UN BAQUET DE SANG
A Bucket of Blood - Etats-Unis - 1959
Image plateforme « DVD »
Image de « Un Baquet de sang »
Genre : Comédie, Horreur
Réalisateur : Roger Corman
Musique : Fred Katz
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 66 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 5 mai 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Baquet de sang »
portoflio
LE PITCH
Walter travaille comme serveur dans un bar. Il rêve de devenir un artiste, ne serait ce que pour séduire sa collègue Carla. Sa discipline : la sculpture. Mais les premières tentatives de Walter se révèlent désastreuses. Jusqu’au jour où celui-ci tue un chat par accident, enrobe le corps d’argile pour en faire une statue… et rencontre le succès sans naturellement mentionner sa nouvelle technique. Les cadavres vont alors se multiplier, pas uniquement d’animaux.
Partagez sur :
Matière Première

La collection Vintage de Wild Side Vidéo est décidément pleine de surprises et ne se contente pas de balancer telles quelles une poignée de petites pelloche tombées dans le domaine public. Après Le Carnaval des âmes, Un Baquet de sang est l'autre bijou de la fournée.

 

Comme souvent avec Roger Corman, tout est ici question de débrouille et d'inspiration miraculeuse. En l'occurrence, le projet A Bucket of Blood part d'une commande express d'AIP, qui demande au cinéaste / producteur de réaliser un film d'horreur en seulement cinq jours, avec un budget de 50 000 dollars. Au débrouillard de concocter avec son scénariste Charles B. Griffith (La Course à la mort de l'an 2000, La Petite Boutique des horreurs) une nouvelle variation sur le thème de L'Homme au masque de cire, réalisé six ans plus tôt par André de Toth. Mais Un baquet de sang ne se satisfait pas d'un simple remake (même si une réplique est préservée à l'identique), préférant offrir une vraie nouvelle vision autour d'un homme créant des statues de cire à partir de ses victimes. Déambulant dans les milieux arty et beatnick des années 50, Corman en rapporte un regard acerbe et amusé sur cette communauté d'artistes manifestement pompeuse et autocratique. Dépeint avec une ironie réjouissante, ce milieu d'intellectuels se montre pourtant prompt à accepter en son sein le simplet Walter Paisley (extraordinaire Dick Miller qui reprendra ce nom dans Hurlements et La Quatrième dimension sous la direction de son pote Joe Dante), qui en mal de reconnaissance se méprend sur la force créatrice en recouvrant un pauvre chaton tué par erreur dans la glaise.

 

retour à la terre


Un nouveau génie, réaliste et pointu selon ses pairs, une nouvelle forme de serial killer pour le spectateur, le personnage, contraint à la surrenchère, passant bientôt à des modèles humains. Drôle, piquante et bourrée d'humour noir, cette fable tragique démontre une nouvelle fois le savoir-faire de papy Corman, très habile dans la reconstitution des ruelles de Sunset Strip et inspiré dans la mise en place ludique des meurtres. Et si Un Baquet de sang (le titre n'a d'ailleurs rien à voir avec le long-métrage) a été vendu en son temps comme une bouffonnerie sanglante - le producteur offrant même une place gratuite à qui venait au cinéma avec un seau plein d'hémoglobine -, il se révèle en définitive bien plus profond qu'il n'y paraît. Questionnant la nature même de l'art, le film ne dépeint pas forcément les créations de Paisley comme de simples monstruosités, plutôt comme une idée viable (faute d'être légale) de la création ultime : celle où la mort donne la vie et où les modèles deviennent des œuvres immortelles sous les doigts de l'artiste. L'acte ultime de notre pauvre héros sera d'ailleurs, dans un dernier râle, de tenter de sublimer son suicide en simulacre d'autoportrait. Tragique et presque beau.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :
 

Image :
On a beau avoir plus de cinquante ans dans les dents, on peut encore afficher une belle jeunesse comme c'est le cas avec le master d'Un Baquet de sang. Manifestement entièrement restauré (plus aucune tache visible), le film se complaît dans un noir et blanc bien contrasté et un piqué précis, et profite d'une compression quasiment invisible. Même à sa sortie, la projection ne devait pas être aussi belle.  

 

Son :
Ce n'est bien entendu que la version originale, dans son mono d'origine, qui répond présente sur cette édition. Un mixage très propre qui ne subit pas la froideur habituelle des bandes de cette époque, faisant plutôt preuve de richesse et de rondeur et soulignant à la perfection une ambiance très jazzy. 

 

Liste des bonus : Aucun

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021