LE SANG DES AUTRES OU LA VOLUPTé DE L’HORREUR
El Secreto de la momia egipcia - France, Espagne - 1973
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Genre : Horreur, Erotique
Réalisateur : Ken Ruder
Musique : Max Gazzola
Image : 1.85 16/9
Son : Français et anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Anglais
Durée : 92 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 31 juillet 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Angleterre, XIXème siècle. Plusieurs jeunes femmes ont disparu ces derniers temps dans le village jouxtant le château du comte de Dartmoor, scientifique féru d’occultisme, reclus dans son domaine avec John, son fidèle serviteur. Or, selon les rumeurs, la cause de ces disparitions serait liée au châtelain. Sous prétexte d’assister le scientifique, James Barton se présente à lui en qualité d’égyptologue…
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Hors du tombeau

Quasiment invisible depuis quelques décennies et déjà relativement obscur lors de sa sortie, la coproduction franco-hispanique Le Sang des autres ravive le souvenir d'un cinéma européen gothique et nonchalant, passionné et fauché, qui faisait le bonheur des inconditionnels du Midi-Minuit. Une restauration 4k luxueuse et salutaire signée Le Chat qui fume.

Hantant encore les souvenirs de quelques férus de productions éclipsées et adeptes des cinéma de quartier, Le Sang des autres, sous-titré la volupté de l'horreur mais connu aussi sous le titre Perversion sexuelles pour sa ressortie opportuniste et sous le laconique El Secreto de la momia egipcia chez nos copains espagnols, est la seconde et dernière réalisation de l'inconnu Alejandro Martí après le plus rare encore Elisabet, qui signe ici sous le pseudo américanisant de Ken Ruder. Que du très classique dans ces changements de noms et appellations plus ou moins officielles pour un cinéma d'exploitation aux moyens extrêmement modestes et aux ambitions qui le sont beaucoup moins qui pullulaient justement dans l'esprit des bisseux européens en ce début des années 70. Nourri comme les confrères Michel Lemoine (Les Week-Ends Maléfiques du comte Zaroff), Jean Rollin (La Vampire nue) ou même Jess Franco (Les Nuits de Dracula), par les grands classiques du muet, la génération de monstre Universal et leurs résurrections plus sanglantes de la Hammer, le réalisateur croise sa cinéphilie avec un mélange d'érotisme frontal mais suranné et des élans contemplatifs qui s'expliquent autant par les limites budgétaires que par une vision poétique du macabre. Une préciosité anglaise, des excès plus italiens, une écriture verbeuse française et un melting-pot on ne peut plus ibérique.

 

mort éternelle


Reposant sur un scénario d'une minceur extrême, Le Sang des autres fait de sa créature centrale, un étrange égyptien revenu d'entre les morts, une compression entre les mythes de la momie et du vampire, tout en citant ouvertement la fièvre scientifique de Frankenstein par le biais d'un comte de Dartmoor (George Rigaud, vieil habitué des giallo) totalement dépassé par sa « création ». Une accumulation qui accentue encore la sensation constante d'abstraction, d'errance d'un récit où se répètent inlassablement les kidnapping sde jeune fille dans la campagne environnante, quelques tortures gratuites suivies d'un viol sous hypnose et de leur meurtre par sussions de sang sur les musiques expérimentales et cyclique de Max Gazzola (L'insolent, Le Corps a ses raisons). Forcément trop languissant pour son bien, tournant régulièrement à vide au profit de quelques très jolies actrices présentées dans le plus simple appareil, Le Sang des autres dégage cependant une atmosphère très particulière par son sérieux absolu refusant les dingueries les plus Z et par sa plasticité soignée oscillant entre le gothique épuré et un naturalisme sensible dans ses extérieurs. Censé se dérouler dans une campagne anglaise perdue, Le Sang des autres semble surtout avoir été tourné sur des côtes bien françaises et sur des terres boueuses que la photographie pastelle feraient passer pour un hommage au Cousin Jules de Dominique Benicheti, chronique réaliste de la campagne profonde.

Une vraie curiosité, patchwork amoureux d'un cinéma disparu, œuvrette survivante confectionnée avec affection.

Nathanaël Bouton-Drouard








 

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Image :
Nouvelle restauration interne chez Le Chat qui fume qui a ici dégotté les négatifs originaux et les a scanné en 4k. On connait le soin maniaque de l'éditeur pour ce type de travaux et une fois encore le résultat est éclatant avec une image débarrassée de la moindre imperfection mais toujours préservée dans ses atours organiques (grain, matières... ) et ses petites particularités colorimétriques. C'est aussi beau que possible et redore clairement le blason de ce petit film oublié.

 


Son :
Parfait confort du coté des pistes sonores là aussi joliment ravivées. Les mono d'origines ont été disposés en DTS HD Master Audio 2.0 pour mieux profiter de leur clarté nouvelle. Quelques variations de distance s'entendent parfois sur la version française, mais cela n'est dû qu'à la captation d'époque. A noter la présence donc d'une version anglaise et de sous-titres dans la même langue pour nos voisins anglo-saxons.

 


Interactivité :

Ne faisant jamais les choses à moitié le petit chaton à redécouvert quelques trésors en même temps que les bobines du film. En l'occurrence des séquences tournées pour offrir aux distributeurs internationaux le loisir de choisir des montages plus ou moins osés. La version présentée en programme principal est donc le montage intégral avec la nudité exposée sans phare, les bonus proposent tour à tour les même séquences d'agressions avec des demoiselles habillées en sous-vêtements historiques (pas franchement sexy), puis à demi-nues. On trouve aussi dans la foulée le petit montage explicite de scènes corsées du film qui ouvrait outrageusement le film lors de sa ressortie sous le titre Perversion sexuelles.

Liste des bonus : Séquences inédites non sexy (12'), Séquence inédites demi sexy (5'30), Séquences inédites du montage de Perversions sexuelles (2'), Bandes-annonces.

 

 

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