THE WIZ
Etats-Unis - 1978
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Wiz »
Réalisateur : Sidney Lumet
Musique : Charlie Smalls
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 134 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 13 décembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Wiz »
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LE PITCH
Dorothy, une institutrice new yorkaise est propulsée par un tourbillon dans un Harlem magique remplit de fées, de magiciens et de sorcières. Elle doit trouver le magicien d’Oz, seule personne habilitée à la ramener chez elle…
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Ease on the road

Lourde production réimaginant le mythique Le Magicien d'Oz à l'aune de l'histoire et de la culture afro-américaine, The Wiz avait sur le papier tout pour être un véritable carton et une date dans l'histoire du la comédie musicale sur grand écran. Oui mais voilà, la route de briques jaunes est pleine de nids de poule.

Imaginé par le producteur Ken Harper et composé et écrit par Charlie Smalls, The Wiz mit certes quelques mois à s'imposer, mais il devint cependant dès 1975 le must-see des rues de Broadway. Une réécriture du célèbre univers imaginé par L. Frank Baum, mais aussi de sa très célèbre adaptation hollywoodienne, qui avait la particularité d'être entièrement interprété par des artistes noirs, mais qui surtout utilisait la célèbre trame pour retracer en filigrane les grandes lignes de l'histoire de l'émancipation des afro-américains. Un gigantesque succès, qui forcément attira les pontes d'Hollywood mais aussi la fière Motown qui avait depuis longtemps la double ambition de faire son trou dans le petit monde du cinéma et d'imposer sa plus grande star : Diana Ross. Une chanteuse de 35 ans pour incarner une petite fille, même Judy Garland ne l'avait pas osé, et The Wiz version cinéma la transforme alors en jeune institutrice de 22 ans sans être beaucoup plus convaincant. Pas franchement actrice, surjouant la moindre émotion (beaucoup de yeux larmoyants) et manquant de charisme à l'écran, Diana Ross plombe effectivement malgré elle un projet qui en définitive n'avait pas vraiment besoin de ça.

 

You can't win


Pourtant l'entreprise s'attache aussi les bons soins de Quincy Jones qui en plus de dynamiser et secouer les compositions existantes, d'y creuser les accents funk et disco, se fend de quelques chansons supplémentaires comme Can I Go On ? Marquant d'ailleurs la rencontre historique de ce dernier avec un Michael Jackson, ici dans le costume du gentil épouvantail, en pleine émancipation, The Wiz est musicalement une vraie belle réussite avec de grandes performances vocales et des croisements surprenants entre la modernité de l'époque et des élans du musical à l'ancienne. Finalement ce qui pèche le plus dans The Wiz, ce sont les choix de son metteur en scène. Auteur de 12 hommes en colères, Serpico, Network ou Le Crime de l'Orient-Express, Sidney Lumet était pourtant une valeur sûre, grand amateur de polar et de thriller réaliste, mais aussi adepte de ce « non-style », d'une certaine discrétion dans la rugosité et l'efficacité de sa mise en scène. Peut-être empêtré dans une production lourde et un budget plus qu'imposant, peu à l'aise dans l'exercice de la comédie musicale ou inadéquate pour se connecter avec la magie surannée et colorée du matériau d'origine, il peine en effet à faire décoller l'objet, suivant avec lourdeur les chorégraphies pourtant entrainantes, enchainant tristement les tableaux musicaux sans y inscrire de l'émotion. La réalisation patine là où elle devrait emporter le spectateur, et le choix esthétique, pourtant très intéressants, de marier la réalité contemporaine du New York crasseux de la fin des 70's (le métro, les bâtiments délabrés, le quartier chaud...) avec l'univers du conte porté par les maquillages, costumes ou décors grandioses, ne fonctionne jamais vraiment, les alternances studios / extérieurs rompant inévitablement la magie.

Au passage bien trop long pour son bien, The Wiz n'est donc ni l'évènement cinématographie qu'il aurait dû être, ni le film culte qu'il aurait du devenir. Il reste cependant le témoignage intéressant d'une certaine reconquête de la culture américaine par le peuple noir (on était en pleine Blacksploitation) et surtout la démonstration de certains de leur plus grand talents de l'époque. La musique de The Wiz reste, elle, imparable.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

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Image :
Daté d'un peu plus de dix ans, le master HD de The Wiz avait déjà un peu de mal à s'imposer alors. Pas de retour à la source mais une restauration entièrement numérique pour un film dont la photographie tour à tour granuleuse, vaporeuse, aux collages datés et à la photographie tirant très souvent vers la grisaille urbaine aurait certainement mérité un travail de fond. En l'état la copie ne peut pas faire de miracle et affiche donc une définition fluctuante et des teintes, en particulier dans les décors très contemporains, manquant d'intensité. Heureusement certains plans s'en sortent beaucoup mieux avec un piqué bien marqué et des couleurs féeriques admirablement portées, et surtout l'ensemble s'en sort grâce à une propreté et une stabilité très agréable.

 


Son :
Logique que la piste originale, très bien portée en simple stéréo, ait été gonflée en DTS HD Master Audio 5.1 venant accompagner avec dynamisme et surtout une grande limpidité les performances musicales. Les voix sont claires et gagnent définitivement en émotion. Comme pour Le Magicien d'Oz, la version française alterne les dialogues en français et les chansons en anglais (avec sous-titres bien entendu) mais avec un son général trop bas et souvent très étouffé.

 


Interactivité :
Dommage que la petite bande promo d'époque, présente sur l'édition américaine ne soit pas présente ici. Dommage surtout qu'aucun véritable documentaire n'ait été produit sur la production du film. Elephant invite donc le journaliste musical Olivier Cachin à revenir sur les origines du film, son imposante production et les raisons diverses de son échec. Le propos tend très souvent à se consacrer à la performance de Michael Jackson, artiste de nouveau au centre de l'engouement dans l'intervention enthousiaste de notre vénérable Jean-Pierre Dionnet.

Liste des bonus : « Mon Michael Jackson » par Jean-Pierre Dionnet, Le film par Olivier Cachin, Bandes-annonces

 

 

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