frameworks est une petite machine à miracles et démontre une fois encore, après Rayman Origins et Rayman Legends, toute la démesure de ses talents, en offrant un paysage visuel enchanteur, entre les textures peintes, les designs graciles et les animations savoureuses qui habillent ce Child of Light d'une robe vaporeuse et légère. Tout y est proche de la perfection, jamais très loin de cette sensation d'un dessin animé interactif bourré de détails et d'une atmosphère en clair obscure proche des peintures préraphaélites (citant d'ailleurs le Ophélia de John Everett Millais). En termes d'habillage, les menus et commandes sont toujours intuitifs et clairs, la bande originale cristalline, rendant l'expérience particulièrement agréable. Très équivalentes les différentes versions travaillent un même soin profitant pleinement de la restitution HD, même si les regards plus pointilleux remarqueront certainement une très légère simplification sur la version PS Vita.

 
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