RETOUR VERS LE FUTUR - TRILOGIE
Back to the Future : 25th Anniversary Trilogy - Etats-Unis - 1985/1989/1990
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Réalisateur : Robert Zemeckis
Musique : Alan Silvestri
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, italien et espagnol
Sous-titre : Français, anglais, grec, italien…
Durée : 328 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 3 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
1985. Le jeune Marty McFly mène une existence anonyme auprès de sa petite amie Jennifer, seulement troublée par sa famille en crise et un proviseur qui serait ravi de l'expulser du lycée. Ami de l'excentrique professeur Emmett Brown, il l'accompagne un soir tester sa nouvelle expérience : le voyage dans le temps via une DeLorean modifiée. La démonstration tourne mal : des trafiquants d'armes débarquent et assassinent le scientifique. Marty se réfugie dans la voiture et se retrouve trans...
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A window to the past

On a coutume de le dire, les années 70 se sont achevées avec l'échec au Box Office mondial du Sorcerer de William Friedkin, sans doute l'un des films les plus libres de l'histoire du Septième Art, en plus de mener le genre de l'aventure en des terres totalement inexplorées. Initiées par les aspirations pulp (donc nostalgiques par essence) des deux premiers Indiana Jones de Spielberg et Lucas, les glorieuses eighties avaient besoin d'un porte-étendard pour pleinement exister, et affirmer une personnalité qui leur fût propre. Ce maître-étalon, représentant ultime d'une décennie entre deux eaux créatives, sort à l'été juillet 85. Son titre est pour le moins paradoxal : Retour vers le futur.

En prenant pour héros un adolescent élevé au clairon de la « Me Generation », alors que les ondes herziennes accueillent les premiers clips de MTV, que les flirts s'encanaillent et que les affres du Star System commencent à transformer la publicité en une culture à part entière ; en plongeant par ailleurs ce protagoniste dans l'Amérique bouillonnante des fifties, en pleine transition entre les valeurs de Papa et une modernisation galopante (l'arrivée de la télévision dans les foyers, la démocratisation automobile, l'électroménager chamboulant la vie des familles), Robert Zemeckis et son scénariste Bob Gale font clairement un choix sociologique. En pleine possession de leurs moyens (la fluidité du script et sa précision scientifique sont dignes d'être étudiées aujourd'hui), les duettistes entendent bien cadrer frontalement le phénomène « Teen », naissant en 1955 et fondamental en 1985 dans le bon fonctionnement du système capitaliste. Derrière la comédie de caractère inventive (les interactions entre Marty McFly et ses jeunes parents sont un régal) et l'argument de SF mené avec une énergie contagieuse (le grand final au pied de l'horloge reste une prouesse rarement égalée en termes de montage et de mise en place), Retour vers le futur définit donc par contraste les composantes des Etats-Unis reaganiens (« Ronald Reagan ? L'acteur ?! »). Pas étonnant que le long-métrage se revoie aussi aisément aujourd'hui, proposant en sus de son statut d'aventure adolescente ultime une fenêtre ouverte sur le passé ; en somme, un véritable voyage dans le temps.

 

Imagination x2


Devant le triomphe logique du film, le périple du craquant McFly parlant alors à tous les teenagers de la planète, Universal et Spielberg (ici producteur) commandent naturellement une suite. Zemeckis et Gale en tourneront deux coup sur coup, le dernier opus se contentant hélas de transposer l'argument de l'original dans un Far West volontairement aussi peu « cinégénique » que possible. Une conclusion en demi-teinte, étirée artificiellement sur la longueur (le climax est interminable), qui ne suffira pas à effacer le génie de Retour vers le futur 2, de loin l'épisode le plus ambitieux de la trilogie. Un projet totalement fou, redéfinissant déjà le principe même de la séquelle en dédoublant le climax de l'original. Une scène d'anthologie expérimentale parmi d'autres, Zemeckis sautant sur l'occasion pour jouer les pionniers à tous les niveaux, d'une écriture aussi prodigieusement complexe qu'accessible et équilibrée à des effets visuels impossibles signés Ken Ralston, notamment un multi-clonage de Michael J. Fox lors d'un repas familial vertigineux. Plus sombre, plus riche et tout aussi drôle que son aîné, Retour vers le futur 2 achève de caresser le fan dans le sens du poil pour une raison purement cosmétique : alors que les designs de SF prennent généralement un sacré coup de vieux au bout de quelques années seulement, la De Lorean volante de Doc Brown n'a, elle, toujours pas prit une ride.

