GOD OF WAR : ASCENSION
Etats-Unis / Japon - 2013
Image plateforme « Playstation 3 »
Image de « God of War : Ascension »
Genre : Beat'em all
Musique : Tyler Bates
Développeur : SCE Santa Monica
Durée : faible
Langue : Français
Distributeur : Sony
Date de sortie : 13 mars 2013
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « God of War : Ascension »
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site officiel
LE PITCH
Puni par les dieux pour avoir brisé son pacte avec Arès, qui l'a manipulé pour qu'il tue sa propre famille, Kratos est torturé par les trois Furies. Alors qu'il se libère, il va chercher le moyen d'obtenir la rédemption qu'il cherche tant : le pardon des Dieux et l'oubli des souvenirs de ses massacres.
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This is Kratos !

Après avoir conclu sa saga de la manière la plus épique qui soit, Sony revient à la charge avec un nouvel épisode de God Of War, qui se révèle finalement bien loin d'être la suite légitime de God of war 3, aussi bien du point de vue de l'histoire, que du point de vue qualitatif, tant le jeu se révèle plus d'une fois soporifique et bien peu inspiré.

 

Voilà maintenant plus de six épisodes, depuis la PS2 et si l'on compte les opus sortis sur PSP, que Sony tire sur la licence God of war. Le premier épisode, en son temps, avait révolutionné le genre du Beat'em all, en créant un des héros les plus charismatique jamais réalisé au cœur d'un récit violent, particulièrement bien écrit et articulé autour d'une mise en scène à couper le souffle (voir l'introduction avec le « kraken »). Et depuis lors, la série n'avait jamais réellement évoluée si ce n'est pour creuser l'histoire de ce personnage dans des suites bigger than life, plus noires et immorales que jamais, développant un univers riche et particulièrement jouissif, avant de se clore en beauté avec le magistral troisième épisode. Avec la sortie de ce God of War Ascension, on était alors en droit de s'interroger sur la légitimité de ce nouvel épisode et sur les intentions réelles de Sony, autre que celles de tirer une toute dernière fois sur la corde de cette licence à succès et donc génératrice de profits, avant la fin de cette génération de console. Préquelle à la licence, ce nouvel opus offre ainsi à l'univers déjà bien fourni du jeu de nouveaux méchants, « Les Furies », structurant son intrigue autour d'elles, du serment à Ares qui scella le destin de Kratos et du complot dont il est victime depuis sa venue au monde. Toutefois, cet apport se révèle très vite rachitique, surtout pour un jeu censé relancer la licence, et laisse immédiatement entrevoir l'étrange et désagréable impression de déjà vue qui nous accompagne tout au long de l'aventure. Si l'introduction de ces nouveaux personnages semble au début alimenter encore un peu l'univers du jeu articulé autour d'une mythologie quasi-inépuisable, celle de la mythologie gréco-romaine, le jeu ne propose finalement qu'une expérience desséchée, en manque d'inspiration, mais surtout dénué de l'ambition des premiers opus, comme un morceau de beurre que l'on aurait étiré sur une tartine trop grande.

 

les vacances de kratos

 

La faute relève ainsi principalement de l'intrigue aussi poussive qu'inintéressante qui, outre sa construction en flashback bancale et saccageant le rythme de l'aventure, oblige ici notre héros à arpenter un très petit nombre de lieux, sans grande cohérence les uns avec les autres, pour au final s'apercevoir que le but de cette aventure était de légitimer la violence et la méchanceté d'un personnage qui a toujours était construit comme un monstre vengeur et avide de pouvoir. En voilà une bien vile pratique ! Et malheureusement, le manque d'inspiration des développeurs sur ce nouvel épisode a vite fait de contaminer tous les secteurs du jeu. Le point le plus frappant est d'ailleurs le manque de variété des décors et leur redondance, que ce soit en termes de design et d'ambiance, avec ceux des précédents opus. Réellement structurée autour de seulement deux ou trois « lieux » (la montagne de l'oracle, la prison des Furies et la statue d'Apollon), certes très détaillés et labyrinthiques, des villages de sable jusqu'aux décors côtiers, en passant par les éternelle grande salles de machines, ce voyage s'apparente davantage à une traversée au cœur d'un patchwork des mondes proposés dans les épisodes précédents qu'à une nouvelle expérience dépaysante. D'autant que ces décors se révèlent beaucoup trop vide, sans vie et terni par une mise en scène manquant cruellement de profondeur de champ (normalement le point fort de la saga), ne donnant jamais véritablement l'impression de mener une bataille colossale au rythme épique dans un monde vivant, même si les quelques séquences sur les serpents géants  offrent des perspectives rarement osées dans un jeu vidéo. On remercie toutefois grandement les développeurs de ne pas nous avoir conviés dans cet opus à un énième et barbant détour par les enfers, niveaux gimmick de la saga qui commençait à sérieusement sentir le réchauffé. Pour redresser la barre il faut alors se contenter de quelques séquences de glisses plutôt sympathiques mais surexploitées, assez répétitives et affichant de sérieux problèmes de caméra, mais aussi et surtout du rythme effrénée de l'aventure et du combat contre deux boss particulièrement inspirés et bénéficiant de mise en scène dantesque, où les réflexes du joueur seront mis à rude épreuves via de nombreux QTE, sans compter le  grand nombre de combats à chaque nouvelle pièces.

