GINGER ET FRED
Ginger e Fred - Italie - 1986
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Ginger et Fred »
Réalisateur : Federico Fellini
Musique : Nicola Piovani
Image : 1.66 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 128 minutes
Distributeur : Tamasa
Date de sortie : 14 novembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Ginger et Fred »
portoflio
LE PITCH
Amelia et Pippo, un ancien couple de music-hall, se retrouvent après une séparation de 30 ans à l’occasion d’un show télévisé. Ils doivent reprendre leur imitation de Ginger Rogers et Fred Astaire dans un numéro de claquettes. Mais ils ont vieilli et appartiennent à un autre monde...
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Tous des fils de pub...

Parti en croisade contre les publicités et le monde de la télévision jusque dans les tribunaux, Federico Fellini enfonçait un peu plus le clou en 1986 avec Ginger et Fred. Une charge acide et désabusée qui permettait de réunir pour la première fois le formidable duo Giulietta Masina et Marcello Mastroianni.

Lorsque sort Ginger et Fred en 1986, le cinéma italien subit déjà son long déclin depuis la fin des années 1970 après un âge d'or de plus de vingt ans. Entre la concurrence du cinéma américain et le nombre de films produits qui chute de moitié, la télévision et son représentant omnipotent Silvio Berlusconi ont également leur part de responsabilité. Ulcéré par le traitement des films, dont les siens, sur les chaînes de la Rai avec moult pages de publicités, Federico Fellini avait d'ailleurs intenté un procès à la chaîne et son président en 1984.
Procès finalement perdu en 1985 pendant la réalisation de Ginger et Fred... Assisté par Tonino Guerra au scénario, Fellini règle ses comptes avec le petit écran en envoyant deux représentants de la « vieille école », un couple de danseurs, dans l'abîme du sensationnalisme et de la marchandisation. Visionnaire et lucide sur l'impact de la télévision sur les masses, le film nous décrit aussi son époque en nous présentant une Rome grise et sale, où les poubelles fumantes et les panneaux publicitaires sont omniprésents..."

"la lumière ne reviendra pas"


Satire cinglante parfois vulgaire certes, le film heureusement garde un peu de la magie, de cette poésie douce-amère qui anima le cinéma de Fellini. Notamment grâce à la réunion de deux habitués de sa filmographie qui n'avaient pourtant jamais tourné ensemble : Giulietta Masina, qui n'avait plus joué dans un film de son mari depuis 1965 et Juliette des esprits, et Marcello Mastroianni. Tels deux clowns tristes, ils symbolisent un ancien monde en voie d'extinction, celui des arts vampirisés par le modernisme, en l'occurrence les claquettes. Leur charme désuet se retrouve ignoré de tous et c'est seulement au hasard d'une répétition dans des...toilettes, ou dans l'obscurité lors d'une panne de courant, que l'alchimie fonctionne.
Deux superbes séquences empreintes de nostalgie où l'obscurité demeure le meilleur refuge car de toute façon « la lumière ne reviendra pas »... Ces retrouvailles sonnent aussi comme une forme d'adieu, celui de son réalisateur qui pose son regard mélancolique sur une époque qui l'est tout autant.

Malgré son caractère outrancier, ses décors grandioses et froids (tout Cineccità fut réquisitionné pour le film) et son amertume, Ginger et Fred, sans atteindre les sommets de la carrière de son auteur, demeure une œuvre moderne et visionnaire qui interroge et critique notre propre regard de spectateur.

Samuel Bouvet




 

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Image :
Restaurée 2K par TF1 Studio, la copie présente une belle définition, des cadres stables, des tonalités de couleur bien saturées malgré le caractère froid de la photographie Une restauration de qualité.

 


Son :
Le Master proposé remplit son œuvre et se montre claire et équilibrée. Les deux versions sont propres et permettent d'écouter confortablement la musique de Nicola Piovani, entre hommage à Nino Rota et compositions « eighties » rappelant Goblin ou Fabio Frizzi...

 


Interactivité :
Outre un livret de 36 pages, l'édition concocté par Tamasa nous propose également un entretien passionnant avec Frédéric Mercier (Transfuge, Positif) qui ne voit pas le film seulement comme une satire mais aussi un regard sur une humanité qui devient elle-même spectatrice. Ses parallèles entre l'ouverture du film et celle du train dans le flim des frères Lumière sont particulièrement bien vus, tout comme l'aspect science-fiction d'éléments du récit.

Liste des bonus : Un livret de 36 pages par l'Avant Scène Cinéma, Le film vu par Frédéric Mercier (37'), Bandes-annonces 1985 et 2000 (4'), Films-annonces (3').

 

 

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