Alexandre Poncet








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Image :
Il est loin le temps où Universal France se plantait dans le format vidéo de la trilogie. Pour célébrer le 25ème anniversaire de la saga (diantre, cela ne nous rajeunit pas), l'éditeur reprend tout le matériel concocté par la maison mère. Reliftés de fond en comble, les trois films retrouvent une nouvelle jeunesse, nettoyés des dernières petites rides disgracieuses et des couleurs manquant de stabilité. La colorimétrie est idéale, explosant de variations et de contrastes (l'arrivée de Marty sur la place futuriste, un régal pour les mirettes), affirmant des couleurs chaudes (période western dans Retour vers le futur III) et surtout faisant apparaître d'extraordinaires détails dans les gros plans (les rides du surveillant, les arrières-plans fouillés) tout en préservant élégamment le léger grain d'origine. D'ailleurs sur ce point, le premier film s'en sort légèrement moins bien avec quelques plans au fond neigeux (dans certains plans avec effets spéciaux ou pendant le générique), mais paraiî bizarrement plus maîtrisé dans son esthétique, plus cinématographique.

 

Son :
Transformer des mixages un poil datés en dynamiques 5.1 n'est pas toujours une gageure, mais force est de constater qu'un divertissement comme Retour vers le futur s'y prêtait particulièrement bien. Qui plus est, l'éditeur a soigneusement effectué le transfert avec sa piste anglaise DTS HD Master Audio 5.1 qui jongle admirablement avec les musiques relevées d'Alan Silvestri et les dialogues tout en exploitant à fond les effets enveloppants et les bruitages futuristes de la De Lorean. L'arrivée de la bagnole volante dans un futur où les véhicules planent en tout sens est à ce titre particulièrement marquante. Le tout est particulièrement efficace et moderne, sans gâcher les films avec du clinquant gratuit. Dommage du coup que les francophiles (et les plus jeunes) soient obligés de supporter un simple DTS français, sobre mais largement moins emballant malgré un doublage toujours aussi attachant.

 

Interactivité :
Les fans avaient déjà été aux anges lors du quinzième anniversaire de la trilogie avec un coffret 4 DVD comportant nombre de bonus historiques (commentaires audio décontractés, scènes coupées inédites, making of découpés pour accompagner chaque galette, images d'archives...) avec un certain souci d'exhaustivité. Dix ans plus tard, Universal tente de faire encore mieux, reprenant l'intégralité des suppléments en SD en leur ajoutant de nouvelles vidéos en HD concoctées pour l'occasion. C'est donc reparti pour un long documentaire de près de deux heures fragmenté en segments pour accompagner progressivement chaque film. Ces nouvelles interviews (réalisateur, producteurs, directeur photo, acteurs, concepteur des effets visuels et même Drew Struzan, l'auteur des affiches) n'évitent pas la redite avec ceux déjà présents, mais apportent aussi nombre de nouvelles informations, expliquant la disparition de certains acteurs (le cas Crispin Glover), les réserves des studios lors de l'amorce du projet (Disney taxant le scénario d'incestueux !)... C'est bourré d'infos et surtout de franchise, les différents intervenants n'hésitant pas à souligner le pari incroyable que fut Retour vers le futur II à une époque où les suites n'étaient pas choses communes, en particulier ici pour la complexité et la noirceur du script. Zemeckis déclare même au passage ne pas s'être franchement intéressé aux visions futuristes, attendant fébrilement de pouvoir tourner la dernière partie dans le village de cowboy loin de la civilisation. En gros, si jamais le spectateur n'a pas le temps de tout visionner... voici les suppléments indispensables ! En même temps ce serait dommage de passer à côté des quelques friandises qui suivent comme l'entretien avec le professeur Michio Kaku qui discute (avec humour) la vision du voyage dans le temps des films, ou l'intégralité de l'attraction du Parc Universal dédiée à cet univers, réalisée par Douglas Trumbull (les effets spéciaux de 2001 et Blade Runner) en personne. Des vidéos diffusées dans la file d'attente aux cinq minutes de rides endiablées où Doc poursuit Biff à travers les époques, tout y est... sauf les sensations forcément ! La séquence a pris un sacré coup de vieux, mais l'initiative est plus que louable. En revanche, les petites options U-control avec l'apparition dans des petites fenêtres, durant le visionnage des films, d'anecdotes un peu stupides, de quelques storyboards ou de préparation de scènes, manque souvent cruellement de pertinence.

 

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Commentaire audio des producteurs Bob Gale et Neil Canton, Questions/réponses avec Robert Zemeckis, Options U Control (Préparation et visualisation des scènes clefs, storyboard, anecdotes), Au début (27'), L'heure de partir (30'), Garder le rythme (7'), Le temps s'est envolé (28'), La Troisième est la bonne (17'), A l'épreuve du temps (17'), La Science de Retour vers le futur (8'), La Nuit Back to the Future (27'), L'attraction du Parc Universal Studio (31'), Making of de la trilogie en 3 parties, Les Coulisses du tournage en 3 parties, Les secrets de la trilogie, , Clips des chansons, 16 scènes coupées, Tests de maquillages, L'équipe des designers, Réalisation des story-boards, Conception de la DeLorean, Concept du voyage dans le temps, Test de l'hoverboard, Construction de Hill Valley, Construction de la campagne, Galeries de photos, croquis, marketing et storyboards, Bandes-annonces

 
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