ICEMAN
Etats-Unis - 1984
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Iceman »
Réalisateur : Fred Schepisi
Musique : Bruce Smeaton
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 13 décembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Iceman »
portoflio
LE PITCH
L’anthropologue Stanley Shepard découvre avec son équipe de chercheurs le corps d’un homme préhistorique congelé. Parvenant à être ranimé, « Charlie » va créer un lien étrange avec Stanley. Mais les autres scientifiques voudraient expérimenter sur le corps du Néanderthal au risque de le tuer rapidement…
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l'âge de glace

Deux ans après le cauchemar en arctique de The Thing, Iceman découvre un nouvel être vivant préservé dans les glaces immortelles : un homme de Neandertal. Exit l'horreur place à l'émotion et à la confrontation entre deux humanités qui n'ont pas forcément l'intention de se bouffer mutuellement.

Projet longtemps envisagé par l'éclectique Norman Jewison (Dans la chaleur de la nuit, Rollerball, Un Violon sur le toit), Iceman sera finalement confié par ce dernier au réalisateur australien Fred Schepisi qui avait connu dans son pays d'origine un certain succès avec The Devil's Playground, The Chant of Jimmie Blacksmith et La Vengeance mexicaine. Un expatrié de la Ozploitation qui se passionne littéralement pour son sujet, sans doute parce que malgré le contexte géographique des plus réfrigérés, il y retrouve en forme sous-jacente des réflexions sur le rapport entre l'homme et la nature, l'ordre naturel et la modernité, sur le retour à une certaine animalité qui traverse régulièrement le cinéma australien. Le métrage est d'ailleurs lui aussi constamment cisaillé entre deux aspirations : d'un côté une illustration extrêmement fouillée et informée des nombreuses notions scientifiques exposées par les personnages, de l'autre un regard toujours plus porté sur l'émotion et l'humanité que sur une quelconque artificialité. Si effectivement les théories d'apparences fantasques sur les raisons qui auraient permi à cet homme renommée Charlie de « survivre » 40000 ans dans la glace sont pourtant très loin d'être basées sur du vent, Fred Schepisi ne semble presque en souligner que les aspects les plus poétiques, soit l'importance inattendue du pollen de fleur dans le processus.

 

réchauffer les coeurs


Scruté, étudié, scanné, prélevé de toutes parts, cet homme sauvage n'en reste pas moins celui qui semble le plus humain dans cette base scientifique isolée. L'équipe largement bienveillante (dont un Danny Glover dans son premier rôle notable), s'efforce constamment de comprendre son comportement, son langage, de créer un lien avec lui, mais mettra bien trop de temps à reconnaitre tout simplement sa douleur. Certain en aurait tiré un thriller, voir un conte fantastique familial, le futur auteur d'Un Cri dans la nuit, La Maison Russie ou Six degré de séparation, préfère en faire un mélodrame civilisationnel tirant peu à peu vers le conte tribal. Imparfait et souvent trop sur la réserve, mais constamment touchant, Iceman marque aussi peut-etre et surtout par la connivence qui s'installe à l'écran entre les deux excellents acteurs que sont Timothy Hutton (Des gens comme les autres, Le Jeu du faucon, La Part des ténèbres...) en jeune scientifique passionné par son sujet, et John Lone (L'Année du dragon, Le Dernier Empereur) méconnaissable derrière un maquillage certes un peu lourd, mais qui n'empêche en rien la crédibilité de son interprétation. Leurs scènes communes, toutes en finesses, quelques bribes de mots et beaucoup de simples regards, jouent à merveille sur la notion de proximité entre ses deux extrémités de l'histoire humaine, comme un simple effet miroir.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

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Image :
Film plus que rare, Iceman reçoit de manière surprenante une excellente copie. Il semble évident que quelques retouches numériques ont été effectuées pour adoucir parfois l'image, on ne peut manquer l'apparition récurrente de spots ou de restes de griffures, mais le rendu général préserve un aspect filmique plus qu'agréable. Les cadres sont effectivement assez proches et sans instabilité marquantes, mais surtout la définition réussit à imposer une profondeur considérable, des couleurs maitrisées et des contours admirablement dessinés. Une très jolie restauration.

 


Son :
Pistes française et anglaise sont disposées ici dans leur mono d'origine mais accompagné de mix DTS HD Master Audio 2.0 leur offrant un gain de clarté et d'équilibre évident. Les dialogues sonnent toujours clairs et la musique de Bruce Smeaton s'y incarnent parfaitement.

 


Interactivité :
Habitué de l'éditeur et des présentations enthousiastes, Mr Dionnet vient soutenir cette édition française de Iceman en se pliant aux petites filmographies d'usage mais aussi et surtout en revenant sur l'angle inédit choisi par le film pour évoquer un retour à la nature primaire de l'homme. Il effectue aussi un parallèle logique avec l'Au-delà du réel de Ken Russell (un bluray quelqu'un ?) et de manière plus amusée avec le groupe prog Devo. Hérité de l'édition américaine, le commentaire audio du réalisateur s'avère malheureusement un peu décevant, manquant d'entrain et restant très évasif avec les soucis rencontrés pendant la production, si ce n'est par l'impact des (toujours) désastreuses projections tests.

Liste des bonus : Commentaire audio de Fred Schepisi (VOST), Le film par Jean-Pierre Dionnet, Bande-annonce d'époque.

 

 

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