LA MORT éTAIT AU RENDEZ-VOUS
Da uomo a uomo - Italie, Etats-Unis - 1967
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Image de « La Mort était au rendez-vous »
Genre : Western
Réalisateur : Giulio Petroni
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais, italien et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 115 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 21 août 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Mort était au rendez-vous »
portoflio
LE PITCH
Un enfant assiste impuissant à l’assassinat de ses parents par quatre bandits. Quinze ans plus tard, il recherche toujours les coupables, guidé par sa soif de vengeance. Il rencontre un homme énigmatique qui semble avoir le même but. Ils décident de s’associer…
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d'homme à homme

Considéré par beaucoup, et un certain Tarantino (il lui piquera le thème musical et les flashbacks traumatiques), comme l'un des meilleurs westerns spaghetti de tous les temps La Mort était au rendez-vous (alias Death Rides a Horse) n'a certainement pas usurpé sa réputation. Un récit de vengeance classique mais définitivement captivant et classieux.

Comme de nombreux petits cinéastes italiens de l'époque, Giulio Petroni semble véritablement s'être épanoui dans le genre naissant du western à l'italienne. Futur auteur des méritants Trois pour un massacre (Tepepa), Un Tueur nommé Luke et dans une moins mesure On m'appelle Providence, il échappe ainsi avec La Mort était au rendez-vous a une première partie de carrière entièrement dédiée à des comédies qu'il considère lui-même comme purement alimentaires. Vrai grand amateur du western classique, il préfère d'ailleurs l'ancêtre américain aux excès graphiques et commerciaux de ses compatriotes italiens, donnant effectivement à son premier essai une tonalité particulière, étonnante justement par une certaine retenue, une violence présente mais assez sobre et surtout un spectacle qui repose fortement sur ses personnages et un scénario bien plus développé qu'à l'accoutumé. Pas étonnant cela dit de la part du solide et inspiré Luciano Vincenzini qui sortait tout juste de ... Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la brute, le truand et qui s'apprêtait à signer un tout aussi passionnant Le Mercenaire. On reconnait fortement sa maitrise justement des icones du western, auxquels il insuffle une intensité particulière et des zones d'ombres ambiguës et complexes.

 

cavalcades


Comme ici avec le jeune Bill (John Phillip Law un peu fade) transformé en tueur vengeur à la suite du massacre de sa famille alors qu'il était enfant, et le vétéran Ryan (impérial Lee Van Cleef) chasseur de prime impitoyable mais emprunt d'une certaine chaleur. Tout deux lancés aux trousses de la même bande de truands, tour à tour concurrents, ennemis, amis, confidents, partenaires, ils semblent liés par le destin et une clef qui ne se révélera qu'aux derniers instants. Il y a forcément quelques échos de Blondin et Sentenza ici, mais aussi et surtout une sorte de connexion familiale qui grandit de scène en scène, non sans une certaine pointe d'ironie. Un canevas solide et attachant, admirablement mis en valeur par une mise en scène carrée et maitrisée, immédiatement sublimée par une ouverture brutale et gothique avec l'attaque de la famille innocente en pleine nuit et sous une pluie battante, à laquelle viendra répondre un final tout aussi explosif et spectaculaire, gunfight terminal mais ludique dans une ville désertée frappée par une tempête de sable. Deux très grandes séquences quasiment silencieuse qui évoquent l'amour certain du metteur en scène pour le cinéma muet (avec même des échos de slapstick dans certaine éliminations conjointes), et qui réussit effectivement le petit tour de force de conclure brillamment la trajectoire complémentaire des deux anti-héros tout en déversant le lot attendu de fougue virile et de décontraction quasi-burlesque. Pour le lyrisme cependant, il faut bien entendu se tourner vers l'immense partition du maestro Ennio Morricone, mystique, épique et incantatoire qui achève de donner ses lettres de noblesse à cet incontournable classique du western italien.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Unique master HD du film que l'on retrouve chez Kino Lorber ou d'autres éditeurs européens, celui-ci aurait certainement mérité de passer par un scan 2K ou 4K des négatifs question de venir améliorer plus considérablement la profondeur de l'image, affiner les contours et les teintes mais aussi harmoniser un peu le rendu général. Retravaillé uniquement par des outils numériques, la copie disposée ici est donc encore sur la réserve avec quelques petits spots et restes de griffures apparentes et des plans (pas forcément les plus sombres) ou le grain glisse dangereusement vers le neigeux. Heureusement les cadres sont effectivement très propres et très loin d'anciennes visions épuisées, la colorimétrie retrouve toute sa chaleur et la définition est la plupart du temps d'excellente qualité et rend honneur au film.

 


Son :
Plutôt sympa de pouvoir choisir tranquillement entre les différents doublages monos du film, tous disposés en DTS HD Master Audio 2.0. Les trois sont tout à fait clairs, assez équilibré et en tout cas confortables, même si le mix italien semble plus naturel là où la mouture américaine semble légèrement gonflée et la VF un poil plus plate.

 


Interactivité :
Elephant Films lance à son tour une collection de Western italien et c'est plutôt une bonne nouvelle. Les designs des jaquettes sont plutôt épurés et stylisés, et le contenu semble avoir été particulièrement soignée. Ici par exemple, en plus d'un livret signé Alain Petit, on trouve un grand retour abrégé sur le western spaghetti par René Marx, une analyse très intéressante voir même assez poussée de La Mort était au rendez-vous par Nachiketas Wignesan, mais aussi une interview croisée de Giulio Petroni et son assistant Giancarlo Santi (connu pour son travail sur Il était une fois dans l'ouest et pour avoir signé Le Grand Duel), entrecoupée d'extraits audios de l'acteur John Phillip Law. Un petit côté making of rétrospectif qui tout en retraçant la naissance du film, son tournage et sa réception, ne cache jamais les petites parts d'ombres comme les acteurs imposés par la production, un tournage pas toujours facile et l'implication plus qu'ordinaire d'un assistant réalisateur venant épauler un cinéaste parfois un peu dépassé par l'ampleur du projet.

Liste des bonus : Un livret par Alain Petit (12 pages), « La vengeance était au rendez-vous » : entretiens avec Giulio Petroni et Giancarlo Santi, « Le western italien » par René Marx (26'), Le film par Nachiketas Wignesan (28'), Bande-annonce d'époque.

 

 

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