 

tous pour un

 

Dommage toutefois, pour ce dernier point, que la quantité ne soit absolument pas synonyme de qualité. Ainsi, si combat il y a et si la dynamique de la saga en matière d'enchainements est belle et bien conservée, le trop grand nombre d'ennemis rend plus d'une fois les combats chaotiques et longuets, ne faisant que lasser le joueur à la longue. Ajoutez à cela un bestiaire sans grande originalité, se contentant une fois encore de recycler les monstres de la saga, et une soundtrack en retrait, là où normalement elle se démarquait par son souffle épique, et le constat n'est pas jolie jolie. C'est regrettable puisqu'après God Of War 3 les développeurs avaient réussi à obtenir une fluidité dans les enchainements et les déplacements du personnage assez impressionnante, appuyée ici par la modélisation très réussie des personnages et du bestiaire (sans être aussi spectaculaire que l'a été God Of War 3 à l'époque). Dommage également, puisque l'apport des armes élémentaires étaient une vraie bonne idée, tout comme les quelques objets disséminés tout au long de l'aventure (les yeux de la vérité, la pierre à remonter le temps, le dédoublement, etc.) et dont l'utilisation rythme les phases de plateformes, ainsi que les énigmes, plus présentes mais parfois très poussives. Finalement, ce n'est véritablement que le multijoueur, grande nouveauté de cet opus, qui fait preuve « d'originalité », au sens où l'on imaginait difficilement un jeu comme God Of War s'ouvrir à l'expérience multi-joueurs. Légitimé de façon très astucieuse lors de l'aventure solo, ce mode offre un nombre assez hallucinant de personnalisations et d'évolutions via le serment du joueur à un des dieux de l'Olympe. Coté partie, on retrouve un mode « Epreuves des dieux », jouable seul ou en coopération à travers quatre arènes plutôt bien construites et qui s'apparente aux modes hordes présent aujourd'hui dans tout bon jeux multi-joueurs, mais surtout les modes « Capture the flag » en quatre contre quatre, domination (deathmatch) en deux contre deux ou quatre contre quatre, et enfin le mode « Combat des Champions » (pour 4 ou 8 joueurs) où chacun combat pour sa gloire personnelle.  Des modes classiques, mais intenses, reprenant les fondamentaux du gameplay de l'aventure solo, mais aussi son univers en prenant place dans des zones gigantesques évoquant différentes séquences de la saga. Dommage alors qu'à l'instar du solo ces battle soit souvent confus. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce mode multi-joueurs élargisse l'expérience et a au moins le mérite de proposer de vrais challenges.

 

Il manque parfois un petit rien à certains jeux pour en faire des œuvres marquantes, ici ce sont des petits riens qui empêchent le jeu de sombrer dans la nullité. Certes, l'efficacité de la saga se retrouve ici plus d'une fois, mais elle malheureusement noyée par un manque cruel d'inspiration et par l'exubérance d'un studio qui s'est reposé sur ses lauriers, pensant seulement à apporter à un public de plus en plus formaté un mode multijoueur de bonne qualité, mais normalement inutile pour ce genre de jeu. God Of War Ascension a toutefois le mérite de nous faire prendre conscience de la répétitivité dangereuse de la saga et de son besoin de trouver un nouveau héros, voire un nouvel univers, pour être en mesure de perpétuer son efficacité au cœur d'un nouveau jeu, cette fois vraiment révolutionnaire et qui méritera lui le titre de God of War 4.

Quentin Boutel




















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Pas de surprise niveau graphisme, le studio connaît pleinement le processeur de la console de Sony et livre un God Of War Ascension très agréable à l'œil, que ce soit au niveau du personnage de Kratos dont la peau blanchâtre et le regard de tueur implosent à chaque cut-scène, mais aussi au niveau des différents monstres, bénéficiant de la fluidité et de la modélisation de très haute volée mise au point pour God Of War 3, légèrement revues et corrigées pour se calquer sur la grande finesse des moteurs graphiques actuels. Le jeu regorge ainsi de détails et certains environnements donnent littéralement le vertige (la statue d'apollon, les séquences sur les serpents géants). 

 
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