LE LOUP-GAROU DE LONDRES
An American Werewolf in London - Etats-Unis - 1981
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Genre : Horreur
Réalisateur : John Landis
Musique : Elmer Bernstein
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS 2.0
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 97 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 1 septembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Deux jeunes américains en vacances s'égarent dans une région déserte de l'Angleterre. Ils sont attaqués par une bête étrange. Peu après, l'un d'entre eux s'éveille dans un hôpital...
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"un autre genre d'animal"

Malgré le manque de succès du Wolfman de Joe Johnston, Universal en profite pour ressortir une nouvelle édition de l'un des ses fonds de catalogue préférés : Le Loup-garou de Londres. Malgré les années, le film est plus séduisant que jamais, rappelant que mieux que la synthèse, il reste le latex... et l'inspiration.

 

Si Le Loup-garou de Londres est resté après toutes ces années dans toutes les mémoires, c'est en premier lieu pour son inoubliable séquence de transformation. Alors que l'exercice ne jurait depuis des années que par un enchaînement stoïque de plans en fondus-enchaînés, le génie des effets spéciaux Rick Baker (Greystoke, Men in Black, Hellboy) et le réalisateur John Landis, imaginent une vision plus construite et plus graphique. Le corps se transforme miraculeusement devant les yeux du spectateur avec un sens du détail révolutionnaire, tandis que le jeu de l'acteur, du montage et l'utilisation inspirée de la chanson Blue Moon lui confèrent une tonalité plus tragique qu'horrifique. Une mise en scène et une technique qui servent aujourd'hui encore de maîtres-étalons, mais qui alors s'avèreront être un véritable choc pour les spectateurs. Mais cette séquence culte fait souvent oublier que la réussite de cet essai ne s'arrête pas à son avancée dans l'histoire des effets-spéciaux, mais tient surtout à sa réinvention du mythe lycanthropique.

 

american Beauty

 

Réalisateur reconnu et apprécié pour son sens implacable de la comédie, John Landis sort au début des années 80 de trois énormes succès populaires : Hamburger Film Sandwich, American Collège et Les Blues Brothers. Rien qui ne le destine dans le regard du public et du studio à la mise en scène d'un film d'horreur. Ce projet, il le trimballe pourtant depuis ses tout débuts.  Landis ne renie en rien son sens du farfelu, voire de la grosse artillerie comique, puisque tout le pari du Loup-garou de Londres est justement de mélanger les genres et les tonalités, passant du rire de décalage à la romance, de l'humour noir au comique de situation avec une décontraction sidérante. Rendant son dû aux classiques de « l'homme-loup », le long-métrage rejoue la séquence des landes écossaises, des villageois apeurés, de la malédiction, mais s'amuse à confronter cette mythologie d'un autre âge au monde urbain des 80's, histoire d'accroître encore le fossé entre ce touriste américain et le flegme britannique. Toujours drôle, fantaisiste, cette comédie horrifique se montre particulièrement habile dans sa volonté constante d'ancrer la dramaturgie (aussi irréaliste soit-elle) dans un cadre presque naturaliste. Des transformations aux apparitions de la créature dans les rues de Piccadilly Circus, en passant par les interventions impromptues des anciennes victimes de la bête sous la forme de morts-vivants en décomposition, tout est exposé avec un naturel désarmant, perturbant et donc aussi crédibilisant que flippant. Maître du contre-pied (voir son clip pour le Thriller de Michael Jackson), John Landis atteint des sommets lors des séquences de cauchemars, dont la construction et la photographie ne dérogent pas au reste du dispositif malgré l'apparition de loups-garous nazi ! Plus qu'une scène culte, Le Loup-garou de Londres reste encore aujourd'hui un vrai chef d'œuvre.     

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Le DVD commençant à dater, Universal avait retravaillé sa copie pour la sortie du film en HD-DVD. Le travail est ici repris à l'identique avec un master particulièrement soigné, apportant une vraie précision dans les détails et une profondeur de champ inédite (voir la poursuite dans le métro). Malgré une photographie qui se veut brute et naturelle, les couleurs connaissent elles aussi une vraie hausse dans leur restitution et les contrastes bien dessinés parachèvent le tout. Restent encore des plans très abimés avec un effet neigeux bien daté et de rares taches jaunes montrant que la restauration n'a pas été effectuée plans par plans, mais le résultat final reste plus qu'appréciable.

 

Son :
Le risque, en remixant en DTS HD Master Audio des pistes datant de l'avant-5.1, est d'obtenir une bouillie artificielle d'effets dissonants. L'écueil est ici évité, profitant de l'amplitude de ce type de mixage pour apporter une limpidité nouvelle et un confort sonore inattendu. Les sources frontales (dialogues, musique) sont le plus souvent sollicitées, mais les quelques éveils des enceintes arrières sont toujours effectués à bon escient, ajoutant quelques sursauts au visionnage. Un excellent travail, dynamique et solide, qui se montre presque plus respectueux du travail initial que le DTS 2.0 français dont le doublage (pourtant réussi) aplatit clairement les ambiances.

 

Interactivité :
Le Loup-garou de Londres faisait déjà partie lors de sa sortie en DVD des premières grandes éditions collectors (le packaging transparent a pris un bon coup de vieux cela dit). Pas étonnant que l'éditeur reprenne ici l'intégralité des bonus déjà produits. Idéale pour son aspect rétro, la featurette d'époque est amusante, mais on garde surtout un souvenir ému de l'interview de Rick Baker explicitant les techniques utilisées, du long reportage sur la fabrication de la main « étirable », des chutes de pellicules et forcément de l'interview rigolarde du réalisateur. On était sans doute moins séduis par le commentaire audio regroupant les deux acteurs principaux, trop occupés qu'ils étaient à visionner le long-métrage, malgré quelques anecdotes sympas et un ton des plus détendus. A tout cela, il faut désormais ajouter deux suppléments inédits dont une nouvelle interview de Baker se concentrant sur sa passion pour les films de loup-garou... lui permettant de faire un peu la promo de l'excellent Wolfman. Mais la plus belle surprise reste clairement l'ajout d'un documentaire fleuve (aussi long que le film) revenant sur le tournage du film à grands renforts d'images d'archives et d'interviews de toute l'équipe (acteurs, producteurs, monteur, mixeur, etc.). Passionnant de bout en bout, le making-of analyse toutes les scènes importantes en suivant la chronologie du film. Une nouvelle fois, les effets spéciaux se taillent la part du lion, mais les sujets de la censure, de la sortie la même année de deux concurrents (Wolfen et Hurlements), des difficultés du tournage dans un froid implacable sont évoqués avec une nostalgie touchante. Forcément dans ce déluge de témoignage, c'est toujours John Landis qui séduit le plus, avide de détails croustillants et de bons mots imparables. Such a charming guy !

 

Liste des Bonus : Beware the Moon (97'), I Walked with a Werewolf (8'), Entretien avec John Landis  (18'), Entretien avec Rick Baker (11'), Featurette d'époque (5'), Casting of the Hand (11'), Bêtisier (3'), Storyboard (2'), Montage photo (4'), Bandes-annonces 

 
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