LARRY FLINT
The People vs. Larry Flynt - Etats-Unis - 1996
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Larry Flint »
Réalisateur : Milos Forman
Musique : Thomas Newman
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 26 octobre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Larry Flint »
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LE PITCH
La vie de Larry Flynt, magnat de la presse américaine et créateur du sulfureux magazine Hustler et de ses déboires, nombreuses, avec la justice américaine.
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F comme Flynt

Prenez un réalisateur/scénariste/producteur très énervé (Oliver Stone), ajoutez-y la vie rocambolesque d'un gamin du Kentucky devenu l'un des pires ennemis de la bien-pensance américaine, mettez tout ça dans les mains d'un réalisateur d'origine tchèque attiré par les personnalités égocentriques (voire borderline) et vous obtenez Larry Flynt, un biopic qui fit son petit effet lors de sa sortie et qui, société actuelle aidant, se revoie non seulement avec plaisir mais aussi sous un angle sacrément pertinent.

A l'origine du projet, Oliver Stone donc, ici en tant que producteur, qui souhaite sortir un film sur le magnat de la presse qui donna du fil à retordre à la justice américaine vingt ans plus tôt. Un personnage « stonien » en diable, venant d'une famille très pauvre, qui réussit à bâtir un empire à la seule force de sa volonté et de quelques idées graveleuses. Son magazine, Hustler, se veut à sa sortie l'anti-Playboy, et sert à ses lecteurs du trash et du cul. Même dans ses articles plus sérieux et ouverts à débat, le canard ose tout et s'attaque aux figures les plus emblématiques, donc intouchables, d'une société américaine prude et dévote. Forcément, ça marche et Flynt ne tarde pas à se retrouver, après une parodie de procès, derrière les barreaux. Un bras de fer s'engage alors entre lui et la loi, la défenses principale de ses avocats étant d'invoquer la liberté d'expression. Le combat dure des années et Flynt est même pris pour cible et finit paraplégique. Une histoire incroyable qui n'avait presque pas besoin de scénario, finalement, et que Milos Forman va transformer en biopic réussi.

 

make america great again


D'abord grâce à la présence de Woody Harrelson, qui trouve en incarnant Flynt un des plus beaux rôles de sa carrière. A ses côtés, la chanteuse Courtney Love (dans le rôle de la femme de Flynt, Althea) donne un crédit sulfureux au rôle et fait merveille. Côté scénario, on retrouve le duo Scott Alexander/Larry Karaszewski, spécialistes du biopic, qui signaient le Ed Wood de Tim Burton quelques années auparavant et continueront leur collaboration avec Forman avec l'excellent Man on the Moon. Un scénario pourtant un chouia didactique, qui se contente d'une narration chronologique sans fioriture mais aussi sans esbroufe. Le but étant de présenter un maximum d'information avant d'en arriver au vif du sujet : la liberté d'expression. Car au-delà des histoires de cul (et de nichons) c'est précisément là où veut en venir le film. Peu importe que Flynt soit ou non un pornographe. La question est : la société lui donne-t-elle les moyens de s'exprimer ? Et c'est sur ce point que le film en retire donc ses meilleurs scènes, faites de procès qui n'ont rien à envier aux meilleurs « procedurals ». Dans le rôle du jeune avocat chargé de la défense de Flynt, Edward Norton est parfait et ses réponses face au juge (joué par Flynt lui-même) ou même la Cour Suprême, sont brandis comme de véritables étendards. Toute la force du film est donc là, comme le fut la scène du procès dans JFK. Sous couvert du procès d'un homme ou de la recherche des véritables responsables d'un assassinat, c'est toute le système américain, en creux, qui est questionné.

Bien que sorti il y a plus de vingt ans, Larry Flynt questionne donc encore aujourd'hui, comme le faisait il y a peu le Pentagon Papers de Spielberg, la liberté de la presse, ni plus, ni moins, dans une société américaine qui tient toujours tout contre elle, vaille que vaille, depuis plus 200 ans, sa bible et son fusil.

Laurent Valentin






 

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Image :
Des noirs profonds, des blancs immaculés et une somme de détails comme jamais le film n'a pu en proposer. Même si le tout manque parfois d‘un peu d'éclat. La restauration du film n'étant passé que par des outils numériques à partir d'une source désormais un poil fatigués, on ne peut s'attendre à de véritables miracles. Satisfaisant.

 


Son :
Une piste DTS-HD 5.1 dans les deux langues disponibles. Comme souvent, la VF manque de chaleur et de profondeur mais reste assez dynamique. On préfèrera donc une fois de plus la vo.

 


Interactivité :
Vendu sous la forme d'un Mediabook avec un bon livret piqué dans la reliure, l'édition contient la quasi intégralité des bonus de la galette éditée par Sony il y a quelques années outre-atlantique. On retrouve donc deux commentaires audio (un par les acteurs, l'autre par les scénaristes), plusieurs documentaires datant du DVD, l'un revenant sur la production, l'autre sur la personnalité de Flynt, un autre présentant une rapide biographie de Milos Forman. Suivent deux scènes coupées, des spots TV et la bande annonce. Cerise sur le gâteau et exclusivité de cette édition : un entretien avec Philippe Rousselot, directeur photo du film.

Liste des bonus : Deux commentaires audio, Liberté d'expression ou pornographie ? (28'57), Larry Flynt en question (28'15), Un Dissident Américain (18'29), A la lumière de l'évidence (31 »01), Scènes Coupées (2'15), Avec le vrai Jimmy Flynt (1'25), Bande annonce (2'17), Spots TV.

 

 

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