THE SADNESS
哭悲 - Taïwan - 2021
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Genre : Horreur
Réalisateur : Rob Jabbaz
Musique : TZECHAR
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 9 novembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Sadness »
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LE PITCH
Après un an de lutte contre une pandémie aux symptômes relativement bénins, une nation frustrée finit par baisser sa garde. C’est alors que le virus mute spontanément, donnant naissance à un fléau qui altère l’esprit. Les rues se déchaînent dans la violence et la dépravation, les personnes infectées étant poussées à commettre les actes les plus cruels et les plus horribles qu’elles n’auraient jamais pu imaginer…
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Rape me again !

A l'heure d'un cinéma aseptisé et sans grande aspérité, la promesse d'un film assumant son statut d'œuvre mal élevée, ouvertement gore et décomplexée bénéficiant d'une sortie salle est une opportunité qui ne se manque pas. D'autant plus lorsque le film en question tient un bon paquet de ses promesses.

Au demeurant, l'hypothèse d'avoir à découvrir un énième film de contaminés peut refroidir au premier abord. Mais The Sadness balaie bon nombre d'a prioris très rapidement tant le film de Rob Jabbaz impose d'emblée un ton premier degré totalement séduisant. De fait, The Sadness progresse continuellement sur une ligne de crête entre les références, les passages obligés du genre d'un côté et une volonté de proposer quelques alternatives de l'autre. Alors que le film débute dans le calme et l'intimité de la chambre à coucher d'un jeune couple, de brefs signaux semblent indiquer un dysfonctionnement, une réalité/un quotidien qui déraille. La principale singularité du film de Rob Jabbaz réside dans la "motivation" de ses infectés, le mal qui les ronge et les rend violents et incontrôlables. Mais surtout qui les conduit à répondre à des instincts primaires autres que le cannibalisme puisqu'ils agressent sexuellement, violent et torturent pour assouvir leur soif de sang et de sexe. C'est ce qui différencie en premier lieu The Sadness des autres films d'infectés, ce qui ressemble à une forme de conscience qui leur dicte leurs actes, et les fait prendre un véritable plaisir à semer le chaos autour d'eux. Partant, The Sadness remplit largement son contrat de film d'horreur graphique et (très) sanglant. A ce titre, le réalisateur assure quelques séquences d'une efficacité totale qui ne devraient pas tarder à devenir culte : le massacre dans le métro, d'une sauvagerie inouïe, l'agression brutale dans le fast-food et l'orgie de l'hôpital sont autant de morceaux de bravoure pas avares en débordement de barbaque et d'hémoglobine.

 

eat me too !


Le film brode par ailleurs un discours bien dans l'air du temps, puisqu'entre les lignes, et à l'heure de MeeToo, on peut y lire des attaques à peine dissimulées et plus ou moins subtiles sur le patriarcat, le machisme, avec des symboles sexuels explicites : les représentations phalliques, les allusions au sexe féminin sont légion. Comme si tous les frustrés sexuels prenaient le pouvoir et pouvaient agir en toute impunité. Quelques charges contre le pouvoir en place et l'inefficacité d'intervention des autorités sanitaires sont également au programme, ça ne mange pas de pain. Tout cela confirme une belle générosité de ton et de forme de la part de Rob Jabbaz, même si The Sadness s'essouffle malheureusement au bout d'une bonne heure de métrage. L'efficacité et la modestie de l'entreprise s'étiolent progressivement dans la deuxième partie du film. Alors que le réalisateur apporte un éclairage sur les faits et exactions des infectés, qui ne répondent qu'à des instincts déréglés mais bel et bien humains, l'explication ne convainc guère et surtout, donne lieu à un dernier acte bavard au possible, donnant la sensation que Jabbaz ne sait pas vraiment comment boucler son film. Rien de dramatique néanmoins, car The Sadness déborde de générosité et de savoir-faire. Classique, simple et efficace. Sur grand écran qui plus est !

Nicolas Mouchel









 

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Image :
Tourné avec la caméra Red Monstro, bestiaux capable d'ingurgiter comme de rien une source 8K, et finalement monté et étalonné en 4K, The Sadness se prête admirablement bien à la proposition d'une copie UHD. Plus encore que sur le Bluray, déjà franchement impressionnant et des plus solides, la copie déverse avec générosité une masse de détails scabreux et définitivement gores, tout en appuyant avec précision sur un réalisme léché. Le mélange des deux est déstabilisant, et décuple encore les sensations du film. Bien entendu les cadres sont d'une propreté immuable, la colorimétrie réhaussée en HDR assure des contrastes particulièrement tranchés et la définition 4K assure une profondeur de champs parfois assez colossale. Plein la gueule jusqu'au bout.

 


Son :
Un petit Dolby Atmos n'aurait pas été de refus, mais le mixage DTS HD Master Audio 5.1 n'en reste pas moins très convaincant, travaillant avec rigueur ses ambiances urbaines, ses sensations d'écrasement et sa dynamique frénétique. Enveloppant et tendu, il sait aussi appuyer là où ça fait mal, s'attardant avec sadisme sur le moindre effet sonore un peu craspec à disposition.

 


Interactivité :
Après le pari de la sortie salle, voici le second pari d'ESC avec The Sadness : la proposition d'un coffret regroupant le film sur support UHD et support Bluray et agrémenté de goodies. Affiche recto/verso, carnet de storyboards, 10 photos collector, un sticker et même un mois d'abonnement à Shadow, ces derniers ne comblent cependant pas un vide éditorial.
On trouve en effet sur le disque Bluray la petite série de featurettes forcément un peu promo s'attardant sur le tournage, les effets spéciaux ou les scènes les plus spectaculaires, mais aussi une longue interview de Rob Jabbaz qui revient sur la naissance un peu abrupte du film (lui-même ne s'imaginait pas du tout réalisateur), son approche finalement presque modeste et festive du cinéma d'horreur et les petites difficultés liés à ses limites linguistiques. On y apprend aussi le destin étonnant de la fausse rame de métro construite pour le film... Autre surprise, la présence du court métrage live Clearwater, et sa créature du marais en forme de banc d'essai, et du court métrage animé Fiendish Funnies, détournement cartoon particulièrement dérangeant et dont on aperçoit un court aperçu dans The Sadness. A tout cela, ESC a aussi décidé d'ajouter les rencontres alternées avec Jean-François Rauger (de la cinémathèque française) et Fausto Fasulo (rédacteur en chef de Mad Movies) qui explorent les particularités du film, ses références plus ou moins visibles (de Fulci à Romero en passant par Cronenberg ou le comics Crossed) et son incarnation contemporaine et taiwanaise. Un menu plutôt copieux donc.

Liste des bonus : Entretien avec Rob Jabbaz (29'), Entretien Fausto Fasulo et Jean-François Rauger (22'), Modules de making of (15'), Le film avant et après étalonnage, 2 courts métrages de Rob Jabbaz (10'), Galerie de projets d'affiches, Bandes-annonces

 

 

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