LE PIRATE DES MERS DU SUD
Long John Silver - Etats-Unis - 1954
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Genre : Aventure
Réalisateur : Byron Haskin
Musique : David Buttolph
Image : 2.35 16/9
Son : Français et anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 2 décembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après les péripéties de sa chasse au trésor, Long John Silver coule quelques temps paisibles dans une île des Caraïbes. Un matin, il apprend que son rival, le capitaine Mendoza, a attaqué un navire anglais, au bord duquel se trouvait son jeune ami Jim Hawkins. Le pirate part aussitôt à sa rescousse, avec en plus l'espoir de récupérer un nouveau trésor.
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So long captain !

Le film de pirates est un genre en soi, avec ses codes, ses personnages aussi caricaturaux que charismatiques, sa propre morale... Bien longtemps avant le revival opéré par la trilogie Pirates des Caraïbes, c'était d'ailleurs l'un des types de cinéma les plus populaires, et  Robert Newton en était l'une de plus grandes figures.

Essai entrevu quelques fois dans la Dernière séance de Mister Eddie Mitchell (oui, celui qui aime les yeux grenadine et le boogie boogie), Le Pirate des mers du sud est au coeur d'une histoire des plus singulières dans le paysage cinématographique des fifties. Produit et distribué par le studio Disney, l'adaptation de L'ile au trésor de Robert Louis Stevenson avait fait grand bruit en 1950, en particulier grâce à l'interprétation colorée de Robert Newton (Jamaica Inn, Oliver Twist, Le Tour du monde en 80 jours) dans le rôle du pirate à la jambe de bois, Long John Silver. Mais malgré le succès et l'aura du long-métrage, le studio aux grandes oreilles ne vit pas d'un bon œil la mise en place d'une suite, finalement uniquement supervisée par les coproducteurs australiens. Usant d'un script original, Le Pirate des mers du sud (justement titré Long John Silver en anglais) est désormais entièrement concentré sur ce personnage de vieux filou, marquant alors autant le retour de l'acteur phare que du réalisateur / artisan Byron Haskin (La guerre des mondes, Tarzan et la reine de la jungle). Et quatre ans plus tard, la magie délicieusement désuète d'opérer à nouveau entre plans machiavéliquse (et un poil foireux) du pirate, demoiselles en détresse (en l'occurrence une gamine aux yeux de biche), combats à l'épée et bien entendu le jeune premier Jim Hawkins (Bobby Driscoll étant remplacé par un moins convaincant Kit Taylor), mélange agaçant de courage et d'une naïveté confondante.

 

sur les flots


Un personnage largement laissé de côté d'ailleurs, puisque le film étrage se focalise le plus souvent sur les mésaventures du forban, plus gouleyant et roublard que jamais, tentant une nouvelle fois de mettre la main sur le magot... tout en évitant son mariage avec la tenancière autoritaire de sa taverne habituelle. Des séquences de comédie pure qui adoucissent l'aspect mauvais du personnage, et qui furent d'ailleurs coupées autrefois dans la version française (elles seront réintégrées dans l'édition Artus Films en VOST). Du coup, il faut reconnaître à Long John Silver un côté bien moins spectaculaire que le premier « épisode », laissant plus la place au dialogues grimaçants (eh, ce sont des pirates), aux filouteries en tous genres, plutôt qu'aux attaques maritimes et aux abordages. Une restriction narrative sans doute due à des moyens légèrement réduits, mais qui n'entame pas forcément le plaisir de visionnage, l'oeuvre profitant toujours d'un cinémascope aux couleurs surlignées, et la star annonçant quelques pirates des caraïbes incarnés, quelques décennies plus tard, par Geoffrey Rush et Johnny Depp. Entre l'embourgeoisement et la vie pépère, les deux compères cherchent moins ici la richesse et la gloire qu'un nouveau chemin vers la liberté et la grande Aventure.  Et l'appel du large de fonctionner plein pot, tout autant pour un spectateur qui sortira séduit par ce film bourré de charme.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
S'ils ne sont pas soutenus par un grand studio, les films des années 50 (et plus vieux encore) n'ont pas forcément l'avantage d'avoir été particulièrement bien protégés au cours des années. On imagine que l'éditeur Artus Films a dû particulièrement galérer pour trouver un master potable. Bourrée de rides, traces et scratch en tout genre, la copie est fatiguée et il est douloureux de voir les couleurs délavées de l'antique cinémascope que l'on imagine autrefois éclatant. Une déception forcément, mais comme souvent avec l'éditeur, la première qualité est ici de faire revivre un long-métrage voué autrement à l'oubli. 

 

Son :
Pas de grande surprise, les deux pistes (anglaise et française) sont proposées dans un mono d'origine quelque peu étouffé et carrément aplati dans la langue de Molière. Voulant exploiter pour la première fois en France le montage intégral du film, Artus a choisi de réintégrer les passages inédits en version originale sous-titrée. Si l'on comprend la démarche, cela empêche cependant les gamins de le voir sans peiner pendant certains de ces longs passages.

 

Interactivité :
Outre une petite galerie de photos et les bandes-annonces des derniers titres de l'éditeur, le disque profite comme d'habitude d'un petit supplément agréable, laissant la parole au romancier et auteur de BD Pierre Dubois (Red Caps, Le Grimoire du petit peuple), passionné de contes de fée et par extension des illustrations de piraterie. L'écrivain revient sur les différentes thématiques explorées par le film en présence, et plus étonnamment, sur ses nombreux liens avec les mythes de Peter Pan. Présenté comme une conversation au coin du feu, l'interview donne clairement envie de plonger à nouveau dans ces univers.

 

Liste des bonus : "L'île au trésor au cinéma" par Pierre Dubois ; diaporama de photos, bandes-annonces

 
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