VANISHING
France - 2021
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Vanishing »
Genre : Policier
Réalisateur : Denis Dercourt
Musique : Jérôme Lemonnier
Image : 2.35 16/9
Son : Coréen, français et anglais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 6 octobre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Vanishing »
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LE PITCH
Tandis qu’elle présente une méthode révolutionnaire de prise d’empreintes digitales à Séoul, une professeure en médecine légale est associée par la police coréenne à une affaire en cours. Elle plonge dans une enquête ardue et entêtante, au risque de réveiller des démons qu’elle croyait oubliés…
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Le corps des autres

Sorti en grande pompe sur les écrans coréens mais cantonné à un rapide passage sur Canal + puis à une distribution vidéo mieux soutenue par Spectrum, Vanishing est une curieuse production française qui justement se rêvait thriller aussi sophistiqué et tendu que son modèle asiatique.

Un projet de longue haleine. Une adaptation libre du roman Les Disparues de Shanghai de Peter May transposée en Corée par crainte d'une censure du gouvernement de chinois, nourri de longues phases d'écriture et d'une préparation avoisinant la dizaine d'année et finalement réduit à quelques semaines de tournages après que celui-ci est été repoussée, l'actrice Olga Kurylenko ayant été testée positives au COVID, puis inauguré par deux semaines de quarantaine générale pour l'équipe française. Car si devant la caméra on croise essentiellement un casting bien local, dont la nouvelle star Yoo Yeon-Seok (Mr. Sunshine, Steel Rain 2...), derrière le réalisateur Denis Dercourt est suivi de ses techniciens et collaborateur habituels (chef op, compositeur, monteur...). Une vraie production française expatriée donc, et la boite The French Connection (Les Nuits du bourreau de Jade) en a déjà bien l'habitude, mais en totale immersion, l'auteur de La Tourneuse de page ne cachant pas son admiration sans borne pour l'industrie coréenne et son cinéma à la fois élégant, toujours soigné mais aussi souvent cru, noir et habile dans ses ruptures de ton. Sur le papier, Vanishing regroupe d'ailleurs tout ce qui pourrait faire un excellent film policier à la coréenne optant pour le point de vue d'une spécialiste des autopsies, plongeant dans les eaux nauséeuses du kidnapping de femmes et d'enfants pour trafiques d'organes avec une résolution dont le drame annoncé frappe directement aux tripes et à l'intimité des personnages.

 

terres étrangères


La trame est assez bien construite, les personnages plutôt attachants avec une, toujours, excellente Olga Kurylenko, très à l'aise au cœur de cette culture autre, mais le film suit une ligne de conduite des plus prévisibles et si quelques efforts sont faits pour installer une atmosphère lourde et s'attarder sur quelques détails glauques, il ne s'enfonce jamais dans les tréfonds de l'âme comme sait si bien le faire le cinéma coréen. Aucune déstabilisation de la réalité dépeinte ni même du spectateur, la mise en scène caméra à l'épaule de Denis Dercourt aux champs / contre-champs on ne peut plus fonctionnels, reste plus proche d'un produit télé que d'un polar étouffant pour grand écran. La romance inévitable entre la belle française et le policier charmant, et investi, rencontré sur place semble bien forcée, jamais convaincante jusqu'à un happy end où il ne manque qu'un couché de soleil sur la mer calme. Partagé entre ses élans d'un exotisme stylistique, d'une hybridation accrocheuse, et d'une standardisation constante de ses ambitions, Vanishing se suit effectivement sans déplaisir, relativement efficace, porté par une interprétions générale solide et même quelques scènes parfaitement réussies (les deux centrées sur le quotidien du kidnappeur, étonnant), mais reste un objet bien mécanique et timide.

Nathanaël Bouton-Drouard










 

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Image :
Tourné tout en numérique, Vanishing s'inscrit sans aucune difficulté sur support Bluray, apparaissant dans un transfert solidement défini et précisément incarné. Les plans urbains, lumineux, imposent ainsi de belles profondeurs, et les lumières plutôt crues et naturelles viennent dessiner une colorimétrie joliment contrastée. Aucun soucis de compression à l'horizon.

 


Son :
La piste sonore disposée en DTS HD Master Audio 5.1 retrace à la perfection ce mélange constant de langues (français, anglais et bien entendu coréen) et d'accents, accompagnant le tout avec une dynamique sobre mais efficace, même si là encore on regrette un petit manque d'intensité dans les atmosphères.

 


Interactivité :
Spectrum s'éloigne légèrement de sa zone habituelle en éditant un film essentiellement français, mais tourné sur le continent asiatique. Le traitement est cependant toujours aussi soigné avec à nouveau fourreau et boitier Amaray aux designs très élégant et sur le disque deux rencontres assez intéressantes. Olga Kurylenko revient sur les soucis rencontrés en période de Covid et sur son intérêt personnel pour la médecine légale, tandis que Denis Dercourt retrace par le menu la gestation du film, les petites transformations du pitch (comme l'arrivée du personnage français pour des raisons autant dramatique qu'économique) et sa découverte du professionnalisme presque excessif des techniciens coréens.

Liste des bonus : Interview de Denis Dercourt (25'), Interview de Olga Kurylenko (15'), Bande-annonce

 

 

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