AMER
France / Belgique - 2010
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Genre : Fantastique
Image : 1.85 16/9
Son : Français en DTS et stéréo
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 26 octobre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Amer »
LE PITCH
Une petite fille effrayée par une villa trop silencieuse; Une adolescente attirée par de mystérieuses présences rôdant dans son village; Une femme qui revient défier ses fantômes sur les lieux de son enfance... Les trois âges clés de la vie tourmentée d'Ana. Entre désirs, réalité et fantasmes.
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La jeune fille et la mort

Après les vaines tentatives de l'ancien maestro Argento (Mother of Tears... on en rit encore...), difficile d'imaginer que le psycho-thriller à l'italienne pouvait renaître de ses cendres. Un couple de cinéastes belges aura pourtant tenté de nous donner tort.

 

Genre phare des années 60-70 en Italie, le giallo (équivalent maniériste de nos Séries Noires) fut un joyeux désordre fait d'expérimentations, d'opportunisme, de détails scabreux, de meurtres sanglants et d'une jolie poignée de chefs-d'œuvre. C'est ainsi tout un pan du cinéma populaire rital que le duo de jeunes réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani souhaitent raviver par le biais d'une lecture hautement personnelle. De la maison écrasante perchée en haut de la colline au casting physiquement très latin, en passant par les reprises appréciables de quelques bande originales inoubliables (La Queue du Scorpion par Nicolai...), le décorum est indéniablement présent. Et si à l'arrivée le duo choisit d'écarter les habituelles trames policières pas toujours très heureuses, c'est qu'ils tendent clairement vers l'épure du genre, un chemin déjà emprunté par Dario Argento au travers de son diptyque Suspiria / Inferno, mais qu'ils poussent dans ses derniers retranchements. La trame est ici on ne peut plus simple : traumatisée dans son enfance, une jeune femme retourne dans son ancienne maison et n'arrive plus à contenir sa folie schizophrène.

 

Linceuls

 

Un canevas réduit à peau de chagrin qui semble le champ idéal pour opérer un travail visuel puissant, qui doit forcément beaucoup à quelques maîtres italiens : multiplication des gros plans, montage cathartique et syncopé, filtres de couleurs rouge et vert pour souligner les effets, inserts répétés jusqu'au vertige, bruitages accentués voire dénaturés.... Amer se visionne comme un voyage sensitif à travers l'esprit malade d'une jeune femme ayant brisé la frontière entre sexe et mort, mêlant réalité et fantasmes macabres. Visuellement maîtrisé, ce film à la fois artisanal (voir l'interprétation très... série B 70's) et expérimental ne laisse malheureusement que peu de place à l'émotion ou au ressenti justement. En soulignant chacun de ces effets de styles, en compartimentant chaque figure comme un signifiant évident, presque comme si Phillip Glass réalisait un film, ce trip psyché mais un peu trop intellectualisé perd justement cette idée de fulgurance, d'immédiateté qui faisait tout le charme des gialli originels. Un peu plus embarrassante est d'ailleurs cette réutilisation du kitsch d'antan (bikers tous droit sortis d'un porno, érotisme digne d'un téléfilm M6), souvent exposé ici avec un premier degré ridicule. Une tentative agréable à l'œil certes, mais qui reste au final bien austère et trop distanciée.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

 

 

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Image :

Difficile de se contenter d'un simple DVD pour un film qui appelait, de par son esthétisme appuyé, une compression en Haute Définition. Privé de Blu-ray faute d'entrées salles suffisantes (il faut dire que les trois copies mises sur le marché n'aidaient pas), Amer hérite donc d'un DVD de facture tout à fait correcte, mais indigne de sa photographie : pauvreté du détail, bruit vidéo irritant... Les couleurs perdent légèrement en intensité quand elles ne bavent pas (les lettrages du générique en sont de beaux exemples), les scènes en extérieur s'aplatissent et le cadre manque parfois de stabilité, défaut que nous n'avions pas remarqué sur grand écran. En résulte par moments une impression de VHS qui, on ose le croire, n'est pas sans déplaire aux amis Hélène Cattet et Bruno Forzani ! De notre point de vue, c'est un peu décevant pour une oeuvre formellement aussi puissante, même si la qualité de visionnage reste tout à fait convenable, voire même très convaincante au détour de séquences éparses (en intérieur, s'entend...).

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Son :

Deux pistes sonores sont proposées : un DTS 5.1 très dynamique et un stéréo à l'ancienne, dédié à ceux qui n'auraient pas encore investi dans du matériel à la hauteur. Le DTS est bien sûr à conseiller, les reprises musicales de Morricone et Nicolaï y explosant à travers les enceintes avec une pureté et une puissance rares. Les nombreux bruitages (frottements de cuir, lames de rasoir scintillantes, expirations féminines, gouttes d'eau entêtantes, et on en passe) s'avèrent formidablement spatialisés, contribuant à l'ambiance très sensorielle du film.

 

Interactivité :

Le producteur François Cognard nous évoquait il y a peu l'existence d'une pré-version d'Amer interprétée dans leur appartement par Hélène Cattet et Bruno Forzani, sorte de storyboard animé respecté plan par plan par le long-métrage définitif. Par pudeur d'un côté, et manque de budget de l'autre, ce bonus restera à jamais enfoui dans les placards des deux auteurs, ceux-ci se contentant ici d'exhumer leur troisième court-métrage, La Fin de notre amour, dont les qualités formelles et le jusqu'au-boutisme stylistique préfigurent très largement Amer. Tout comme ce dernier, La Fin de notre amour peut également agacer, autant pour son postulat non narratif que ses choix graphiques extrêmes (tout est filmé à une image / seconde, des vignettes équivoques remplaçant le mouvement cinématographique attendu). Mais ceux qui auront acheté et apprécié Amer au-delà de sa demi-heure d'ouverture (durée de visionnage limite pour l'auteur de ces lignes) ne devraient avoir aucun mal à engloutir les dix minutes de cette oeuvre de jeunesse.

  

Liste des Bonus : Court-métrage "La Fin de notre amour" d'Hélène Cattet et Bruno Forzani, Bande-Annonce.

 
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