BLACKARIA
France - 2009
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Genre : Horreur
Musique : Double Dragon
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français Mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 70 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 2 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Blackaria »
portoflio
LE PITCH
Angela, une élégante jeune femme, passe ses nuits à fantasmer sur sa sensuelle voisine Anna Maria, une diseuse de bonne aventure au charme envoutant. Un soir, Angela retrouve son cadavre sauvagement mutilé. Sous le choc, elle brise accidentellement la boule de cristal de cette dernière. Un cristal qui a la réelle faculté de lire l’avenir. Mais saura-t-elle utiliser son nouveau don pour échapper à la mort violente qui lui est promise?
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Après une période pleine d'entrain et des tentative aussi solides (Mutants, A l'intérieur) que foireuses (Frontiere(s)), le cinéma d'horreur français risque de sombrer à nouveaux dans l'oubli. Heureusement de petites équipes bourrées de références cinéphiliques mais aussi faisant preuve d'une fraîcheur attractive sont prêtes à prendre la relève. 

Les réalisateurs qui veulent aujourd'hui renouer avec les pulsions baroques des grands moments du cinéma italien n'ont bien évidement que peu de chance de s'exprimer. D'autant plus s'ils sont français. Du coup, François Gaillard et Christophe Robin n'ont pas attendu que de gentils producteurs viennent leur tendre la main et se sont lancés courageusement dans la réalisation de leur propre giallo. Tourné avec des moyens ridicules, volant des images dans les ruelles de Montpellier, Blackaria (court devenu long sans se perdre dans le remplissage) affiche les petits défauts de ce type d'entreprise : jeu d'acteur inégal, voire parfois désincarné par la prise de son, mise en scène distanciée de dialogues trop écrits... Rien, au fond, qui n'entame la richesse de la réalisation et surtout la passion qui anime ce long-métrage soutenu par l'énergie d'une équipe dévouée. Déjà auteur de quelques courts métrages et longs encourageants (voir les bonus du DVD), François Gaillard joue à la perfection de ses obsessions stylistiques, retrouvant avec force le maniérisme d'un Argento, le macabre d'un Fulci, tout en y insufflant un érotisme rare et magnétique où les corps graciles et longilignes des actrices belles à se damner se livrent sans détours, mais aussi sans vulgarité aucune.

 

Magie Noire


Entêtant et visuellement maîtrisé, Blackaria affiche une photographie aux couleurs saturées digne d'un Bava, et profite du talent indéniable d'Anna Naigeon, tout aussi affirmée dans son incarnation ensorcelante d'une sorcière lesbienne aussi inquiétante que sexy. Rien de comparable avec « l'auteurisant » (se voulant trop cérébral et en devenant presque vulgaire) Amer, car Blackaria embrasse sans vergogne toutes les qualités, mais aussi tous les clichés du genre maître de l'horreur italienne, jusque dans ses tréfonds scénaristiques (le flashback explicitant les motivations de la meurtrière) n'hésitant pas à jouer avec le sursignifiant ou le déballage final de faits gargarisés par un inspecteur amusé. En équilibre constant, entre amateurisme et esthétique léchée (la séquence saphique dans l'ascenseur est juste magnifique), le film devient rapidement hypnotique et puissant, sans doute aussi sous l'impulsion des mélodies synthétiques du groupe Double Dragon (superbe chanson Dragonfly) et des effets spéciaux imposants du jeune, mais déjà indispensable, David Scherer (Lady Blood, 8th Wonderland). Ce dernier présente ici quelques effets de maquillage bluffants d'efficacité, voire carrément choquants (l'œil tailladé en gros plans façon Bunuel, les chairs scarifiées en profondeur), donnant aux différentes scènes de meurtres, déjà réussies dans leur mise en place et grâce à un montage syncopé, une tenue quasi-miraculeuse. De nombreux talents à suivre et à soutenir donc... ce qui semble être le cas aussi du Chat qui fume, qui vient de se transmuter producteur pour le futur et excitant Last Caress, concocté par la même équipe. En voila une bonne idée !

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Le risque avec les petits films tournés en DV, c'est qu'une fois parfaitement encodés, le long-métrage perde tout son vernis cinématographique pour ressembler à un film de vacances (exercice encore plus difficile sur Blu-ray). Les deux réalisateurs ont donc tripatouillé leur sources (effets de flous, couleurs saturées) pour livrer une esthétique chiadée, mais aussi masquer les petits soucis attendus. Le copie en présence remplit donc sa fonction, mais ne réussit pas toujours à dissimuler son origine, faisant ressortir à maintes reprises sa source numérique. Le tout perd forcément en définition et en précision, mais force est de reconnaître que les réalisateurs et l'éditeur s'en sont bien sortis.

 

Son :
De la même façon, le rendu sonore dépend immédiatement des méthodes (et moyens) du tournage. En résultent des voix parfois lointaines, certaines étouffées, mais le tout reste parfaitement audible. La stéréo sobre et posée donne tout de même une jolie ampleur aux musiques de Double Dragon.

 

Interactivité :
Le chat qui fume a envie d'aider le cinéma de genre français quitte à aller regarder du côté des productions totalement indépendantes et semi-pro... et du coup cela se ressent jusque dans l'interactivité d'une édition des plus conséquentes. Traité comme n'importe qu'elle production de standing actuel (et il le mérite), Blackaria se pare ainsi d'un commentaire audio attachant des deux réalisateurs, revenant autant sur les petits désidératas de ce type de projet que sur leurs petites erreurs et leurs partis pris obligatoires. Un discours que l'on retrouve pleinement dans leurs interviews communes, permettant d'évoquer à nouveaux les liens tissés avec l'équipe, les choix du scénario et la répartition du travail entre les deux cosignataires de la mise en scène (l'un dirige la caméra, l'autre les acteurs). Quelques petites coupes auraient été nécessaires mais l'humour des deux compères et leur envie de défendre leur bébé séduit. Tout comme ces derniers, on sent que les actrices, qui viennent elles aussi faire leur confidences devant la caméra, ne sont pas toujours des plus décontractées (presque étonnées d'être là), mais les petites anecdotes sur les scènes les plus croustillantes (nu, sang) ou à l'arrache rappelleront de nombreux souvenirs à certains. Mais le plus intéressant pour les curieux reste clairement la présence de deux courts-métrages (All murder, all fun, all guts et Under the Blade), imparfaits mais visuellement bluffants et thématiquement déjà cohérents. Et puis question de rendre tout cela parfaitement indispensable, Le Chat qui fume a même eu la riche idée de glisser dans le boitier le CD de la bande originale signé Double Dragon, complétant ainsi intelligemment l'interview vidéo de l'un des membres de ce duo et de vérifier ainsi ses influences empruntées à Moroder, Suky Levy & Haim Saban ou Vangelis... Si, si, une fois qu'on l'on sait, c'est clair comme de l'eau de roche.

Liste des bonus : Commentaire audio des réalisateurs, Interview Christophe Robin & François Gaillard (31'), Interview Anna Naigeon et Aurélie Godefroy (13'), Interview Clara Vallet (7'), Interview Double Dragon (10'), Court métrage All murder, all fun, all guts (28'), Court métrage Under the Blade (4'), Extraits de Welcome to my Nightmare (18') Scène de la première version de Blackaria (1'), bandes annonces, CD de la bande originale.  

 
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