NOTRE DAME DE PARIS
France, Italie - 1956
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Image de « Notre Dame de Paris »
Réalisateur : Jean Delannoy
Musique : George Auric
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 120 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 28 octobre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Notre Dame de Paris »
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LE PITCH
C’est le jour de la fête des fous sur le parvis de Notre-Dame. Esmeralda, magnifique gitane au regard de feu, danse et réveille le désir de tous les hommes alentours, en particulier celui de Frollo, prêtre et alchimiste de Notre-Dame qui l’observe par une fenêtre. Fou de passion, il tente de l’enlever le soir même avec l’aide de Quasimodo, être difforme et dévoué, qu’il a recueilli dans la cathédrale. Esmeralda leur échappe et se retrouve sans tarder dans les bras d’un bel...
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le vénérable monument

Première incarnation en couleur de l'œuvre de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris est aussi enfin le retour de ce classique de la littérature sur ses terres d'origine pour un long métrage fastueux, respectueux et auréolé de la poésie parfois espiègle de Jacques Prévert.

Récit mondialement connu et célébré, Notre-Dame de Paris avait déjà donné lieu à deux petits bijoux du cinéma américain avec le film muet de 1923 par Wallace Worsley rendu inoubliable par l'interprétation et le maquillage révolutionnaire de Lon Channey, puis avec un presque impressionniste Quasimodo de William Dieterle profitant cette fois de la présence de Charles Laughton et Maureen O'Hara. Mais avec cette imposante production franco-italienne le français Jean Delannoy (La Symphonie pastorale, Marie-Antoinette reine de France) veut véritablement revenir à la source et s'incarner comme l'adaptation la plus fidèle possible. Plus question de plier sous une quelconque censure et l'ecclésiastique Frollo redevient bien un homme d'église, dévot dévoré par sa rigidité religieuse et sa passion irrépressible pour la belle Esmeralda. L'origine du péché qui retrouve toute sa charge, toute son ambiguïté et son fatalisme, comme annoncé dans la reprise de l'introduction évoquant l'inscription en latin Aναγκη tracé sur les murs de la cathédrale et qui avait donné l'inspiration à Victor Hugo. Une approche plus complexe, qui embrasse à nouveau l'absence de manichéisme et de simplicité morale du roman et qui donne une nouvelle occasion à Jacques Prévert, ici co-scénariste du film avec Jean Aurenche (L'Auberge rouge, Jeux interdits...), de jouer de ses mots pour venir constamment souligner le cynisme et la cruauté de la France de Louis XI.

 

La bohémienne et le bossu


Un petit monde resserré mais où les puissants s'amusent de la souffrance des pauvres gens, où les hommes d'église oublient rapidement leur foi, ou chacunmoquent les tortures et exécutions mis en spectacle sur la place publique, tandis que la fameuse cour des miracles ne fait que reproduire les inégalités de la surface. Une peinture certes habilement et poétiquement dialoguée, mais néanmoins féroce, qui se dissimule sous les formes aguichantes d'un grand spectacle populaire auréolé de gigantesques décors construits dans les décors de Boulogne, un Technicolor éclatant de couleurs, de milliers de figurants et d'un casting royal. Outre quelques grands noms du cinéma français comme Alain Cuny en Frollo fiévreux, Robert Hirsch débonnaire en petit tragédien ou Jean Danet en Phoebus séducteur plus théâtral que jamais, ce Notre-Dame de Paris a bien entendu été particulièrement célébré par la présence éclatante du "couple" Gina Lollobrigida, créature libre et sensuelle et Antony Quinn, en sonneur de cloche touchant et jamais monstrueux Et tout deux sont d'autant plus convaincant que le réalisateur a choisi de garder leurs voix, et donc leurs accents, leurs donnant une distance supplémentaire avec les voix "justes", parisiennes et ironiques qui les entoures. Deux sacrifiés de l'histoire superbement incarnés et admirablement célébrés par la mise en scène certes toujours académique de Jean Delannoy, mais définitivement à la hauteur du monument et de son évocation littéraire.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

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Image :
Vaste production en Cinémascope et en Eastmancolor, Notre-Dame de Paris aurait pu largement prétendre à une restauration luxueuse en 4K. Partenaire sur cette sortie, Studio Canal en a décidé autrement et restent sur une remasterisation relativement plus discrète, devant alors encore accepter des fondus enchainés assez troublés, quelques plans à la netteté fluctuante et plus largement une définition légèrement sur la retenue. Pas parfait soit, mais les cadres ont cependant habilement été nettoyés, le grain reste bien présent et naturel et surtout les couleurs, plus pimpantes que jamais retrouvent ici toute leur superbe.

 


Son :
La piste mono originale est ici reproduite avec un Master Audio plus fluide et précis. Le rendu est toujours aussi central, mais plutôt harmonieux et clair, seuls une toute petite poignée de dialogues sont bizarrement par une sensation de grésillement étouffé.

 


Interactivité :
La fameuse Séance de Coin de mire revient ! Toujours un vrai plaisir de découvrir l'objet avec son Mediabook élégant tout en noir et blanc avec quelques touches de rouges (la robe d'Esmeralda) et le titre en lettres d'or. Celui-ci contient comme à chaque fois des reproductions de photos d'exploitation et de l'affiche du film bien rangés dans leurs pochettes intégrées à la reliure, ainsi qu'un cahier reproduisant ici le livret de presse et autres documents d'époque.

Et sur le disque proprement dit l'éditeur offre bien entendu l'opportunité de découvrir le film seul ou introduit par une reproduction d'une véritable séance de cinéma à l'ancienne avec quelques actualités Pathé qui évoquent les derniers tensions entre la France et l'Egypte autour du canal de Suez et la crise énergétique (déjà) qui en découle, suivi de la bande annonce de La Roue déjà disponible dans la collection et enfin une belle sélection de publicités rétros aux charmes désuets mais assez irrésistibles.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (15 x 12 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 21,5 cm)

 

 

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