WHITE MATERIAL
France / Cameroun - 2009
Image plateforme « DVD »
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Genre : Drame
Réalisateur : Claire Denis
Musique : Stuart Staples
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS 5.1 et Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 106 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 29 septembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans une région en proie à la guerre civile, une femme refuse d’abandonner sa plantation de café avant la fin de la récolte. Alors que la révolte gronde, Maria va se battre bec et ongles pour sa liberté. Au péril de sa vie, et de la vie des siens.
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Check, Mate

Retour au bercail pour Claire Denis (Beau Travail, 35 Rhums), qui redécouvre le Cameroun où elle a grandi sous l'œil précis de sa caméra. Pas de récit doucereux de jeunesse, mais une vision globale et contemporaine d'un continent traumatisé. 

 

C'était évident dans Trouble Every Day, sous-jacent dans quasiment toutes ses autres œuvres, Claire Denis est obsédée par la faculté de l'homme à s'entre-dévorer, à se transformer en loup, en prédateur monstrueux. C'est le cas ici du personnage de Nicolas Duvauchelle, tout d'abord passif dans son lit, dans l'image et l'histoire, et qui suite à une agression qu'il jugeait inimaginable va se transformer à son tour en créature sauvage, agressive et braillant comme une bête. Une trajectoire parmi d'autres dans White Material, lequel décrit dans un pays d'Afrique imprécis la résistance d'une productrice de café face à la guerre civile qui gronde partout autour d'elle. Blanche au milieu des noirs, riche au milieu des pauvres, elle tente de convaincre vainement qu'elle est comme ses employés, comme la population de son pays d'adoption. Fragile, troublante mais obtue, elle frôle la folie et l'antipathie. Un rôle idéal pour Isabelle Huppert. Restant au milieu de l'œil du cyclone alors que le monde s'effondre autour d'elle, l'héroïne se montre incapable de saisir les signaux alarmistes (dont l'effondrement psychologique de son fils) ou de les entendre même de la bouche de son mari (étonnant et discret Christophe Lambert).

 

planète sauvage

 

Accompagnée d'une mise en scène tremblante et fiévreuse, cette lente insinuation de l'extérieur dans l'intériorité de cette famille que l'on pressent dysfonctionnelle ressemble autant à un drame intimiste qu'à une description minutieuse, quasi-conceptuelle, des remous d'hier et de demain dans les anciennes colonies. De cette cicatrice béante, Claire Denis retient une colère grondante, contenue dans chaque parole, dans chaque frémissement de sa caméra, apportant inévitablement une destruction totale du lieu et de l'identité de ces intrus. Entre les créatures de l'en-deçà et les victimes d'un monde en pleine déliquescence, les enfants-soldats font office de symptômes, inquiétants et tristement touchants dans leur bestialité. Coécrit avec Marie NDiaye, Prix Goncourt pour Trois Femmes puissantes, White Material (ce qui appartient au blanc) est bourré de fulgurances, de séquences obsédantes devenant hypnotiques sous les notes lancinantes de l'ancien leader du groupe Tindersticks. Du cinéma sensoriel, parfois crispant, qui triture tant la matière du chaos qu'il finit parfois par y sombrer, entre séquences inutiles, personnages fantomatiques et répétions superflues. Mais même lorsqu'elle trébuche, la réalisatrice est passionnante.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Tout à fait volontairement, la photographie de White Materiel ne tente jamais de rehausser les couleurs de cette Afrique. Les marrons ocres semblent passés, mais ne s'approchent jamais du rouge, le ciel est lourd mais délavé et le gris des bâtiments entérinent ce sentiment de tristesse. Pas forcément le résultat que la plupart attendent d'un DVD, aux contrastes généralement plus soutenus, mais en l'occurrence le master en présence respecte à la lettre le travail de la réalisatrice.

 

Son :
Deux choix s'offrent à nous. D'un côté un Dolby Digital 2.0 idéal pour ceux qui ont branché leur lecteur sur la télévision, avec une dynamique surround efficace. De l'autre, le DTS 5.1 qui fait preuve de beaucoup plus de force. Non pas pour imposer quelques effets poussifs, mais bien pour retranscrire l'ambiance étouffante, les sourdines imposées sur certains dialogues et faire vivre l'ailleurs décrit à l'écran.

 

Interactivité :
Il y avait à dire, et surtout à écouter, mais Claire Denis n'apparaît ici que dans un court mini-reportage sûrement filmé au téléphone portable, enregistré lors de son retour au Cameroun pour présenter le film. A peine une dizaine de minutes qui permettent surtout d'apprendre qu'il n'y existe plus de salles de cinéma et de comprendre en sous-texte la tendresse qu'a la réalisatrice pour le pays de sa jeunesse. Rien en définitive pour analyser son film et par extension son cinéma. La courte scène coupée, ou plutôt alternative, s'avère anecdotique.

 

Liste des bonus : Yaoundé 2010 (12'), scène coupée (2'), bandes-annonces

 
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