CRYSIS 3
Allemagne / Etats-Unis - 2013
Image plateforme « Playstation 3 »Image plateforme « Xbox 360 »Image plateforme « PC »
Image de « Crysis 3  »
Genre : FPS
Musique : Divers
Développeur : Crytek Studios
Durée : faible
Langue : Français
Distributeur : Electronic Arts
Date de sortie : 21 février 2013
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Crysis 3  »
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site officiel
LE PITCH
Le jeu se déroule toujours à New York en 2047, mais cette fois la ville est placée en quarantaine sous un dôme et donc envahie par la jungle. Le joueur incarne Prophet, ayant pris la personnalité d'Alcatraz, et tente de combattre les forces armées du C.E.L.L., ainsi que les extraterrestres Cephs.
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A bout de souffle

Après le bourrin mais terriblement jouissif Crysis 2, le studio Crytek nous revient avec un troisième volet des aventures de « Prophet » dans un jeu, une fois encore développé comme une vitrine technique, mais qui se révèle être incroyablement décevant et qui aura assurément du mal à trouver son public et à satisfaire les joueurs, même chez les fans de la saga.

 

Digne successeur de Far Cry, le premier Crysis parvenait en 2007 à renouveler un genre à bout de souffle, le FPS, en offrant une aventure palpitante (bien qu'articulée autour d'un récit un peu cliché) dans un univers riche et varié tout en posant les bases d'un univers vaste aux multiples possibilités de suites. Après une extension sympathique qui nous renvoyait aux philippines, dans la peau de psycho, un Crysis 2 voit le jour, cette fois sur console et PC et fait couler beaucoup d'encre en raison de la réduction de sa zone de jeu et de son intrigue beaucoup plus scriptée. Pourtant, ces modifications donnent lieu à une mise en scène extraordinaire et à un rythme démentiel, tous deux  articulés autour de la surpuissance du héros et de la destruction de la métropole newyorkaise. Ainsi, même si une fois encore le scénario comportait son lot de clichés, la volonté de Crytek de développer l'univers de sa saga  entrainait quelques séquences explicatives particulièrement intéressantes, tandis que le joueur était propulsé à travers des lieux aussi magnifiques techniquement qu'artistiquement, jusqu'à un final épique qui ne laissait pas beaucoup de place pour une suite. Et pourtant, très orgueilleux, le studio Crytek se devait de clore le cycle des Next-gen avec un nouveau jeu sensé être, une fois encore, le plus beau jeu jamais réalisé, un jeu capable de pousser les joueurs PC à craquer pour des optimisations hors de prix en vue de faire partie des quelques privilégiés capable de faire tourner le jeu en ultra, ou ne serait ce même qu'en élevé. Manque de bol en cours de route le studio a oublié que l'enrobage ne fait pas tout et qu'outre la technique un jeu vidéo en tant qu'art-ludique se caractérise également par ses qualités artistiques.

 

Jamais deux sans trois

 

Tel l'officier Prophet qui, dénué de sa nanosuit lui octroyant des capacités presque sans limite n'est finalement qu'un humain dans toute sa faillibilité et son impuissance, plus la saga Crysis avance plus et plus elle révèle son inconsistance et ses grosses faiblesses artistiques. Ce troisième épisode en est la preuve définitive. En effet, après le rythme épique du deuxième le studio se devait de renchérir ou, à défaut, de proposer une expérience totalement nouvelle capable à elle seule de justifier une nouvelle aventure. Et, comme à son habitude, Crytek, grâce à son service marketing en béton, inonde le marché de vidéos et autres images « in game »  alléchantes plus d'un an à l'avance, annonçant aux joueurs du monde entier un jeu qui met l'eau à la bouche, mais qui n'existe malheureusement pas, ou très peu, dans Crysis 3, un jeu post-apocalyptique sombre et brutal capable de renouer avec l'ouverture du premier opus tout en conservant le rythme, la mise en scène et les fonctionnalités jubilatoires du second opus. Se situant 20 ans après le deux, Crysis 3 prend place dans un monde  déchu, pratiquement débarrassé des Cephs et ou le C.E.L.L règne en maitre grâce à l'énergie extrait du corps cryogénisé de Prophet. Et tandis que la civilisation et l'humanité ont pratiquement disparu, un petit groupe de résistants mène une lutte acharné contre la tyrannie du C.E.L.L et décide de réveiller Prophet pour qu'il leur vienne en aide. Si le postulat initial est loin d'être original (on pense à Terminator et autres clichés du film de S.F post-apocalyptique), il était loin d'être risible et pouvait être suffisant pour développer un bon jeu d'action. Pourtant, ici le joueur ne prend part qu'a une aventure ridiculement courte, ennuyeuse et particulièrement mal rythmée, où il ne doit finalement que se balader de zone en zone pour détruire quelques installations énergétiques, avant de repousser une bonne fois pour toute les méchants petits aliens venus à nouveau casser l'ambiance.

