LE GRAND DUEL
il grande duello - Italie, Allemagne, France, Monaco - 1972
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Image de « Le Grand Duel »
Genre : Western
Réalisateur : Giancarlo Santi
Image : 2.35 16/9
Son : Italien Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 22 novembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Grand Duel »
portoflio
LE PITCH
Philip Wermeer est accusé d’avoir tué Saxon, le patriarche d’un clan puissant de Tucson. Lors de sa fuite, il rencontre le shérif Clayton, qui l’aide à se sortir d’une situation compliquée. Mais celui-ci semble avoir des informations sur le coupable et il impose à Wermeer de subir un procès en bonne et due forme par les Saxon…
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Le bon, les brutes et le rebelle

Redécouvert par beaucoup par le biais d'un célèbre thème lui aussi repris dans Kill Bill, Le Grand Duel fait certainement partie des petits classiques du genre et résonne comme une ultime résistance au chant du cygne annoncé.

Assez injustement, Le Grand Duel a presque toujours été confronté au cinéma monstrueux et opératique de Sergio Leone. Le grand ordonnateur du nouveau western italien dont justement Giancarlo Santi avait été l'assistant sur Le Bon, la brute, le truand et Il était une fois dans l'ouest. Il devait même d'ailleurs signer sa première réalisation sous la protection du mentor avec Il était une fois la révolution avant que les deux stars Rod Steiger et James Coburn ne réclament son éviction au profit de Leone. Il fut aussi, selon les rumeurs (et ses propres déclarations) quasiment le second auteur du très réussi La Mort était au rendez-vous de Giulio Petroni. C'est dire si l'envie de réaliser son propre western devait le titiller. Mais alors que Leone, là encore, choisi Tonino Valerii pour signer le glas du genre avec Mon nom est personne, Giancarlo Santi, un an plus tôt, s'efforce encore de le revitaliser, de lui redonner une certaine noblesse avec Le Grand Duel. Loin des rejetons les plus chaotiques et décadents, son film va plutôt expérimenter du coté de l'hybridation, le scénario de l'excellent Ernesto Gastaldi (La Mort caresse à minuit, Torso, Toutes les couleurs du vice...) insufflant tour à tour des notes de roadmovie (la première partie) pour illustrer le chassé-croisé entre le rigide Clayton et le rebelle Wermeer dont la tête à été mise à prix, puis de giallo alors que le mystère autour du meurtre du « patriarche » redevient le McGuffin proéminent.

 

le retour des héros


Un suspens à la résolution un poil prévisible certes mais qui donne lieu à des flashback en noir et blanc limite obsessionnels qui font pour le coups directement écho à l'assassinat de JFK. Entre-temps on aura pu apprécier quelques gunfights bondissants lorsque Alberto Dentice prend une charrette pour trempoline olympique comme pour appuyer le contraste évident entre son personnage de jeune chevelu plein de fougue et la première apparition minérale et iconique d'un Lee Van Cleef tout de noir et d'autorité vêtus. Ajoutés à un défilé de sales trognes répondant aux ordres d'une famille Saxon, notables pervertis et totalitaires, eux tout de blanc et de maniérisme vêtus, ces éléments pourraient effectivement faire penser à un exercice un brin bordélique. Il n'en est heureusement rien tant Giancarlo Santi maitrise son entreprise de bout en bout, jouant à merveille des dilatations temporelles des fameux duels attendus, multipliant les assauts en lieux clos rondement menés, signant des cadres toujours léchés et se laissant emporter par le superbe thème musical mélancolique de Luis Bacalov (Django). Mais là où Le Grand Duel sonne définitivement comme une fracture avec le cinéma de Leone c'est dans son retour à de véritables figures positives, Lee Van Cleef et Alberto Dentice incarnant deux générations de justiciers, droits et nobles, qui réussissent, in fine, à faire vaincre la loi et l'ordre dans un glorieux et très joyeux happy-end.

Un western efficace, divertissant et plutôt classieux que certain qualifierait même de « Dernier grand western italien » ... On ne peut pas totalement leur donner tort.

Nathanaël Bouton-Drouard








 

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Image :
Le film a été entièrement et richement restauré par des techniciens romains d'Augustus Color à partir d'un scan 2K du négatif original 35mm. Outre le nettoyage en règle qui a bien pris soin de préserver les contours très granuleux de la pellicule, le master a profité aussi d'un réétalonnage nécessaire lui permettant de retrouver une identité stable et bien plus chaude que lors des précédentes exploitations. Le résultat est splendide, pointu, admirablement défini et creusée, d'autant plus justement qu'il cultive farouchement ses matières, que ce soit donc le grain parfois proéminant (la pellicule était en Techniscope à 2 perforations), mais aussi les reflets argentiques particulièrement savoureux lors des flashbacks noirs et blancs.

 


Son :
Comme pour La Mort était au rendez-vous, Le Grand Duel est proposé à la fois en italien, anglais et français. Les trois pistes monos d'origine rafraichies en DTS HD Master Audio 2.0 avec comme souvent de petites différences notables, que ce soient les dialogues légèrement étouffés de la version US, la musique un poil en retrait (et c'est dommage) de la version italienne ou le rendu légèrement plus plat de notre doublage local de qualité.

 


Interactivité :
Proposé avec une jaquette toujours très stylisée et épurée, Le Grand Duel rejoint les deux autres titres, pour l'instant, de la collection en glissant dans son boitier un nouveau petit livret de 12 pages rédigé par Alain Petit, et sur son disque la même petite rétrospective autour des Western italien par René Marx. Le critique Nachiketas Wignesan est de retour aussi avec une présentation semi-analytique du film qui se concentre sur les divergences du film avec le cadre imposé par Sergio Leone au genre. Encore une fois assez intéressant même si parfois le propos nous semble parfois se perdre dans quelques extrapolations libres.

Liste des bonus : Un livret par Alain Petit (12 pages), « Le western italien » par René Marx, Le film par Nachiketas Wignesan, Bande-annonce d'époque

 

 

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