LE LAGON BLEU
The Blue Lagoon - Etats-Unis - 1980
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Genre : Aventure
Réalisateur : Randal Kleiser
Musique : Basil Poledouris
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Audio 2.0 mono français, italiens, allemand….
Sous-titre : Français, anglais, italien, espagnol…
Durée : 104 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 18 janvier 2023
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Lagon Bleu »
portoflio
LE PITCH
À la suite d’un naufrage, Emmeline, son cousin Richard et Paddy, le cuisinier du bateau finissent par échouer sur une île paradisiaque riche en fruits, eau et poissons. Au fil des jours, ils apprennent à se familiariser avec ce nouvel environnement. Quelques temps après, Paddy meurt et les deux jeunes enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Adolescents, ils découvrent l’amour… Plus tard, en retournant sur les lieux de leur premier campement, Emeline et Richard sont attaqués par...
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les fruits défendus

Symbole d'un cinéma américain nunuche et évangélique, Le Lagon bleu et son amourette adolescente sur une île déserte n'a pourtant jamais cessé de s'attirer les foudres de la censure et de critiques morales y voyant forcément quelque chose de douteux et de malsain. Le Paradis perdu est effectivement si dur à retrouver.

Fier réalisateur d'un certain Grease, déflagration populaire et musicale de 1978 sur laquelle on n'a pas fini de danser, Randal Kleiser avait alors en main les moyens pour réaliser un projet qu'il cajolait depuis ses années étudiantes : Le Lagon bleu. Une nouvelle adaptation du roman de Henry De Vere Stacpoole datant de 1908, qui contait le destin, entre aventure à la Robinson, et éveil sentimental, de deux gamins perdus sur une île déserte. L'ouvrage avait déjà connu une version muette en 1923 et une production anglaise en 1949, mais aucune n'avait naturellement préservé tous les aspects profondément naturalistes de l'auteur, se concentrant purement sur une vision idéalisée de la naissance du sentiment amoureux, oubliant discrètement la question du rapport au corps. C'est pourtant là le vrai centre du récit qui s'attache à montrer comment deux enfants détachés du monde dans lequel ils auraient dû grandir, finissent par abandonner certains carcans moraux, acceptant par exemple totalement la nudité de l'autre comme quelque chose de naturel. Même à l'amorce de l'adolescence, alors que leurs corps se transforment et que leurs hormones apportent de nouvelles sensations et de nombreux questionnements, les deux jeunes gens partagent et découvrent conjointement, non sans difficulté, la simplicité et le bonheur de la sexualité.

 

retour de vagues


Sans une once de vulgarité et avec une délicatesse rare, Randal Kleiser accompagne ses deux personnages aussi bien dans leurs belles années d'innocence, dans leurs baignades dans le plus simple appareil, que dans leur passage à l'adolescence puis à l'âge adulte, jusqu'à la confrontation à la grossesse et la parentalité. Soigneusement mis en scène, mais sans réelle prouesses, Le Lagon bleu s'incarne grâce à la superbe photographie de Néstor Almendros dans un paysage paradisiaque. Au sein de cette nature omniprésente et sauvage s'amorce aussi une légère bestialité, écho de ténèbres qui attendent de l'autre coté de l'île où une tribu presque invisible vient faire ses sacrifices sanglants. Des notes de mélancolie, de nostalgie, d'aventure, de sauvagerie et de romantisme qui sied à merveille au compositeur Basil Poledouris (Conan Le Barbare, A La poursuite d'Octobre Rouge, La Chair et le sang...) qui signait là sa première bande originale de grande envergure. Mais le film tient aussi surtout grâce à la présence délicate et à la beauté de ses deux interprètes Brooke Shields (doublée pour les plans de nudité, rappelons-le) et Christopher Atkins, versions modernes d'un mythe d'Adam et Eve qui n'auraient jamais été chassé du Jardin d'Eden. Inévitablement charmant et poétique, Le Lagon bleu reste cependant marqué par quelques bonnes longueurs (dans la seconde partie surtout) et une dernière bobine tirant un peu à la ligne, ravivant une civilisation, et une allusion biblique, qu'on aurait préféré oublier, là où pourtant le choix d'Emmeline et Richard semblait pourtant des plus clairs.

De ces grands moments de belles innocences, certains n'en retiendront bêtement que perversité voir des relents de pédophilie (affligeant), obligeant la pseudo-suite Retour au lagon bleu (avec Mila Jovovich) et la plus triste encore variation de 2012 Les Naufragés du lagon bleu, à une pudeur mal placée et une niaiserie consternante.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Première édition HD du Lagon bleu en France mais le master, vu aux USA, date-lui de dix ans déjà. Heureusement il s'avère particulièrement performant et n'a finalement pas trop vieilli à l'arrivé, même si un nouveau scan 4K changerait la donne sur les plans larges, un poil trop doux, et sur certains plans composites plus neigeux et moins stables. De petits détails puisque la copie reste particulièrement réjouissante avec une belle palette de couleurs bien lumineuses et vives, des noirs profonds et une définition bien marquée. Les plans sont toujours propres et stables.

 


Son :

Si le doublage français d'origine, un peu niais mais plutôt honnête, reste ancré dans son mono d'origine, la version originale se dote d'un DTS HD Master Audio 5.1 plutôt ample et généreux, venant révéler une ambiance sonore plus enivrante et exotique encore, quelques atmosphères naturelles bien venues à la dynamique très fluide, et donnant plus de pureté encore aux compositions de Poledouris.

 


Interactivité :
Vu l'aura du film et son succès jamais démenti, il est un peu étonnant de ne le voir là accompagné que du seul making of promo d'époque. Plutôt sympa, il suit l'équipe de tournage sur l'île, évoque brièvement (et avec quelques erreurs) les origines du film, délivre quelques interviews entre deux prises, mais cela reste bien court. Le disque américain, depuis longtemps épuisé, y ajoutait deux commentaires audios du réalisateur avec ses acteurs. Ce qui n'est pas foufou non plus.

Liste des bonus : Making of original (1980, 9'08", VOST),Bande-annonce

 

 

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