PEUR BLEUE
Deep Blue Sea - Etats-Unis - 2000
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Peur bleue »
Réalisateur : Renny Harlin
Musique : Trevor Rabin
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio-5.1, français en Dolby Digital Mono
Sous-titre : Français, Anglais et divers
Durée : 110 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 26 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Peur bleue »
portoflio
LE PITCH
Une station sous-marine coupée du monde par une tempête se voit envahie par des requins génétiquement modifiés.
Partagez sur :
La peur du vide

« Vous ne pourrez pas différencier les vrais requins des faux ! » Ainsi Renny Harlin assurait-il la promotion de Peur bleue à l'aube du nouveau millénaire. La formule peut légitimement amuser après vision du résultat final, reste qu'on en vient à penser avec le temps que le réalisateur de L'Exorciste Au Commencement et Driven, pour ne citer que les meilleurs, y croyait vraiment dur comme fer !

 

S'il est une certitude quant au cas Harlin, c'est bien la sincérité et la naïveté sans failles du bonhomme. Son énergie aussi, sans doute proportionnelle à sa carrure de montagne nordique. Celui qui s'invitait en 1987, tel un mendiant, dans les couloirs de la New Line pour décrocher la réalisation du Cauchemar de Freddy s'est toujours efforcé d'avancer sans réfléchir, enchaînant les projets plus ou moins ambitieux (dont Die Hard 2, suite d'un chef-d'œuvre indéboulonnable, Cliffhanger, retour au sommet attendu pour Stallone et Au revoir à jamais, sur un script hallucinant de Shane Black, tout de même) sans prendre la peine de trop analyser leurs enjeux artistiques et leur portée thématique. Des enjeux, il y en avait un tas dans Peur bleue. Des enjeux de carrière notamment, Harlin sortant du four atomique du généreux mais stupide L'Île aux pirates. En piochant dans Abyss et Les Dents de la mer, Harlin avait tout pour redresser la barre. C'était sans compter sur le total anachronisme des aspirations du bonhomme, semble-t-il heureux de mener à bien une barque entièrement bâtie dans la salle de réunion des pontes de Warner !

 

Sharkus Primitivus

 

Tout, dans Peur bleue, sent le pitch, l'accroche de bande-annonce, la tagline à placer en haut de l'affiche. Mais rien n'y répond de manière cohérente, comme si Harlin et son staff avaient rassemblé les pièces d'un tout autre puzzle. Dès lors, on peut prendre un pied totalement dingue à la vision de ce nanar anachronique, cultivant l'art du contre-pied thématique sans même s'en rendre compte. Le sidekick (LL Cool J) devient ainsi le héros de sa propre aventure, le scientifique puni par sa création n'est autre que la Belle de circonstance, l'aventurier intrépide (Thomas Jane) traîne un œil hagard et une gueule de six pieds de long pendant tout le film, et la seule star à bord (Samuel L. Jackson) se fait happer par un squale au bout de trente minutes. Traitement original ? Oh que oui, si ce n'est que l'ensemble du long-métrage patauge dans une vulgarité rare, Harlin multipliant les effets blockbusterisants (musique hurlante, coupes de montage artificielles, ralentis extrêmes, dialogues cons comme la Lune), quand il ne dénude pas langoureusement son héroïne lors d'un face-à-face tendu avec un requin. Poilant, tout autant que la gestion totalement approximative des effets numériques, pour la plupart encore au stade de l'animatique. Proposant un divertissement très rempli (on ne peut le nier : ça n'arrête pas pendant une heure trente), Renny Harlin passe totalement à côté de son suspense, amuse quand il voudrait être sérieux, embarrasse quand il voudrait faire rire. Un film aussi décalé et hybride ne peut que forcer la sympathie !

Alexandre Poncet

 

 

Partagez sur :
 

Image :

Le Blu-ray propose une vraie amélioration par rapport au DVD, qui datait tout de même du début des années 2000. L'image est cristalline, les gros plans de visages laissent apparaître le grain de la peau, les contrastes sont puissants et les couleurs réhaussées. Les effets numériques sont d'autant plus visibles, de l'animation saccadée des squales à leur incrustation à la truelle dans l'image !

 

Son :

Amis poètes, bonjour. Le score tonitruant du truand Trevor Rabin devrait défoncer votre caisson de basses, de même que les bruitages à peine mixés (tous poussés au max !) commandés par Harlin. Peur bleue faisait déjà beaucoup de bruit en Dolby Digital ; le DTS-HD Master Audio 5.1 non compressé de la VO pousse le bouchon encore plus loin.

 

Interactivité :

Le Blu-ray reprend l'intégralité des bonus du DVD, à commencer par un commentaire audio très symathique (dans sa valeur informative comme dans sa naïveté) de Sir Renny. Commentaire non sous-titré, comme d'habitude chez Warner. Des featurettes se chargent d'éclairer la conception des "formidaaaables" effets visuels du film, Samuel Jackson ne manquant pas de souligner le génie de sa séquence de mort.. Dans l'ensemble, on reste dans de l'auto-promotion anachronique, la qualité réelle du long-métrage et du spectacle qu'il propose n'étant plus un mystère depuis longtemps. Toujours prompt à faire plaisir à ses fans, Harlin clôt le programme en commentant (en option) une poignée de scènes coupées anecdotiques, qui auraient eu le malheur de ralentir le rythme de l'action. Ce qui aurait tout de même été blasphématoire...

 

Liste des Bonus : Commentaire audio, making of, scènes coupées commentées, bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021