ARIA
Royaume-Uni - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Aria »
Genre : Musique
Musique : Divers
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : LCJ Editions
Date de sortie : 24 août 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Aria »
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LE PITCH
De grands airs d’opéra vus par dix réalisateurs sur des musiques de Charpentier, Korngold, Leoncavallo, Lully, Puccini, Rameau, Verdi, Wagner. L’image est parfois sans rapport avec le thème de l’opéra, d’autres fois plus proche.
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A Night at the Opera

Présenté en compétition à Cannes en 1987, Aria est un étrange projet, improbable, ambitieux, un peu fou et forcément casse-gueule qui offrait à dix réalisateur l'opportunité de visualiser un célèbre morceaux d'Opera.

Conçu par le producteur produit par Don Boyd (Scum, Honky Tonk Freeway), Aria se voulait une grande célébration d'un art musical séculaire, un spectacle fastueux qui remettrait aux goûts du jour les dorures des grandes salles d'Opera pour les amener aux plus près des spectateurs des années 80. Un rapprochement pas si étonnant (Beineix avait signé Diva en 1981) et totalement en accord avec l'esthétique typée, outrée et élégiaque de l'époque qui n'était effectivement pas une une réappropriation moderniste près. Les journalistes chagrins parleront alors du premier Opera façon MTV, mais avec la distance des années les couleurs flashy, la théâtralisation excessive de certains segments et l'outrecuidance contemporaine de certaines réalisations se sont largement bonifiés. Si Orson Welles, qui avait semble-t-il signé son contrat, décéda avant le tournage, que Fellini et Woody Allen durent décliner pour maladie ou plannings déjà trop chargés, la liste des cinéaste attaché à l'objet reste toujours aussi impressionnante : Robert Altman, Bruce Bersford, Bill Bryden, Jean-luc Godard, Derek Jarman, Franc Roddam, Nicolas Roeg, Ken Russell, Charles Sturridge, Julien Temple. Relié par un fil rouge relativement sobre et classique dans lequel John Hurt incarne un chanteur épuisé et malade, hanté par l'image de son amour de jeunesse, qui se prépare à son ultime récital du fameux solo de Pagliacci, les différents segments apportent des pattes et des visions extrêmement différentes et assez inégales.

 

cantates libres


La longue ouverture revisitant la tentative d'assassinat sur le Roi Zog d'Albanie sur le Un Ballo in maschera de Verdi par l'immense Nicolas Roeg (Walkabout, Ne vous retournez pas) ne reste pas dans les mémoires tout comme Abaris ou les Boréades de Jean-Philippe Rameau que Robert Altman (Nashville, The Player) accompagne uniquement d'une vision d'un auditoire baroque constitué de malades mentaux en costumes déchirés. Si certains peinent à s'approcher de la beauté des morceaux choisis, l'inattendu Franc Roddam (Quadrophenia avec The Who) transforme merveilleusement le Tristan und Isolde de Wagner en virée mélancolique et suicidaire d'un jeune couple (dont la toute jeune Bridget Fonda) dans un Las Vegas décadent. Superbe, tout comme le très sobre Glück, das mir verblieb de Korngold dont Bruce Beresford (Héros ou salopards, Miss Daisy et son chauffeur) préserve le sens initial pour donner corps à quelques plans d'un immense romantisme dans la chambre fantomatique d'une Bruges désertique et hors du temps. Mais se sont les deux opus les plus opératiques justement qui ont fait la renommée (ou la mauvaise réputation) de Aria. Julien Temple (Absolute Beginners) jubile sur le Rigoletto de Verdi, et s'enflamme pour une farce grotesque où un producteur de cinéma et son épouse se trompent allégrement dans le même hôtel californien et s'évitent de justesse dans une salle de balle ou un ersatz d'Elvis entonne « la donna è mobile ». Le génial Ken Russell (Tommy, Les Diables) imagine pour l'extrait de Turandot de Giacomo Puccini, une rêverie clinquante où une victime d'un accident de voiture confond les soins apportés par les urgentistes avec le fantasme d'un rituel tribal new waves.

De vrais beaux moments de cinéma fougueux et imaginatifs auquel il faut indéniablement ajouter l'essai déconcertant de Jean-Luc Godard. Seul cinéaste français, voir non anglo-saxon de l'opération, il retrouve l'humour et le sens du décalage dont il avait pu faire preuve dans Pierrot le Fou ou Week-End (entre autres) et oppose avec délectation les fioritures baroques et le lyrisme d'Armide de Jean-Baptiste Lully à la vision de femmes de ménage dénudées tentant d'attirer le regard de bodybuilders très occupés à leurs exercices dans une salle de sport. Sans doute un moyen pour cinéaste de clamer le gigantesque fossé qui existe entre l'élégance créatrice du 17ème siècle et le vide sidérale du culte de l'apparence des années 80, quitte à autodétruire au passage le long métrage en question...

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
LCJ reprend le même master HD déjà observé chez les américains Entertainment One qui malheureusement ne repart pas d'un nouveau scan à la source mais d'une ancienne source vidéo. Les défauts de pellicules sont très rares, mais les soucis dûs à quelques retouches et homogénéisations numériques sont souvent visibles avec des plans trop doux et légèrement lissés, un grain vidéo fluctuant et l'apparition de quelques artefacts de compression sur les noirs. La définition n'est à la hauteur des attentes que dans les séquences le plus lumineuses, mais l'ensemble reste tout de même assez propre et surtout retrouve une bonne part de l'opulence colorimétrique du film avec une palette plus vive et contrastée que vue sur d'anciens supports.

 


Son :
Une seule piste sonore est disponible. Un DTS HD Master Audio 2.0 clair et net, qui dispose de quelques belles présences latérales avant et qui accompagne à merveille l'élévation musicale du film. Les rares dialogues y sont bien intégrés, mais on regrette tout de même l'absence d'un remixage 5.1 pour lui donner plus d'amplitude.

Liste des bonus : Aucun.

 

 

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