 

une recette sans saveur

 

Mais la structure mollassonne du récit et l'histoire insipide qu'il déploie ne sont pas les seuls, dans ce troisième opus, à gâcher l'expérience du joueur, la direction artistique faiblarde (réelle faiblesse d'une grande majorité de jeu contemporain) et le cruel manque de dépaysement de l'aventure y sont également pour quelque chose. En effet, si l'aventure est sombre ce n'est pas réellement en raison de son récit somme toute très banal (même s'il essaye d'y introduire le traumatisme psychologique de « Psycho »), mais bel et bien en raison du manque de lumière et de couleur du soft. Si l'ensevelissement de la métropole déchu par la nature aurait dû offrir des paysages ouvert luxuriant et somptueux, ils ne sont finalement que trop rares et ne se manifestent qu'au détour d'une ou deux missions, avant de laisser la place à l'obscurité des égouts, des immeubles détruits et autres structures aliens grisâtres, qui ne rendent vraiment pas l'expérience intéressante, surtout face à Crysis 2 qui malgré sa linéarité offrait au moins aux joueurs l'occasion unique d'assister à la destruction de New York,  ou même au premier qui alternait entre forêt tropicale verdoyante et sommets enneigés. Plus grave encore, peu à peu, de niveau en niveau, on se rend compte que les décors que l'on arpente dans cet opus ne sont ni plus ni moins que les décors du deuxième, cette fois totalement détruit et donc recouvert d'une couche de gravas et de mauvaises herbes. Bonjour l'innovation et le dépaysement ! Même les quelques décors ouverts et originaux dégoutes par l'omniprésence de gris et leur profondeur de champs toute relative.

 

the invisible war

 

Et comme si tout cela ne suffisait pas, on se retrouve ici face à un jeu au gameplay fade, sans grandes originalités et incroyablement cheaté. Alors que Crytek avec le premier opus avait su renouveler le FPS notamment grâce à l'arrivé de la nanosuit qui offrait de nombreuses possibilités de gameplay tout au long du jeu, ici le jeu, derrière ses impressions de grandes libertés (customisations des armes, de la nanosuit, chemins divers à empruntés, etc.), s'avère extrêmement fermé, plus proche que jamais d'un Call of duty  comme l'illustre parfaitement toutes ces séquences ennuyeuses en rail-shooting. Là où la licence d'Activision s'articule autour de deux mouvements, avancer/tirer, ici, dans Crysis 3, il suffit la plupart du temps d'utiliser la fonction camouflage et d'avancer franco au milieu d'ennemis à l'I.A souvent déplorables (et ce quel que soit le niveau de difficulté choisit) pour finir un niveau. Et même si de la difficulté subsiste, la possibilité d'emprunter les surpuissante armes aliens, de repérer les ennemis grâce à la vision tactique, mais aussi et surtout l'arc, cette arme suprême à la puissance surdimensionné confié au héros dès le début du jeu, annihilent toute possibilité de voir l'écran d'échec. En effet, malgré un carquois limité, cette arme capable de tuer tous les ennemis en un seul tir bien placé remédie ainsi à tous les soucis du joueur et lui permet d'avancer tranquillement tout au long de l'aventure. Si bien que toutes les autres fonctionnalités passent quelque peu à la trappe. On a en effet durant le jeu très peu l'utilité de pirater des appareils, ou alors d'améliorer ses armes et sa combinaison, le jeu étant déjà bien assez facile comme ça. Ainsi, dans Crysis 3, les éléments pensés au début comme de vraies bonnes idées de gameplay, révèlent peu à peu la vile volonté du studio de faciliter le gameplay tactique du premier opus pour le rendre beaucoup plus accessible et donc mainstream. Heureusement, le multijoueur, que ce soit avec ses modes classiques hérités du deux qui prennent ici de l'ampleur, ou encore avec le mode chasseur vraiment intéressant et prenant, se révèlent être de vrai plus, mais qui malheureusement font plus que jamais ressembler le jeu a la licence Call of  Duty intégralement centrée autour de son multijoueur.

Quentin Boutel




















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Techniquement le résultat est plutôt inégal en fonction de la plateforme. Pour ce qui est de la version PC, elle est effectivement ahurissante, en revanche la version console elle est loin d'être à la hauteur des attentes. Les graphismes sont loin d'être impressionnants, les textures fades, les effets de lumières pas franchement renversants et on observe une baisse de framerate quasi-omniprésente pour peu que la surface de jeu soit quelque peu ouverte. Rien à voir donc avec la version PC qui, pour peu que l'on ait une machine extrêmement puissante capable de faire tourner le jeu en élevé ou plus, profite d'effets de lumière travaillés et d'environnements riches à la végétation vivante et luxuriante. Le résultat est impressionnant et au détour de quelques décors fait presque oublier les énormes défauts du jeu et son élitisme absolument révoltant. Une fois encore le troisième opus de la saga conserve son statut de vitrine technique et faute d'être intéressant risque de servir de bande démo pour tester les futures machines de guerre.

 
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