INSANE
Storm Warning - Australie - 2007
Image plateforme « DVD »
Image de « Insane »
Genre : Horreur
Réalisateur : Jamie Blanks
Musique : Jamie Blanks
Image : 1.77 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 2 février 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Insane »
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LE PITCH
La tempête se lève. La nuit tombe. Perdus en mer, Rob et Pia sont contraints d’accoster et trouvent refuge dans une ferme abandonnée. Ils repartiront le lendemain. C’est ce qu’ils croyaient, jusqu’au retour des propriétaires : un père malsain et ses deux fils maniaques avides de torture. Battus, asservis et réduits à la condition d’esclaves sexuels, ils sont pris au piège…
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Tempête en petit comité

Un an avant son remake réussi de Long Weekend (voir le lien vers notre critique plus bas à gauche), Jamie Blanks signait son retour australien en s'offrant un joli démarquage supervisé par les producteurs de Wolf Creek. Ceci expliquant sûrement cela.

Certains réalisateurs expérimentent, innovent, recherchent, prennent des risques inconsidérés pour donner à leur cinéma une certaine fraîcheur. Jamie Blanks ne fait clairement pas partie de cette catégorie. Depuis son Urban Legend, se plaçant directement dans les pas de la trilogie Scream et du neo-slasher, le metteur en scène surfe sur les vagues successives du cinéma horrifique, jouant avec les modes et les attitudes de ses petits congénères. Une pratique qui aboutit cependant à des productions loin d'être inintéressantes, malgré une filmographie étonnament courte (quatre longs-métrages en dix ans, pile-poil). En dehors d'un scénaristiquement foireux Mortelle Saint-Valentin, Blanks a sait rendre des copies propres et soignées, ne fleurant certes pas l'originalité mais tablant sur une efficacité experte. Ainsi Storm Warning (pourquoi un titre français comme Insane ?) reprend à son compte la vague récente de torture-flicks et de survivals extrêmes, où les redneck du fin fond des campagne oubliée comptent bien faire passer quelques moments sordides aux Bourgois qui passeraient par là. A cette occasion, Blanks retourne dans son Australie natale, et nous présente une fratrie régnant sur une île désertique au fin fond des côtes escarpées du continent. Des personnages attachants (sic !) qui cultivent l'herbe qui fait rire, mais surtout massacrent les curieux tout en soulageant copieusement leurs pulsions animales.

 

esprit de famille


Trois poètes en somme dans les griffes desquels va tomber un couple bobo a priori dépassé par les évènements. Passée une ouverture presque naturaliste laissant le temps aux futures victimes de se présenter au spectateur, mais permettant surtout au réalisateur de décrire une géographie aussi calme que menaçante (une constante du cinéma australien), les évènements s'enchaînent de manière mathématique, jusqu'à un retournement de pouvoir inattendu, le personnage de Nadia Farès (oui, l'actrice française) se montrant d'une ingéniosité rare. A la manière d'une McGyver gore, la miss imagine quelques booby traps particulièrement scabreux (le piège à bite, il fallait oser) et fait ainsi tourner le long-métrage, jusqu'ici très axé sur une ambiance pesante, vers un Grand Guignol aussi craspec qu'enjoué. Entre plans gores franchement dégueus mais jamais de mauvais goût et délires hystériques tragi-comiques, Insane fait le grand écart sans risquer la moindre luxation. Rien de nouveau au pays des kangourous certes, mais pour autant Jamie Blanks fait preuve une nouvelle fois d'une réelle maîtrise du rythme, d'une grande compréhension de ses personnages et surtout d'un amour communicatif pour toutes les strates du genre. Aussi élégant (cadre et photo sublimes, travellings bien pensés) que brutal (montage serré et jump-cut inattendus), le film s'impose comme un spectacle savamment cuisiné, avec en amorce une légère réflexion sur les oppositions sociales. Au passage, le petit casting se montre tout aussi solide, en particulier les trois sociopathes (un père sadique et ses fistons qui font tout pour lui ressembler), aussi flippants que pathétiques. Donnant dans le court, le direct, sans fioriture aucune, Blanks signe une nouvelle fois un petit film méchant et efficace digne de l'excellent artisan qu'il est.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Plongé majoritairement dans la pénombre, Insane se montre visuellement particulièrement solide avec des noirs bien profonds et des teintes ocres aux contrastes bien marqués. Toujours précise et calibrée, la copie est une très bonne surprise (en particulier pour un DVD), profitant d'une compression quasi-invisible malgré un léger grain des plus naturels. Les premières séquences, par opposition des plus lumineuses, ne sont pas en reste, en particulier lors des quelques plans aériens vertigineux.

 

Son :
Sans faire d'excès, les deux pistes Dolby Digital 5.1 (français et anglais) font preuve d'une dynamique des plus soignées, particulièrement appréciable lorsque la pluie tombe sur les constructions en tôle ou lorsque le chien carnassier plonge ses crocs dans la chair fraîche. La restitution assume un naturel constant où vient se mêler sobrement les musiques de Jamie Blanks (compositeur en plus d'être réalisateur) et des dialogues équilibrés.   

 

Interactivité :
Rien de rien, en dehors d'une petite galerie de photos glissée nonchalamment dans la partie bonus. FPE nous refourgue une nouvelle fois un film d'horreur en oubliant toute l'interactivité produite dans les autres pays. Bah, on a l'habitude maintenant. On imagine que Nadia Farès était injoignable...

 

Liste des bonus : Galerie photos, Bandes-annonces

 
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