LE CHAT à NEUF QUEUES
Il Gatto a nove code - Italie - 1971
Image plateforme « DVD »
Image de « Le Chat à neuf queues »
Genre : Thriller
Réalisateur : Dario Argento
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais, Français et Italien, Dolby Digital Mono d’origine
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 3 novembre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Chat à neuf queues »
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LE PITCH
Après un mystérieux cambriolage dans un institut scientifique de pointe suivi d’un meurtre maquillé en accident, Franco Arno, ancien journaliste devenu aveugle et Carlo Giordani, jeune reporter d’investigation, s’unissent pour tenter d’élucider un mystère aux ramifications complexes et inattendues.
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In stile americano

Deuxième film du jeune Dario Argento, Le Chat à neuf queues arbore déjà les prémices d'un style particulier qui établira la renommée de son auteur. Après un premier essai très bien accueilli par la critique, L'Oiseau au plumage de cristal, Argento attise la convoitise des studios américains et doit rapidement remettre le couvert.

 

Le cinéaste replonge logiquement dans le film policier avec un « Whodunit » très influencé par le cinéma policier américain, certes moins ambitieux que son œuvre précédente, mais qui porte sa patte caractéristique. Changement de cadre donc, puisque nous avons maintenant affaire à une plus grosse production, commandée par les USA, tournée en Anglais, avec des acteurs reconnus sur le sol américain : Karl Maden, impérial, accompagné d'un James Franciscus charismatique.

 

Profondo Giallo


De l'ensemble de l'œuvre transparaissent déjà les grains de folie qui mèneront Dario Argento aux sommets du « Giallo », genre qu'il aura contribué à anoblir, avec les inégalables Les Frissons de l'angoisse et Ténèbre. Certes, nous sommes encore loin des extravagances erotico-fétichistes et des constructions de plans totalement jubilatoires de Pronfondo Rosso, mais l'on retrouve les prouesses surprenantes du réalisateur lors des interventions de l'assassin, notamment grâce à l'utilisation de la vue subjective ultra-maîtrisée plaçant le spectateur dans la peau du prédateur ; un artifice connu mais ici on ne peut plus efficace. Cette construction est adossée à des scènes de meurtre d'une cruauté redoutable, ce qui participe à la mise en place d'un climat anxiogène glaçant. Les angles de caméras audacieux sont également de la partie et les gros plans artistiques initient déjà le souffle novateur qui apportera les lettres de noblesses a ce fameux cinéma transalpin des années 70s. Un vrai régal.

 

IL Labirinto

 

En ce qui concerne la trame du récit Dario Argento, manipulateur, désoriente son public en explorant de nombreuses pistes, abordant frontalement des thématiques audacieuses pour l'époque : l'homosexualité, l'inceste, la génétique et cela sans jamais tomber dans la caricature grotesque. Tous les points sont développés avec un sérieux et une précision remarquables, comme la présentation, succincte certes mais exacte, du syndrome du double Y. Malheureusement, ce déluge de fausses pistes est finalement peu exploité et ne débouchera que sur dilution des objectifs de l'assassin, qui semblent plus qu'obscurs. Enfin on retrouve ce qui sera le défaut récurrent du metteur en scène dans ses réalisations suivantes : son incapacité à conclure dignement ses films. Le chat à neuf queues, malgré un final sur les toits riche en suspense, expédie la révélation tant attendue en quelques secondes, désamorçant tous les enjeux palpitants que le film venait de mettre en place. Même s'il reste imparfait sur plusieurs points, le long-métrage procure malgré tout un plaisir encore intact. Grâce à un humour utilisé avec parcimonie mais très bien intégré, une performance épatante de l'ensemble des acteurs (quel bonheur de voir Karl Malden interpréter un aveugle crédible), on se laisse facilement embarquer dans un subtil mélange d'émotions, allant d'une certaine nostalgie à l'émerveillement, de l'angoisse aux surprises. La satisfaction de découvrir ou redécouvrir un film sincère et profondément respectueux de son public est elle aussi salvatrice en ces temps de Mother of Tears et de Giallo : c'était ça, Argento, à la belle époque.

Jeremy Chateauraynaud








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Image :
Wild Side poursuit sa quête d'excellence en proposant une nouvelle fois une des meilleures, si ce n'est la meilleure copie actuelle du Chat à Neuf Queues. Quand on la compare à la version distribuée par TF1 il y a quelques années, on se demande parfois si on regarde le même film. Exit les blancs brûlés, les noirs bouchés, les contours imprécis et le recadrage hasardeux : avec cette nouvelle version, le film est aussi proche que possible de la copie d'origine. Les scènes de nuits sont magnifiques, foisonnantes de détails. Tout cela ferait presque oublier que le long-métrage est âgé de 40 ans !

 

Son :
Pourvu de 3 pistes mono d'origine en Dolby Digital, l'ensemble de la prestation sonore est franchement réussi. Le son dynamique et frontal nous transporte dans les « seventies » sans jamais nous servir l'immonde purée sonore parfois retrouvée sur les productions de l'époque. La version originale anglaise est vivement conseillée, c'est d'ailleurs dans cette version sous-titrée que le film s'amorce par défaut. De plus, un invité de taille est aux manettes de la bande sonore : Ennio Morricone. Il nous gratifie d'une bande son à la fois subtile et rafraîchissante, fidèle à l'ambiance si particulière de cette période bénie du cinéma transalpin.

 

Interactivité : 
Cette nouvelle salve de productions du réalisateur italien chez Wild Side aura su se faire attendre, les attentes des afficionados grandissant en proportion. En ce qui concerne Le Chat à neuf queues, l'éditeur propose le même type de compléments que pour les autres sorties. Outre un menu à l'esthétique très réussie, on retrouve un entretien avec Argento et son comparse Luigi Cozzi, intitulé « la rançon du succès », une bande annonce d'époque et un diaporama. L'entretien nage entre deux eaux et laisse songeur : d'un côté, il y a Luigi Cozzi, passionnant et passionné, toujours transporté par les films de l'époque et de l'autre côté, on retrouve un Dario en pilote automatique, plutôt désabusé, exprimant dans un Français approximatif ses réticences vis-à-vis ce de long-métrage trop américain à son goût. On ne peut que se rendre à l'évidence qu'à l'instar de John Carpenter, la flamme s'est éteinte et qu'à l'aube de ses 70 ans, la frénésie créatrice s'est fait la malle. Ses films récents en sont la douloureuse mais logique conséquence.

Liste des bonus : «  La rançon du succès » : entretien avec Dario Argento et Luigi Cozzi (26'), Galerie photos, Bandes annonces

 
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