PSYCHOSE
Psycho - Etats-Unis - 1960
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Genre : Horreur
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Musique : Bernard Herrmann
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0 mono, Français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 109 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 19 octobre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l’entend. Un jour, son patron lui demande de déposer 40 000 $ à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s’enfuit avec l’argent. La pluie est battante, la jeune femme s’arrête près d’un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates, mais qui doit supporter le caractère possessif de sa mère…
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Origines

Souvent plagié, parodié, cité, ayant connu un remake plan par plan en 2005 et trois suites anecdotiques, le Psychose d'Alfred Hitchcock reste aujourd'hui, comme hier et sans doute demain, un film imparable.

 

Cela dit, à force de déclamer à gorge déployée l'importance majeure de ce long-métrage, on risque de fatiguer d'avance la plupart des curieux. Objet préféré des annalistes, étudiants et grands penseurs du 7 art, celui que beaucoup se plaisent à ne surtout décrire comme "un film d'horreur", n'a plus vraiment de surprises  en stock. Plus aucun plan ne garde le moindre secret, aucun effet de montage n'a pas été passé à la moulinette une bonne centaine de fois, et aucun cadrage n'a pas été disséqué encore et encore. En dépit de ces tonnes de pages publiées autour du phénomène, rares sont les cadavres qui ont si belle figure. C'est qu'à force d'en faire un sujet d'exposés magistraux, on en oublierait presque qu'avant tout, Alfred Hitchcock est un cinéaste de film de genre, de polar, de thriller et en l'occurrence de "film d'horreur". Le premier objectif de Psychose est ainsi de faire frémir les spectateurs tranquilles des années 1960.  Inspirée d'un roman de Robert Bloch (L'Eventreur), l'oeuvre affiche pour la première fois sur grand écran un authentique serial killer. Presque trente ans après M le Maudit de Fritz Lang et son pédophile « politique », Hitchcock explore sous couvert d'ambiance de film noir (retour au noir et blanc, choix originellement guidé par un budget limité) les exactions d'un jeune homme à la psyché torturée, écrasé par la personnalité de sa mère et incapable de faire face à des pulsions sexuelles de plus en plus fortes. Très osé pour l'époque, un tel sujet occasionne certes une dernière séquence très didactique dans laquelle un psychiatre explique aux protagonistes (et aux spectateurs d'alors) les dégâts du « refoulé », mais le travail visuel constant sur l'ombre, le dissimulé et le hors champs n'a rien perdu de sa puissance d'évocation, la mise en scène se chargeant seule de révéler la part d'ombre d'un Norman Bates en apparences normal, voire transparent.

 

twisted Life

 

Outre la modernité certaine de la réflexion sur la maladie mentale du personnage principal, Psychose se fend d'une structure totalement révolutionnaire. Suivant de près dans un premier temps le destin d'une jeune femme au tournant de sa vie, incarnée par la sa seule actrice reconnue du casting (touchante Janet Leigh), le cinéaste n'hésite pas à l'achever exactement à la moitié du film. Une séquence légendaire (celle de la douche), une mise en place et un montage proprement sidérants, et surtout un choc toujours aussi efficace. Lâché sans repère, déboussolé, le spectateur sent que désormais au cinéma tout peut arriver, surtout le pire. Hitchcock trouve ainsi le moyen de déplacer l'attention du public sur l'inquiétant Bates, incitant une empathie inattendue pour le personnage. En maître d'orchestre machiavélique, Hitchcock trimbale ses visiteurs comme de simples marionnettes, lâchées dans une attraction plus proche du train fantôme que d'It's a Small World (quoi que), dont tout la puissance sonore repose sur le thème crispant d'un Bernard Hermann sadique dont chaque glissando de corde illustre un couteau qui fend l'air. Impressionnant de voir qu'un film qui affiche cinquante ans au compteur peut encore provoquer de tels frissons glacés sur l'échine.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Souvent découvert dans un noir et blanc très contrasté, parsemé de nombreux points noirs et stries de pellicule, Psychose provoque en Blu-ray le même choc connu il y a quelques années par le DVD américain de Citizen Kane : la mâchoire tombe au sol, les yeux se révulsent... Bon on exagère un peu, certes, mais le soin déployé par Universal pour ce passage à la HD est quasiment miraculeux. Les derniers taches se comptent sur les doigts de la main, le grain n'est plus envahissant mais agréablement présent, préservant un aspect organique au film. La copie revue de fond en comble est tout simplement superbe, en particulier dans la richesse de son noir et blanc, désormais quasiment constitué que de variations rondes de gris. Le film prend du relief, une vraie richesse visuelle et affiche des détails d'une grande minutie. Rare sont les films de cette époque à pouvoir profiter d'un tel travail, et c'est bien dommage.

 

Son :
Un peu étrange dans l'idée de reprendre la piste sonore de Psychose et la remanier numériquement pour atteindre un DTS-HD Master Audio 5.1. Surtout quand sur le même disque les puristes peuvent se ruer sur le mono d'origine proprement restauré. Pourtant, sans vraiment se révéler indispensable, cette nouvelle piste se montre bien proportionnée, ne faisant cas des effets arrières et spatiaux qu'avec parcimonie. Le son est cristallin et ne dénature jamais le travail initial. La version française, bien doublée (belle époque), nous revient, elle, dans un Dolby Digital 2.0 sobre et un poil étouffé. 

 

Interactivité :
Il est clair que le plus gros du travail éditorial avait déjà été effectué lors de l'édition évènementielle sur DVD. Malgré l'appellation 5Oth anniversary du présent Blu-ray, un seul supplément inédit vient s'ajouter au programme : « le son de Psychose ». Malheureusement ici, aucune trace du travail de Bernard Hermann, mais uniquement une explication du travail effectué sur les bandes mono pour obtenir le tout nouveau mixage sonore. Uniquement pour les férus de technologie en somme. Pour le reste, ce n'est que du bonheur cinéphilique avec le commentaire audio instructif (mais rébarbatif) de Stephen Rebello, auteur d'un livre making of, des tonnes de photos et images publicitaires, le story-board de Saul Bass pour la scène de la douche, un extrait précis de l'entretien entre Truffaut et Hitchcock, forcément indispensable, et un documentaire sur l'héritage du film avec des témoignages (entre autres) de John Carpenter et Martin Scorcese. Sans oublier le très long  making of du film. Plus d'1h30 d'entretiens, d'images d'archives et d'exploration d'un authentique chef-d'œuvre qui se révèle passionnant de bout en bout, auquel vient même s'ajouter un des épisodes de la série Hitchcock Présente. Un programme chargé.

 

Liste des bonus : Commentaire audio de Stephen Rebello, Making of (94'), Le Son de Psychose (9'), Dans L'ombre du maitre (26'), Hitchcock/Truffaut (15'), La Sortie de Psychose (8'), La scène de la douche avec et sans musique (2'), La scène de la douche : story-board par Saul Bass (4'), Les Archives de Psychose (8'), Galerie d'affiches, Galerie de photos, Les Cartes des lobbys, Bandes-annonces, Un épisode de Alfred Hitchcock présente.

 
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