LA GUERRE DES POLICES
France - 1979
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Image de « La Guerre des polices »
Genre : Policier
Réalisateur : Robin Davis
Musique : Jean-Marie Sénia
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 103 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 4 janvier 2023
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Guerre des polices »
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LE PITCH
Les commissaires Ballestrat et Fush, respectivement chef de la Brigade territoriale et de la Brigade antigang, traquent Sarlat, l’ennemi public numéro 1. Au lieu de conjuguer les efforts, les deux hommes entrent en concurrence, chacun cherchant à prouver la supériorité de son équipe.
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Le discours de la méthode expéditive

Enorme succès populaire du cinéma français de l'année 1979, La Guerre des polices vaudra même à Claude Brasseur un César du meilleur acteur, et participera pleinement au changement de visage du polar hexagonal, évacuant les derniers détectives héroïques pour faire place aux vrais flics de la rue. Toute une époque comme dirait l'autre.

Si les loups solitaires, souvent embringués dans des complots industriels et politiques ont clairement occupé le paysage du polar durant les années 70, l'arrivée des années 80 va changer la donner, s'approcher de plus en plus du simple flic, de son quotidien et, assez logiquement, d'un environnement entièrement en dégradé de gris. Sans atteindre la peinture de policiers ouvertement corrompus, ultra violent et se confondant de manière inquiétante avec ceux qu'ils sont censés poursuivre, La Guerre des polices commandité par la productrice Véra Belmont (Les Loulous, Légitime Violence, Bayan Ko...) lui ouvre clairement la voie en décrivant la lutte interne qui oppose la brigade territoriale et la brigade antigang, cristallisée autour de l'arrestation d'un braqueur déclaré nouvel ennemi public Numéro 1. D'un côté un toujours excellent Claude Rich servant à merveille son commissaire manipulateur, arrogant et parfaitement cynique, de l'autre Claude Brasseur, obstiné mais beaucoup plus franc, voir bourrin. Au milieu une dizaine de collaborateurs, et autant de bons seconds rôles français (Jean François Stevenin, Jean Pierre Khalfon, Rufus...) qui se tirent la bourre, multiplient les croche-pattes et les sales coups quitte à provoquer l'échec d'une arrestation, voir la mort d'un collègue. Mais si finalement le film n'ira jamais assez loin de ce côté-là, la tension est impeccablement portée par le casting, profitant d'excellent dialogues certainement peaufinés par Jean-Patrick Manchette pour offrir un mélange de véracité et de verve qui peut faire le charme des bons films français.

 

the streets of panam


Peu importe alors sans doute que le scénario manque parfois d'énergie et que l'enquête croisée proprement dite ne passionne jamais vraiment, l'atmosphère des commissariats de quartiers, la dureté du métier et ses nombreux glissements vers le tabassage gratuit de suspects, les bavures, les emportements racistes et surtout les manigances politiques du système sont parfaitement dépeintes. Une quête de réalisme qui semble parfois aussi restreindre les ambitions du jeune réalisateur Robin Davis (Le Choc, Hors-la-loi) dont on sent les scènes d'action tendre vers le spectaculaire (échanges de balles, face-à-face virils, courtes poursuite véhiculées) sans jamais atteindre bien entendu l'efficacité américaine. Un film de transition en sommes, venant entamer une modernisation nécessaire du polar franchouille, La Guerre des polices est un bon petit film de genre parfois coincé entre les deux décennies. La première victime en est certainement Marlène Jobert, alors seule vraie star du film, présentée comme une vraie flic à la dure, courageuse et tenace, capable de prendre de la hauteur et de critiquer les méthodes des deux supérieurs hiérarchiques et de les alerter sur la spirale dans laquelle ils s'engouffrent, mais à laquelle le film plaque inévitablement une romance avec Brasseur et donc l'amorce d'un triangle amoureux peu convaincant et inutile. Même curiosité devant ses séquences de nus, certes très agréables à l'oeil, mais d'une gratuité bien trop voyante comme dans cette ouverture au ton plutot comique devenue la scène la plus célèbre du film. Toute une époque comme dirait l'autre.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Copie HD inédite, celle-ci est une excellente surprise qui va faire oublier à beaucoup d'anciens souvenirs d'une image fadasse, délavée et neigeuse. Les cadres ont été sérieusement nettoyés et stabilisés, la colorimétrie rééquilibrée et le tout se dote désormais d'une définition solide et creusée qui redonne un joli relief à l'ensemble. Bien entendu l'esthétique générale vire vers le gris bitume, mais le master ne manque pas d'intensité et se sort finalement même assez bien des petits désidératas de plans nocturnes et d'une pellicule un peu floconneuse.

 


Son :
La piste mono d'origine est présentée dans un DTS HD Master Audio 2.0 clair et limpide. L'ensemble est naturellement frontal dans sa restitution mais ne laisse entendre aucune perdition et accompagne parfaitement la nervosité des dialogues.

 


Interactivité :

Un seul supplément sur la galette mais il est loin d'être négligeable. Dépassant l'heure le documentaire « En quête de vitesse » permet au réalisateur Robin Davis, accompagné de son assistant, de son monteur et de son scénariste, de revenir sur les origines du film, ses évolutions scénaristiques, son tournage et sa réception. Des entretiens très complets qui discutent construction dramatique, jeux des acteurs, choix des lieux de tournages, effets de montage et tentation du bis américain avec beaucoup de franchise.

Liste des bonus : « En quête de vitesse » : documentaire sur le film avec Robin Davis, Patrick Laurent, José Pinheiro, Alain Maline, réalisé par Roland-Jean Charna (Inser & Cut Production, 2022, 64'26").

 

 

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