BATTLEFIELD EARTH
Etats-Unis - 2000
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Battlefield Earth »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Roger Christian
Musique : Elia Cmíral
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 113 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 18 janvier 2023
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Battlefield Earth »
portoflio
LE PITCH
En l’an 3000, la Terre n’est plus qu’un désert, et l’homme une espèce en voie de disparition. Mille ans auparavant, les féroces Psychlos ont envahi notre planète, anéanti ses défenses, rasé ses villes et aboli ses institutions. Mais au milieu des Rocheuses vit un jeune et héroïque chasseur, Johnnie Goodbye Tyler, décidé à redonner espoir et dignité aux siens, et à affronter le terrible Terl…
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La folle histoire de l'espace

Considéré comme l'un des pires films jamais tournés et véritable accident industriel qui nous permis d'échapper à la trilogie tant espérée par John Travolta, Battlefield Earth reste un sacré cas d'école, montrant que la bonne parole aveugle des fidèles ne peut aboutir qu'à une triste farce bien involontaire. Le vrai Bug de l'an 2000 c'est lui.

Producteur et star numéro 1 du film, John Travolta espérait mettre en boite cette grande saga Space Opera depuis au moins 15 ans. Depuis sa découverte en tout cas du roman publié en 1982 par un certain L. Ron Hubbard qui s'avère... ooooh surprise, le fondateur de L'Eglise de scientologie dont John Travolta est le plus célèbre et le plus ardant défenseur juste derrière le collègue et gourou Tom Cruise. Au-delà du fait que le roman s'avère une œuvre bien laborieuse et totalement dépassée (et méchamment pompée sur La Planète des singes), il véhicule naturellement, non sans quelques tentatives de dissimulation sous le vernis de l'aventure pulp, des échos aux doctrines et aux méthodes de la secte. Que ce soit dans l'apparition d'un leader éveillé par une machine futuriste permettant l'ouverture de la conscience, l'illustration d'une civilisation ennemie accentuant toute la décadence humaine et un messie sortant de nulle-part pour guider la nouvelle humanité, la MIVILUDES apprécie. Projet coûteux tout de même et il lui faudra donc attendre jusque 1998 et l'arrivée de Franchise Picture, pour que le financement, aidé par des deniers allemands (« ils ont toujours eu beaucoup de goûts les allemand ») et de larges économies personnelles pour que l'entreprise puisse décoller. Pour mieux se crasher dans la foulée. Car outre le message assené avec la ferveur d'un disciple dévoué, Battlefield Earth réussit à faire pire que le roman original, déversant un scénario totalement décousu et bourré d'ellipses hautement acrobatiques (les rois du salto arrière) transformant en quelques minutes des humains réduits à leurs ancêtres de Cro-Magnon en pilotes d'avion de chasse prêts à se débarrasser de leur oppresseur et balancer directement une bombe atomique sur leur maison mère. Bin tien !

 

Psychlotonique


Une histoire d'amourette qui passe (mais alors vite-fait), un héros qui fronce beaucoup les sourcils (Barry Pepper qui a heureusement réussi à se refaire depuis) et des méchants grimaçants et lourdauds, incarnés par Travolta et son pote Forest Whittaker (lui aussi encarté chez les illuminés), qui préparent un gros détournement d'or (à priori la matière la plus précieuse de l'espace) au nez de leurs empire adoré... Tout le monde cabotine comme jamais, mais ces deux-là sous leurs costumes encombrants entre dreadlocks, pantalon cuir et chaussures compensées de reines de la nuit, décrochent la timbale. Rien ne tient là-dedans, constamment enfoncé par des dialogues ou des grognements façon La Guerre du feu, assez lamentables et les ambitions artistiques détonantes Roger Christian. Un roi du bis fauché et du DTV anecdotique dont la seule vraie fierté aura été d'avoir œuvré comme décorateur sur le premier La Guerre des étoiles et comme assistant réalisateur sur La Menace fantôme. Persuadé qu'il tient là son Citizen Kane à lui, il décide alors d'imposer sa patte sur chaque plan, sa personnalité sur chaque séquence, ce qui résulte par une succession ininterrompue de cadres étrangement penchés (pourquoi ? on ne le saura jamais), des ralentis à n'en plus finir et des répétitions de montages censés soutenir l'intensité dramatique de l'action. Bardé de filtres verdâtres ou bleutés, d'effets spéciaux déjà pas bien spectaculaires en 2000, Battlefield Earth prend la flotte de toute part et s'enfonce dans les eaux glacées du nanar tel le Titanic de Titanic 2.

Difficilement regardable, mou et même pas si drôle, Battlefield Earth sera naturellement une sacrée déconfiture aux box-offices n'engrangeant que 23 millions de dollars pour 75 millions de dollars investis... Une partie des fonds ayant d'ailleurs été détournés par la firme Franchise Pictures. Joli retour de Karma.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Manifestement ni la Warner, ni un petit éditeur courageux, ni même l'église de Scientologie, malgré son compte en banque indécent n'ont jugé bon d'offrir à Battlefield Earth une restauration digne de ce nom. Produit en 2020, le master en présence a donc été manifestement retravaillé à partir de la même source que le DVD bien daté, offrant certes des cadres propres, mais totalement délavés par une série de logiciels ayant évacués le grain de pellicule, les matières, la profondeur et les nuances des couleurs, retrouvant ce fameux aspect « poupée de cire » si désagréable. Quelques tentatives d'Edge Enhancement pointent leur nez, accompagnés dans la foulés parfois d'effets de banding et de retours d'artefact sur les arrière-plans. Uniformément plat et sans saveur.

 


Son :

La version doublée française retrouve sa petite stéréo d'origine mais avec un DTS HD Master Audio qui affermit légèrement la clarté frontale, tandis que la version originale profite d'un DTS HD Master Audio 5.1 forcément plus dynamique et... juste un poil spectaculaire. Quelques tentatives de redonner un peu d'ampleur au spectacle, quelques effets SF sur les arrières (les vaisseaux des Psychlos), un soupçon d'ambiance mais jamais vraiment enveloppant, rappelle encore et toujours la pauvreté de l'objet.

Liste des bonus : Aucun.

 

 

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