ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (1933)
Alice in Wonderland - Etats-Unis - 1933
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Genre : Conte
Réalisateur : Norman Z. McLeod
Musique : Dimitri Tiomkin
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 73 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 25 août 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
S'endormant au pied d'un arbre, Alice est réveillée par un lapin blanc à l'attitude bien étrange et décide de le suivre... et tombe dans un terrier, boit une potion magique et mange un gâteau enchanté qui la font grandir et rapetisser tout à tout. Elle nage dans une mer de larmes et rencontre de biens étranges créatures…
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Guigendélirons enfin

Tristement remis (ou pas) des derniers films estampillés Disney, dont un Tim Burton de sinistre mémoire, on aime à penser qu'une autre visualisation d'Alice au Pays des merveilles est possible. Redécouverte dans les cartons poussiéreux d'Universal, cette version pionnière remet les pendules à l'heure et redonne un petit coup de folie.

Longtemps échangé sous le manteau sous la forme de DVD bootleg à la qualité plus que discutable, le Alice au pays des merveilles de 1933 avait disparu des mémoires de nombreux cinéphiles tout autant que des réseaux de diffusion. Ecrasé sous une multitude d'adaptations cinématographiques ou télévisuelles inégales, cette vision noir et blanc des livres pourtant colorés de Lewis Caroll (Alice au pays des merveilles et A travers le miroir), affiche forcément plus violement son âge avancé. Pourtant cette production Paramount n'a rien du petit divertissement dominical vite emballé pour les gamins. Techniquement assez impressionnant pour l'époque dans son utilisation décomplexée des effets spéciaux, le film étale aussi un casting de star assez imposant (Gary Cooper, Cary Grant, W.C. Fields...) tous venus en guest, avec ou sans maquillage, pour livrer quelques dialogues délirants. Confié à un réalisateur maison, Norman Z. McLeod, dont le sens de l'absurde (plus que sa mise en scène académique) avait accompagné à merveilles les délires des Marx Brothers sur Monnaie de singes, il fait preuve d'une grande fidélité envers les textes originaux, faisant défiler quasiment l'intégralité du bestiaire décrit dans les livres, et préservant avec sincérité l'opposition entre l'imaginaire de l'enfance et l'absurdité du monde adulte. Un sérieux qui n'entame en rien la drôlerie et la fantaisie d'un univers riche en allusions et double sens.

 

effets de miroir


Une réussite que l'on doit, semble-t-il, surtout au scénariste William Cameron Menzie qui d'après quelques archives n'a pas limité sa participation à la machine à écrire. Chef décorateur sur le Voleur de Bagdad (Raoul Walsh, 1924) ou Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1939), directeur artistique et réalisateur de Les Envahisseurs de la planète rouge, ce dernier est à l'origine des décors surréalistes et des nombreuses idées graphiques qui parsèment le métrage. Effets spéciaux visuels, maquillages, costumes outranciers, cet Alice au pays des merveilles est généreux et esquive les problèmes techniques avec une réelle ingéniosité (voir la poussée de croissance fulgurante de la jeune fille, la séquence d'animation pour Mr Le Morse et le charpentier...). Cela n'empêche pas le métrage d'être alourdi par quelques scénettes un peu trop étirées ou des transitions peu convaincantes. Mais ces défauts ne semblent pas avoir gêné un certain Walt Disney pour s'en inspirer dans les grandes largeurs moins de vingt ans plus tard. Ente les couleurs des images promotionnelles (la robe bleu avec le tablier blanc), la chute dans le trou de lapin, la scénographie de la séquences du thé avec le Chapelier et le lièvre de mars, les mouvements des hommes-cartes... Les emprunts sont nombreux et font moins penser à un hommage qu'à une entourloupe pure et simple. Plus qu'une curiosité, cette mouture s'inscrit clairement comme un jalon indispensable de l'adaptation de Caroll au cinéma.    

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Film resté longtemps invisible, ou alors dans des conditions particulièrement craignos, il avait refait surface avec une sortie DVD signée Universal il y a une petite dizaine d'années. Depuis comme le veut la coutume l'objet à été confié à des éditeurs tiers comme Kino aux USA et Elephant en France, mais la source première reste inévitablement la même. Soit une copie quelques peu fatiguée, encore marquée par des griffures et autres imperfections dûes à un âge avancé, où par des contrastes fluctuant d'une scène à l'autre. Le transfert HD permet tout de même de gagner en définition, en détails et en fermeté, ce qui vu l'histoire du film est déjà une bonne surprise. Et comme on n'est pas près d'avoir un scan 4K de dernière cuvée...

 


Son :
Dans un sens, le mono d'origine parait relativement convenable avec certes quelques effets d'étouffements, mais rien de vraiment contraignant. Il aurait tout de même paru bien venu de fournir au passage la version française d'époque, sans doute disparue depuis longtemps. Question tout simplement d'intéresser les quelques derniers bambins capables de s'installer devant un film en noir et blanc. Dommage.

 


Interactivité :
Monsieur Cinéma de Quartier est de retour pour une présentation face caméra et droit comme un i comme le veut désormais la tradition. Sans surprise le bonhomme adore le film et s'efforce d'en souligner les nombreuses qualités, tout en évoquant quelques autres moutures plus ou moins connues et en tapant allègrement sur la tête de Walt Disney. Petites filmos des grands noms attachés au projet, célébration du directeur artistique du film, Dionnet se perd un peu parfois mais l'énergie est toujours là.

 

Liste des bonus : Présentation du film par Jean-Pierre Dionnet (9').

 
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